Le Cardinal Philippe Xavier Ignace Barbarin a provoqué ces dernières semaines de vives réactions en décrivant le mariage homosexuel comme «une rupture de société», aux conséquences «innombrables»: «Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera», a-t-il dit.
«La première page de la Bible (qui dit que le mariage unit un homme à une femme) a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d’un Parlement», a-t-il insisté.
Ces déclarations m’ont profondément affecté. J’ai eu l’honneur de côtoyer pendant près de trois ans au début des années 90 cet homme d’église lorsqu’il était alors prêtre de Boissy Saint Léger (Val-de-Marne). J’avais alors 13 ans, ma foi était grandissante. Philippe est arrivé dans cette banlieue «black blanc beur» et a servi les paroissiens d’une façon assez originale: très direct dans son approche, il a d’abord étonné par son dynamisme et par ses prises de parole très franches qui le distinguaient de ses prédécesseurs. Philippe avait alors à peine 40 ans, il me semblait être un «jeune loup» de l’Eglise catholique qui n’hésitait pas à rendre visite aux familles du quartier, à rendre des petits services aux personnes dans le besoin, à réconcilier les jeunes de cette cité de la Haie Griselle.
Philippe avait l’habitude d’être entouré de jeunes lors des séances de catéchisme qu’il animait et que je n’aurai manquées pour rien au monde. Son discours était mesuré, moderniste, et son ouverture aux autres religions était indéniable. Philippe avait un discours rationnel et avant-gardiste sur la place des jeunes dans notre société, sur leurs problématiques rencontrées (pauvreté, racisme, éducation, sexualité, tolérance). J’ai souvenir d’un soir où Philippe nous a dit en séance de catéchisme que les deux meilleurs moyens de contraception étaient l’abstinence et la «capote». Son discours était celui d’un homme d’église qui évolue dans un monde en changement, proche des réalités.
Philippe m’a accompagné au Frat (rassemblement annuel de jeunes chrétiens d’Île-de-France) en créant une sorte de jalousie auprès des autres jeunes chrétiens de mon âge qui voyaient en lui une sorte de modernisme qu’ils ne retrouvaient pas dans leur diocèse. Philippe m’a accompagné lors d’une retraite dans un monastère en Allemagne pendant quelques jours – nous étions alors cinq jeunes privilégiés à partager ces moments de prière et de discussions fraternelles.
Puis Philippe est parti vers d’autres diocèses dès novembre 1994.
Je l’ai oublié.
J’avais alors 16 ans. J’ai perdu la foi.
Je suis homosexuel et sans religion.
J’ai aujourd’hui 34 ans.
Je connais le discours «officiel» de l’Eglise catholique sur le mariage homosexuel et sur l’adoption par des couples homosexuels. Cependant, je ne retrouve pas le Philippe que j’ai connu il y a presque vingt ans. Je ne retrouve pas cette tolérance et cette intelligence dans les propos qu’il a tenus. L’homme d’église qu’il était dans une ville moyenne de banlieue n’est plus. Il est désormais cardinal et évêque de Lyon, homme politique ou grand manitou communicant du Saint-Père pour le peuple français. Sa liberté de parole n’est plus. Ne l’accablons donc pas. Mais son discours fait mal, très mal.
Il s’agit, selon lui, d’une «rupture de société». Mais dans quelle société vit-on? Nous vivons en France, pays laïque depuis 1905 et inscrit dans la constitution française en 1958. À travers la laïcisation de la société, il ne s’agit pas pour la République de combattre les religions, mais d’empêcher leur influence dans l’exercice du pouvoir politique et administratif, et de renvoyer parallèlement les idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la conscience individuelle et à la liberté d’opinion.
Le mariage voulu par une large majorité de la communauté homosexuelle est un mariage civil et non pas un mariage religieux. Je ne souhaite aucune reconnaissance de mon amour pour un garçon par Dieu. La distinction est là. Un mariage civil n’a pas les mêmes obligations, ni les mêmes valeurs qu’un mariage religieux à la Mosquée, au Temple, à l’Eglise, à la Synagogue (…).
Le mariage religieux dans la communauté catholique doit unir un homme à une femme, comme c’est indiqué dans la Bible, ensemble de textes de l’ancien et du nouveau testament écrits ou recueillis au fil des siècles.
Le mariage civil dans la société française doit unir un homme à une femme, comme c’est indiqué dans la loi qui est votée et modifiée par le parlement dont les membres sont directement élus par le peuple français. L’Eglise catholique n’a donc pas à s’immiscer dans un débat public français, et réciproquement.
«Vouloir faire des couples à trois ou à quatre, (…), un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera», est irresponsable de ta part Philippe – je me permets le tutoiement, Philippe me l’a toujours autorisé il fut un temps.
La notion de couple en droit civil et en sociologie, est l’union de deux personnes, mariées ou équivalent. Il n’est donc pas envisageable de «vouloir faire des couples à trois ou à quatre», ce qui étymologiquement n’a aucun sens. Rappelons que le contrat de mariage civil fait référence à la notion de «fidélité» auquel j’adhère, et qui doit être conclu uniquement entre deux personnes. Il est, en droit français, impossible de se marier ou de conclure un pacs avec plusieurs partenaires. C’est inscrit dans la loi.
Montesquieu nous apprend que l’Empereur Romain Valentinien II autorisa, par un édit, les sujets de l’Empire à se marier avec plusieurs femmes. Ce n’est qu’au Moyen Age qu’elle sera définitivement interdite dans le monde catholique par la constitution de Grégoire XIII en 1585 et ce, même si la Bible ne l’interdit pas formellement.
Je te propose, Philippe, d’y remédier.
Au fait, à quel inceste fais-tu référence Philippe? Le droit français tend à distinguer l’inceste commis sur un mineur (la majorité légale, et non simplement sexuelle, est retenue en France) et l’inceste commis entre personnes majeures et consentantes. Dans ce dernier cas de figure, je me permets de faire référence aux nombreux cas d’inceste inscrits dans la Bible: les filles de Loth (Genèse 19, 30-38), après la mort de leur mère, enivrent leur père pour perpétuer sa lignée, Abraham épousa sa demi-sœur Saraï (Genèse 12 et 20), fils-concubine du père: Ruben et Bilha (Genèse 35, 22) et Amnon se lie à sa demi-sœur Tamar.
Je te propose, Philippe, d’y remédier ou de réécrire l’histoire. Lier «homosexualité» et «inceste» est tout simplement insupportable, surtout de la part d’un homme d’église. Lier «Église catholique» et «pédophilie» est tout aussi insupportable. Cependant, sur ce dernier point, certaines réalités me choquent.
«La première page de la Bible (qui dit que le mariage unit un homme à une femme) a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d’un parlement», as-tu dit. ’homosexualité existe depuis la nuit des temps et a traversé les cultures et les siècles. Le nier équivaut à refuser d’accepter la réalité. Sur ce point, ton intelligence et ta connaissance de la théologie et de la philosophie que tu as étudiée me portent à croire que tu préfères occulter cette réalité.
Je te propose, Philippe, d’en discuter.
Philippe, je comprends ton désarroi. Mais toi qui es un homme intelligent et qui connais les institutions mieux que quiconque, tu devrais savoir qu’un mariage civil n’est pas un mariage religieux, qu’un couple n’est composé que de deux personnes, que l’inceste est un crime, que l’homosexualité a traversé les cultures et les siècles et qu’il n’est pas un mal.
Philippe, je t’ai connu beaucoup plus tolérant fut un temps. La société doit-elle exclure tous les hommes et les femmes qui n’ont pas les mêmes valeurs que toi? L’amour homosexuel n’est pas une dérive. L’amour homosexuel n’est pas un choix. L’homosexualité existe depuis la nuit des temps, bien avant les écritures bibliques. L’exclusion est une abomination. La reconnaissance civile de l’homosexualité en France doit aussi passer par la reconnaissance du mariage civil, qui donne les mêmes droits et devoirs à deux personnes qui s’aiment, veulent vivre et vieillir ensemble.
Je ne parle pas ici d’une reconnaissance devant Dieu, je parle d’une reconnaissance de la société française.
Nous appartenons à deux communautés distinctes: la communauté catholique et la communauté homosexuelle. Dans son usage actuel le plus courant, le mot communauté évoque des collectivités historiques ou culturelles, telles qu’entendues dans les débats sur les minorités ou le communautarisme. Ta communauté religieuse est un ensemble de personnes qui poursuivent le même idéal religieux. Ma communauté homosexuelle est constituée d’hommes et de femmes qui, selon moi, poursuivent le même idéal: la paix, l’intégration, l’amour de son prochain(e), l’égalité des femmes et des hommes, le respect de la dignité humaine quelle que soit son orientation affective.
Est-ce si différent? La guerre des communautés est-elle bonne pour l’humanité? Nous savons tous les deux ce qu’est l’exclusion, nous l’avons vécue car nous appartenons tous deux à des «communautés».
Je te propose, Philippe, de me répondre.
Paul G., 34 ans
- Par Louis |
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29 commentaires
Texte remarquable et très touchant. Si tu reçois une réponse, j’espère que nous en serons informés…
Bravo !
Faudrait lui dire au cardinal, que l’homosexualité était pratiqué par nombre de romains bien avant que “Jesus naisse”. En effet, dans les hautes société romaines les hommes avait des relations sexuelles avec leur femmes seulement pour la reproduction, et ils prenaient leur plaisir avec d’autres hommes. Donc on peut même dire que le fait homosexuel à traversé plus de siècles et de sociétés que la religion chrétienne. Il faut aussi dire que les cas d’homosexualités sont présent dans la grande majorité des sociétés existant ou qui ont existé. Alors que toutes les sociétés n’ont pas été chrétienne. Et celles qui l’on été, ont été en général christianisé par la force.
De plus je ne vois pas pourquoi le gouvernement français devrait se baser sur la première page de la Bible, puisque nous sommes sensés être un pays laïque. Il ferait mieux de se baser sur un texte fondateur de la république française: la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Ce texte dit bien dans son premier article: Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Or cet article n’est pour l’instant pas respecté en France. Donc que le gouvernement de la république française applique les textes qui en sont le fondement et que les catholiques se mêlent de leur affaires.
A-C
Je suis très inspirée par ce texte que je trouve magnifique. Je ne sais pas quel est le pourcentage de chance qu’il parvienne jusqu’à lui, mais j’espère vraiment qu’un jour il prendra le temps d’écouter des arguments comme les tiens.
Merci pour vos messages. J’ai en effet pris le temps d’écrire cette lettre qui j’espère lui parviendra d’une manière ou d’une autre.
Pour avoir bien connu Philippe, j’espère que “ses conseillers” lui feront parvenir et qu’une attention particulière sera accordée à ces quelques phrases.
Continuer à me faire part de vos commentaires…
Cher Paul,
vous avez été blessé par les propos du cardinal, j’en suis désolée. Ce sujet du mariage touche tant à l’intime qu’il est difficile de ne pas se blesser lorsqu’on n’est pas d’accord. Je ne suis pas favorable au mariage pour les personnes de même sexe et pourtant je ne suis pas homophobe. Pouvez-vous entendre, vous et toute votre communauté, qu’on peut ne pas être favorable au mariage homosexuel sans être homophobe?
Car le mariage n’est pas seulement pour les deux qui s’engagent mais l’ouverture à une filiation. Vous parlez d’égalité de droits, c’est bien le droit le plus fondamental pour un enfant d’avoir un père et une mère.
Quant à la question de la polygamie et de l’inceste, ce n’est pas en effet une chose qui parait possible aujourd’hui mais comme le mariage homosexuel ne l’était pas il y a quelques décennies. Si on peut transformer la définition du mariage (l’union d’un homme et d’une femme) et changer la loi, pourquoi ne pourrait on pas la changer à nouveau un jour et définir le mariage comme l’union entre individus qui s’aiment quel que soit le nombre? Ou entre personnes d’une même famille?
J’espère que vous retrouverez la foi car si elle n’enlève pas les épreuves de la vie, elle permet de ne pas les traverser seul. Renseignez vous aussi sur ce que fait le cardinal Barbarin pour accueillir les personnes homosexuelles de son diocèse, vous serez peut être agréablement surpris.
Amicalement,
Fleur
Pas entièrement d’accord avec ce texte (comme croyants, mon compagnon et moi aimerions aussi que notre union soit reconnue/bénie devant Dieu, comme c’est le cas pour certaines branches du protestantisme), mais ce témoignage respire la sincérité et l’ouverture et dans ces temps troublés, cela fait énormément de bien.
Je me suis permis d’envoyer ce texte au porte-parole du Cardinal via Twitter (@ComCardBarbarin), on verra s’il en sera donné suite…
Merci oui merci pour ta lettre adressée au Cardinal Barbarin. Ce texte devrais être lu dans toute les églises de France afin de rapeller les valeurs de la socièté française. Merci
La bible a été écrite et interprétée par de simples mortels et nombres de ces interprétations ne sont que le reflet de l’époque dans laquelle ils vivaient.
beau texte sensé et sensible, je te souhaite une réponse aussi sensée… et sensible.
L’Eglise ferait mieux de balayer devant sa porte… Que dire des prêtres pédophiles qui ont sévi et sévissent peut-être encore aux quatre coins du monde ? Que dire des prêtres homos clandestins ? Que dire de ces tartuffes qui tiennent un double discours, l’un plus “tolérant” en privé, et l’autre totalement homophobe?
Croire que l’Eglise nous acceptera tels que nous sommes est une chimère. L’Eglise est une machine à désespérer…
Bravo Paul pour ce témoignage émouvant, plein de vérité et de vécu. Merci d’avoir partagé cette tranche de vie.
J’espère sincèrement pouvoir lire la réponse du Cardinal bientôt
Anthony
Bonjour Paul
Je suis heureux que tu aies pu partager de bon moment durant ton enfance avec Monseigneur Barbarin. Il est triste que tu ne retrouve pas le Philippe de ta jeunesse et je te demande pardon si des propos tenus par des catholiques ont pu te blesser. Je suis sûr que Philippe n’invite pas au rejet des homosexuels et qu’il n’a pas changé sur ce point. Cela n’est pas contradictoire avec une opposition au mariage civil. De plus le “ils” dans la citation ne correspond pas aux homosexuels mais aux politiciens. Il n’insinue donc aucun lien entre l’homosexualité et l’inceste.
Il y a deux choses qui m’interpellent dans ton texte.
Tu dis qu’on ne peux autoriser l’inceste ou la polygamie car c’est contraire à la loi.
Mais tu dis aussi qu’on peux modifier cette loi pour autoriser le mariage homosexuel.
Alors peut-on la modifier ou pas ?
article 144 du code civil
“L’homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus.”
Pour se marier, il faut donc être 2, et de sexe opposé.
Si l’on supprime la différence de sexe pour autoriser la mariage entre deux hommes qui s’aiment sincérement, pourquoi ne pourrait-on pas supprimer le fais d’être deux pour autoriser le mariage entre trois personnes qui s’aiment sincérement.
Et pourquoi ne supprimerait-on pas les articles de lois interdisant un frère et une soeur qui s’aiment sincérement de se marier, ou un oncle et une nièce qui s’aiment sincèrement de se marier.
La simple question que pose le cardinal Barbarin est : “quelle est la limite ?”
Et si la limite est “l’amour sincère” ou la “non discrimination”, il n’y a pas de limite.
Car si c’est de la discrimination de refuser le mariage aux homosexuels, c’est aussi de la discrimination de le refuser à des frères et soeurs, à des polygames.
Selon mon point de vue, il me parait risquer de repousser les limites à l’infini. C’est pourquoi je préfère que nous nous arrêtions à la définition actuelle du mariage entre un homme et une femme.
Cela ne m’empèche pas de comprendre que deux hommes ou deux femmes puisse s’aimer sincèrement et de condamner l’homophobie car contraire à l’amour du prochain.
Je suis prêt à discuter plus profondement avec qui veut et spécialement avec toi Paul. Peut-être pourrions nous mieux nous comprendre et nous respect en nous comprenant l’un et l’autre.
Refuser d’évoluer vers un point B sous prétexte que cela peut mener à un point C n’a pas de sens. On est pour ou contre l’évolution vers les points B ou vers les points C, mais pourquoi faire un lien entre les 2? Avec le même genre d’arguments on aurait pu être contre le vote des femmes parce que si on leur donne le droit de vote après à qui le tour? Aux enfants et aux animaux? Le lien que Barbarin fait entre homosexualité, polygamie et inceste n’a aucun sens dans sa démonstration elle ne sert qu’à utiliser des arguments qui effraient les grenouilles de bénitiers et je suis sûr que Philippe doit en être conscient, car il est intelligent (moi aussi je l’ai bien connu quelques années avant quand il était à Vincennes – j’ai un parcours très similaire à Paul). Je me demande même si cette ambiguïté sur le “ils” (les homosexuels ou les parlementaires) n’est pas calculée
Je suis « soulagé » de lire que Philippe n’insinue aucun lien entre « homosexualité » et « inceste » : les raccourcis sont faciles d’où l’importance de bien réfléchir avant d’émettre une opinion sur un sujet aussi sensible. Tous les homosexuels, quels qu’ils soient, ont souffert au moins une fois dans leur vie de moquerie, de méchanceté. Le plus souvent, il s’agit d’agressions verbales qui finalement font le plus mal car elles restent enfouies au plus profond de soi. C’est ce traumatisme que j’ai subi lorsque Philippe s’est exprimé.
Sans doute Philippe n’a-t-il pas suffisamment réfléchi avant de s’exprimer. Sans doute a-t-il occulté de sa mémoire quelle était la véritable revendication des homosexuels : l’égalité face aux lois et face à la société.
Je ne rentrerai pas dans le débat de l’autorisation ou de la reconnaissance de l’inceste et de la polygamie. Ce sont deux sujets que je ne connais pas et qui n’ont rien à faire dans ce débat. C’est aussi ridicule que de faire le lien entre « l’ouverture des frontières » et « la procréation artificielle ». Ce sont des sujets de société qui n’ont pas les mêmes conséquences, qui ne servent pas les mêmes intérêts, qui n’ont aucun lien. A ce titre, Philippe aurais pu dire « Après ils vont vouloir que les prêtres se marient. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’abandon des enfants tombera ».
Philippe n’invite pas au rejet des homosexuels, soit. Mais Philippe s’invite dans un débat qui ne le concerne pas. Si demain, l’Eglise Catholique devait changer certaines règles ou certains usages, ce serait son choix. Je ne fais plus parti du « Club de l’Eglise Catholique ». J’ai perdu la foi quand j’ai compris que l’Eglise Catholique ne me souhaitait pas dans ses rangs. C’est un choix personnel, sans doute lié à mon orientation affective.
La question centrale ici est : puis-je obtenir de l’Etat Français une reconnaissance similaire aux couples hétérosexuels? Puis-je être à égalité avec mes collègues de travail qui sont mariés ? Puis-je accéder à cet acte officiel et solennel qui institue entre deux époux une communauté de patrimoine et de renommée appelée « famille » ? A ce titre, plusieurs dictionnaires se rangent sur la définition d’un mariage qui ne comprend plus la différence de sexe des époux.
Je souhaite une officialisation de mon couple avec des effets et un cadre légal identiques au mariage. Vous souhaitez appeler cela « union civile », union de concubinage » ? Peu importe pour moi. D’une manière générale, le mot union désigne l’action d’unir ou son résultat. Si le résultat me donne accès à une égalité parfaite, peu importe le nom, pourvu qu’il soit reconnu par l’Etat Français, inscrit dans ma fiche d’Etat civil et reconnu à l’Etranger (ce qui n’est pas le cas du Pacs aujourd’hui).
Manu, « cela ne vous empêche pas de comprendre que deux hommes ou deux femmes puissent s’aimer sincèrement et de condamner l’homophobie car contraire à l’amour du prochain ». Certes. Mais que proposez-vous ? Que proposez-vous ? Souhaitez-vous toujours me laisser en marge de la société comme c’est le cas aujourd’hui ? Est-ce cela l’amour de votre prochain ?
Si c’est le simple mot “Mariage” qui vous effraie, je vous propose de déposer le nom à l’INPI immédiatement. J’ai peu d’espoir cependant car c’est une mot du dictionnaire français qui n’est pas la propriété de l’Eglise.
Cordialement
La première page de la Bible……… on doit alors affirmer qu’Adam et Eve ont existé, que Dieu à créé la Terre en 6 jours , que cette dernière est plate et que le soleil tourne autour
Comment des gens prétendus instruits peuvent-ils se référer à de telles…. conneries ?….
Pour Fleur:
Vous avez vos propres définitions du mariage, comme “ouverture à une filiation” (alors que c’est historiquement une question de gestion d’héritage et contemporainement une question d’amour) ; vous avez votre propre définition de “droits” comme votre soi-disant droit de l’enfant à un père et une mère (je n’appelle pas cela un droit, mais une réalité biologique jusqu’à dans quelques années), jouant sur la confusion sémantique entre les parents biologiques et les parents qui élèvent l’enfant.
Je vous invite à réfléchir encore avant de priver des gens de ce bonheur qui, quand on leur accordera, ne vous enlèvera rien.
Merci pour votre texte.
Je vous invite à lire ceci, qui est très loin des caricatures http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/elargir-le-mariage-aux-personnes-de-meme-sexe-ouvrons-le-debat-note-du-conseil-famille-et-societe-14982.html
C’est un peu long, mais je pense que ça décrit mieux la position de l’Eglise (et donc celle de Philippe Barbarin), qu’une courte dépêche AFP.
Sur les notions de couples à plusieurs, il me semble que cela est une revendication d’associations LGBT
Bonjour,
Je ne suis pas homosexuel ; mon frère l’est, je suis à la fois non concerné et concerné par conséquent.
Il me semble que toute cette question est très mal posée. S’en suit les confusions et les polémiques stériles habituelles ; quant à la réaction de l’Eglise, somme toute mesurée, qu’en dire ? Elle est dans son rôle, et ne va pas se dédire en prenant une autre position. Le vouloir c’est faire preuve de terrorisme intellectuel. Même si le glissement de cet évêques sur les risques liés à la polygamie, l’inceste, etc sont également déplacés.
Prenons les choses à la racine, si c’est encore possible.
Le mariage est une institution qui a fait le monde. A ce titre, on va en penser ce qu’on veut, du monde, mais il l’a tout de même fait. Ici et ailleurs, sur plusieurs milliers d’années. Car ce n’est ni une spécialité Européenne ou Occidentale, ni même le propre de peuples ou de civilisations marquées par la technique ou la raison… C’est une institution anthropologique. Elle n’a pas seulement le monde, elle a aussi fait l’Homme.
Alors, on comprend bien qu’on puisse faire preuve de mesure et de prudence quand il s’agit de modifier des cadres de cette intensité qui échappe, en réalité, à toutes les époques et leurs penseurs, qu’ils ne l’aiment ou pas.
Le dire, ce n’est pas faire preuve de politique, d’homophobie, et de tout ce qu’on voudra.
C’est dire l’évidence ; prétendre le contraire, c’est être irresponsable.
D’un autre côté, qu’on soit concerné ou non, qu’on soit consterné ou non, on peut également entendre que deux être de même sexes qui décident de lier leurs destins se retrouvent dans une situation compliquée dans le cadre actuel, mais qu’auparavant sur le plan social, mais pas plus qu’avant sur le plan juridique, fiscal, institutionnel, etc.
Pas de doutes ; soutenir le contraire, ce serait également un défi à l’évidence des textes.
Mais alors, pourquoi ne pas promouvoir et souhaiter la solution d’une union civile ?
Quelque chose qui répondrait à cette problématique, se déroulerait dans le même cadre, mais qui n’irait pas remettre en cause une institution déjà malmenée, qui a pour elle quelques milliers d’années ?
Je crois vraiment que c’est une position à la fois juste et bienveillante, efficace en pratique. Alors que celle de défendre l’appellation de mariage est à la fois un non sens, et une source de polémiques aussi stupide qu’inefficaces.
On dira qu’on va créer une appellation particulière ? Et alors… cet union est également singulière au regard d’un standard également bien établi. Elle n’est en rien discriminatoire. On pourrait même soutenir, si l’on veut donner dans l’argumentation rhétorique qu’elle est, du côté de la reconnaissance de la singularité et de la différence, sa reconnaissance… Bref, pourquoi vouloir du même alors qu’il y a de la différence, sachant que le même pose un problème évident, et l’énoncé de la différence, aucun ?
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Même remarque à propos de l’adoption.
Là aussi, à l’échelle des masses, personne ne sait où nous allons.
Peut-être que c’est mieux, pareil, moins bien.
Nous n’avons absolument les cadres pratiques, historiques, psychologiques, etc, pour le dire.
Vouloir une loi et modifier là aussi des schéma millénaire, cela relève d’un désir de puissance irresponsable.
Tout en considérant, également, qu’encore une fois, cela peut être mieux ou pareil…
Alors, la solution ne serait-elle pas de procéder à des expérimentations limités sur 10 ou 15 ans, et voir ce qu’il en est exactement ? Ce qui reviendrait à rendre possible l’adoption sous certaines conditions, dans certains endroits, sur une échelle suffisante, et voir ce qu’il en est ?
Là aussi, ça me semble la position responsable, si l’on a une position juste, bienveillante, mais responsable.
Et par ailleurs, qu’on pose les questions aux échelles et durées qu’elles impliquent, en considérant bien que nous sommes en terrain inconnu, qu’aucune position de principe, ou idéologie ne peut, a priori, trancher de manière certaine – sinon, la question ne mériterait même pas de discussion.
A plus tard.
Justement, l’article (1) de cette déclaration fait appelle à des hommes. Des hommes entiers.
“Je ne suis pas homophobe mais je suis contre le mariage entre personnes du même sexe…”Je ne suis pas raciste mais je suis contre le droit de vote des Noirs…” “Je ne suis pas misogyne mais…” “Je ne suis pas antisémite mais…” etc. etc. “je ne suis pas MAIS…”
à Jean,
Vous parlez dans votre long commentaire d’une union civile. Cela est absolument ce que souhaite les personnes de même sexe qui veulent s’unir. Je vous rappelle que la conception du mariage source de vie est une conception religieuse et que le mariage religieux n’a aucune valeur juridique et légale, quelque soit la religion, seul le mariage civil à la Mairie est valable. De plus avec cette conception du mariage source de vie, deux personnes agées ou stériles ne devraient pas avoir le droit de se marier et il me semble que plusieurs fois par semaine, les prêtres marient des personnes dans ces situations sans que cela pose problème à l’église. Je vous rappelle, par ailleurs, mais est ce à un homo de rappeler cela à un hétéro que l’on peut faire très agréablement des enfants sans être marié. Donc cette conception familiale du mariage est totalement absurde. Ce que veulent les personnes de même sexe ce sont les mêmes droits et devoirs que les autres et donc le droit de se marier ou de ne pas se marier.
merci pour cette lettre, je la trouve bien écrite et intelligente
je regrette que deux notions soient peu abordées
-le mot religion vient de “religare”, c’est ce qui réunit. PB, sépare en cela il ne remplit pas son rôle, la force de l’amour est totalement absente
ses propos manquent de dignité, ils ne sont indignes d’un prélat
-la valeur princeps est le déclaration des droits de l’homme “les hommes naissent libres et égaux en droit et en dignité” et c’est c’est au nom de cet impérieux soucis d’égalité et de dignité que le mariage pour tous doit être autorisé
merci
Paul, les églises ont toujours manipulé les foules par la peur et les menaces. Il te suffit de relire le texte de celui qui se disait ton ami pour t’en convaincre. Je te félicite pour ton intervention, mais elle ne conduira pas à changer la position des églises, quelles qu’en soient leur dénominations, malheureusement. Rappelle-toi peur et menaces ! Alain
Paul merci pour ta lettre j espère qu ils vont lire et comprendre. tout ce monde croie que la question ” gay” c est un toujours quelqu’un de loin donc ils ne sont pas concernés, ils ignorent que dans leur maison respectives il y a quelqu’un qui en souffre. tout le monde est concerné, Monsieur le Cardinal, donnez un discours autrement, tout suite tu verras au moins une personne de ta famille venir se confier à toi… chaque famille chaque maison chaque regroupement a en son sein un membre gay… soyez simple et ouvert vous verrez le monde autrement. au lieu de faire des comparaisons, des rapprochements hostiles et nuls. ” mariage gay, inceste et polygamie” ce n est pas pas un bras de fer entre gay et hétéro sur le plan intellectuel, les gay ne sont pas des hors la loi, ce sont des gens qui sont nés un jour comme le commun des mortels, ce sont des gens qui ont donné de la joie à leur parents tout comme vous Monsieur le cardinal, ils n ont pas fait le choix de tomber amoureux des gens du même sex qu eux, ils ont le droit de s aimer, de vivre leur amour, de profiter des avantages qu offre la vie à deux, c est la société qui par des lois a mis des conditions entre autres le mariage ce qui a lésé une partie et aujourd’hui cette société reconnais cette erreur et veux y remédier c est aussi simple que ça monsieur le Cardinal. vous vous basé sur la 1ère page de la bible…. en tout cas je l ai pas étudié comme vous.. mais je ne vois pas où Dieu a dit de rester Célibataire à vie tant que tu peux te marier, mais l’église Catholique en a fait une condition avant de servir en son sein et vous , vous avez accepté ” l église , le célibat….” qui de la société s est imposé à cette obligation ou a ce choix ????? de quel droit vous vous osez privé les gens de ce qui leur fera du bonheur?????
Je ne voie pas en quoi l ouverture du mariage aux personnes de même et désireux “détruirait” le monde… c est simple, bien de pays le font déjà quelles conséquences néfastes retenez vous de celà? Monsieur le Cardinal citez nous en une. c est n est parce que un couple gay habite à coté que les enfants du quartier vont devenir gay, ou que les couples hétéro vont divorcer pour devenir gay lol…. dites nous de quoi vous avez peur monsieur le Cardinal , arrêtez de vous enfermer dans la période où la Bible a été écrite venez vivre au 21eme siècle. pardon
pour moi qui ne sait pas grand chose, ma référence c’est la Parole de Dieu : Je vois dans Lévitique 18 : Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme…c’est une abomination devant l’Eternel”
C’est dans la loi de Moïse au peuple hébreu…est-ce que ce ne serait plus vrai aujourd’hui ?
L’homme est un animal comme les autres, il est très drôle (émouvant) de voir des couples de grands singes homo qui adoptent un petit lorsque la maman est morte, alors en quoi et pourquoi serions nous différent ? Le taboue des églises est là, nous différencier, nous “élever” pour en fin de compte rompre avec l’équilibre naturel. Cela détruit notre planète, l’harmonie entre les êtres vivant qui la peuple, tant pis….tout ça pour assoir le pouvoir de certains, l’église n’est que ça, pour beaucoup.
Alors la parole de l’église ne veut rien dire du tout pour moi, de plus notre pays n’est plus fille de l’église, nous avons fait la séparation de l’église et de l’état ! Nous vivons au 21ème siècle, ouf.
A l’époque où tu as connu Philippe, il pratiquait sans doute le catholicisme avec une recherche personnelle, un authentique esprit d’étude, une curiosité de bon aloi, le propre d’une démarche authentiquement SPIRITUELLE. Maintenant, il pratique la religion du dogme, une foi morte et stratifiée. Le texte importe plus que l’esprit : la “bonne” attitude (selon les conventions bourgeoises et élitistes) plus que l’Amour du Christ. La foi de ton ancien ami s’est tout bonnement écarté du chemin de la spiritualité pour emprunter celui plus facile car déjà tout tracé du formalisme et du dogmatisme. C’est + confortable, rassurant aussi. Ca ne requiert aucun courage. Il est par contre beaucoup + ardu de pratiquer honnêtement l’amour du Christ. Et ton ex-ami a du s’en apercevoir : il a préféré abdiquer face aux sirènes du conformisme religieux. Il est toujours + facile de se prétendre disciple de Jésus que de mettre en action son enseignement et surtout de VIVRE son attitude au quotidien. Philippe a approché l’authentique esprit chrétien dans le passé mais il a perdu le chemin qui y menait en route. C’est tout.