Quelle place pour les bi dans la communauté?

drapeaubiQui sait ce que c’est que signifie “être bi”, aujourd’hui? Qu’en sait un hétéro ? Ou un homo ? Et qui s’y intéresse, qui a envie de le savoir ? Ni les uns, ni les autres on dirait, à voir à quel point on parle peu de nos expériences et de nos problèmes. Voici mon témoignage, ou coup de gueule si vous préférez !

Être bi, ce n’est pas être homo et hétéro à la fois. Malgré les apparences, ça n’a rien à voir avec ces deux autres orientations sexuelles. Ce n’est pas juste aimer les hommes, et aimer aussi les femmes. Le fait qu’on aime les deux change plein de choses, et suscite des questions et des problèmes que les homos et les hétéros ignorent. Des problèmes que la communauté LGBT n’aborde quasiment pas, tandis que le reste du monde ignore la plupart du temps l’existence même des bi.

En termes de vie sociale, être bi, comme j’en fais l’expérience, c’est avoir le cul entre deux chaises, être entre deux mondes qui se connaissent encore très peu, qui paraissent décidés, autant l’un que l’autre, à vivre comme deux mondes parallèles rechignant à se rejoindre (les homos revendiquant à la fois une place en tant que citoyens comme les autres, et aussi, historiquement, une place à part, via le fort aspect militant et contre-culturel de la communauté LGBT). Être bi, c’est n’appartenir à aucun de ces deux mondes – parce qu’on ne se reconnaît ni dans l’un, ni complètement dans l’autre – et être trop peu visible pour en créer un troisième ou faire simplement en sorte que tout le monde vive dans le même. Il faut que cela change.

Les bi sont-ils visibles ? Quand je suis tombé amoureux d’un ami gay, il y a un peu plus de trois ans (j’en ai 25 actuellement), je me pensais complètement hétéro. A y réfléchir, j’avais déjà ressenti des attirances pour d’autres jeunes gens auparavant, mais j’avais été toujours amoureux de filles, “donc” je ne pouvais pas être gay. La question d’être “les deux” ou “entre les deux”, je ne me l’étais même pas posée. Je n’en avais jamais entendu parler, sauf en de rares occasions et en mal, comme caractéristique de personnages libertins ou calculateurs (alors même que j’ai reçu une éducation plutôt ouverte). Mais la bisexualité, comme orientation sexuelle, je n’en avais vraiment jamais entendu parler. Ça n’existait pas.

C’est le fait d’éprouver non seulement du désir, mais aussi des sentiments pour cet ami, qui m’a fait tomber le ciel sur la tête. J’ai fini par lui parler (en substance : “tu m’attires, je ne sais pas trop comment, ni pourquoi, mais tu me fais quelque chose”). Ça n’a pas été réciproque. Mais quelque part, ça a été le râteau le moins grave que j’aie jamais connu (du moins au départ), parce que, malgré ça, il y avait cette découverte incroyable. Cela a été pour moi comme une révélation, l’apparition d’un nouveau continent, ou l’ouverture d’un troisième oeil, ou le passage au 3D relief, enfin, n’importe quelle image de ce genre : c’était merveilleux. Un pan nouveau du monde apparaissait.

Depuis ce moment-là, ma vie est devenue plus riche, plus complexe, plus compliquée. Je me concevais comme gay-friendly, mais je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était que désirer des gens de mon sexe, ou les aimer. L’euphorie première une fois passée (c’était vraiment très beau…), le trouble et la peur sont venus. Tout cela m’a forcé à réfléchir beaucoup ; j’avais peur de me faire des idées, d’inventer des choses, d’en exagérer ou d’en minimiser d’autres (de refouler, comme on dit). Je me suis posé la question pendant des mois (d’autant que je n’avais pas eu de relation hétéro au sens fort au moment où ça m’est arrivé) : est-ce que j’étais gay ? Non. Est-ce que j’aimais toujours les filles ? Oui. Est-ce que j’aimais le porno gay ? Non, pas plus que le porno hétéro d’ailleurs. Est-ce que cet homme, là, dans la rue, m’attirait ? Non… mais celui-ci, oui, et celui-là aussi… peu à peu, mon regard s’est libéré, a changé. Depuis, dans la rue, je regarde, non pas tout le monde, mais des gens des deux sexes.

Tout cela m’a forcé à réfléchir beaucoup, à comprendre ce que je voulais. Je me suis intéressé à la cause LGBT, je me suis inscrit sur un forum sur la bisexualité (bisexualite.info) qui m’a beaucoup aidé ; puis je suis allé dans plusieurs associations (Bi’cause, le MAG, puis le GLUP). J’ai commencé à lire tetu.com et Yagg. Des choses de ce genre ! Et je sais, profondément, que j’aime et désire les deux sexes. Cela changera peut-être (après tout, telles que je vois les choses, cela a déjà changé, et pas qu’un peu), mais personne d’autre que moi n’a le droit d’en juger, et encore moins de tirer des plans sur la comète.

Problèmes et questions

Gay personJusqu’à présent, j’ai eu deux relations hétéro, dont une avec une bi, et une relation homo (assez courte). J’ai aussi été plusieurs fois amoureux sans succès, et j’ai regardé beaaauuuucoup de filles et de garçons dans la rue, le bus, etc.

Ça ne fait pas beaucoup d’expérience. Ma bisexualité est encore récente à l’échelle de ma vie, mais elle a beaucoup changé ma vision du monde… et beaucoup obscurci ce que je pensais pouvoir vaguement prévoir de mon avenir. Un hétéro a toujours plus ou moins en tête le modèle “relation longue, enfants, famille”. Un homo peut avoir l’espoir d’une relation longue. Mais un bi ? Je ne sais pas du tout. J’essaie de ne pas trop m’en soucier, en me disant qu’avec un peu de chance, je rencontrerai simplement la bonne personne, quel que soit son sexe, et j’aurai une relation stable (ou du moins plus longue). Mais la perte de ce “modèle de vie” classique (idéalisé et artificiel, je suis d’accord !) m’a pas mal désorienté.

Mes goûts ne me portent pas à collectionner les plans cul ou les aventures à court terme ; je recherche surtout des sentiments mutuels. Jusqu’à présent, aussi, je m’étais toujours conçu comme fidèle et exclusif (de façon très classique). Maintenant, la question se pose différemment. Je ne peux pas m’empêcher de me demander : si je m’engage dans une relation longue, pourrai-je me contenter d’une seule personne, d’un seul sexe, ou bien l’autre me manquera-t-il ? Si l’autre sexe me manque, devrai-je considérer cela comme un désir excessif, ou bien comme un besoin normal par rapport à ma sexualité et à ma sentimentalité ? Devrai-je refréner ce manque, ou bien revendiquer deux relations simultanées ? C’est une question délicate, à laquelle je ne sais pas répondre. Les témoignages sur le forum m’ont montré que ce qui compte, c’est la capacité du couple à discuter de manière franche et honnête et à conserver une confiance mutuelle forte. Là encore, j’essaie de ne pas trop me faire de souci. Mais je n’ai plus autant de repères qu’avant ; je suis plus libre, mais mes perspectives sont plus incertaines, et là encore, parfois, c’est assez désorientant.

Préjugés et inquiétudes

Il n’y a pas de façon unique de répondre à cette question. Tous les bisexuels n’ont pas le même ressenti que moi, sans doute pas les mêmes besoins. Une partie s’accommode très bien de relations exclusives. Les bisexuels, notamment ceux que je fréquente via le forum, mettent même souvent en avant la fidélité, parce qu’ils doivent faire face aux préjugés sur les bi, selon lesquels les bi seraient forcément infidèles. Et les clichés de ce genre *sont* complètement crétins : des infidèles, il y en a partout, toutes orientations sexuelles confondues, et prétendre une chose pareille est aussi stupide que de penser qu’un homo est forcément une bête lubrique incapable de maîtriser ses désirs. Mais dans le même temps, être bi, dans mon cas, c’est aussi m’interroger sur la notion de couple, me demander dans quelle mesure l’attirance pour les deux sexes est compatible avec une relation avec une seule personne. Me demander ce que je peux réclamer à celles et ceux avec qui j’aurai des relations. Me demander dans quelle mesure j’ai le droit de réclamer un traitement à part, et peut-être une relation non exclusive.

C’est un problème pour moi, et cela me met mal à l’aise pour mes relations futures. Mais ce qui me met encore plus mal à l’aise, c’est de me rendre compte qu’en dehors du forum que je fréquente et de l’association Bi’cause, je n’entends parler de ce problème que sous l’angle du cliché “bi = infidèle”. Autrement dit, rien d’autre, même pas dans “la communauté LGBT”, ne m’aide à réfléchir sereinement à cette question. Il n’y a rien en dehors des discussions sur les idées reçues (et elles sont très tenaces).

Je suppose que c’est un peu pareil que le préjugé hétéro selon lequel les homos n’arrivent jamais à nouer des relations stables. Sauf que là, les homos aussi ont ce préjugé à notre égard…

En dehors de la question de la fidélité, il y a aussi, plus immédiatement, la question du coming-out. Non pas du coming-out en général (je n’ai pas caché mon premier amour homo, ni au départ ni par la suite, et je n’ai pas eu de problème particulier, ni dans ma famille, ni avec mes amis : j’ai eu plutôt de la chance de ce point de vue), mais du fait de devoir annoncer ma bisexualité aux gens avec qui j’aurais envie de sortir. Je n’ai pas envie de dissimuler cet aspect de moi, et encore moins de tromper mes petit(e)s ami(e)s. Mais cela m’inquiète. Maintenant, chaque fois qu’une fille ou un garçon me plaît, je sais que je vais devoir lui en parler, et j’ai peur d’être rejeté, explicitement ou implicitement, parce que j’aime les deux sexes. Ça ne m’est encore jamais arrivé, mais je me sens moins à l’aise quand quelqu’un me plaît.

Jusqu’à présent, j’ai surtout senti ce changement avec les filles, mais, en fréquentant les associations, je me suis rendu compte qu’il existe aussi chez les gays une incompréhension de la bisexualité qui peut facilement mener au rejet. Le mot “biphobie” n’a pas l’air très connu, et il est parfois pris à la blague (un peu comme certains hétéros sourient en entendant dire Le Grand Mot “homophobie”). Du coup, je commence à me demander si je ne risque pas aussi de me faire rejeter en approchant un garçon… et ça ne m’aide pas à vaincre ma timidité.

Invisibilité

Ce qui me sidère, c’est que les bi sont à peu près invisibles, et ça ne me rassure pas du tout, parce que je n’ai pas envie de passer pour une espèce de phénomène curieux. Or, dans les médias généralistes, l’homosexualité ou les relations homosexuelles éclipsent complètement la bisexualité. Dans un film ou un livre, dès qu’un personnage a une relation avec un personnage du même sexe, on va le qualifier d’homosexuel, même quand il a des relations hétéro dans le même film/livre ! Autrement dit, alors même qu’on voit apparaître peu à peu des bi, dans les livres, les chansons, les films (ah, Louis Garrel dans “Les Chansons d’amour” !), on ne les voit qu’à travers le filtre de l’homosexualité, et on ne les définit pas comme bi. Un comble !

La même chose se passe pour les bisexuels célèbres : quand on parle de Verlaine et de Rimbaud, on parle de leur homosexualité, alors que Verlaine était franchement bisexuel (son mariage était tout sauf blanc, et il suffit de lire ses poèmes porno pour se mettre définitivement les idées au clair…).

De la même façon, on parle de l’homosexualité en Grèce antique ou dans la Rome antique, comme s’il n’y avait eu que des homosexuels purs et durs, alors que ces sociétés étaient entièrement basées sur une bisexualité codifiée. Dans les textes d’auteurs LGBT, la différence est faite, mais ailleurs, les bi disparaissent complètement. Les choses changent peu à peu chez certains universitaires rigoureux, par exemple avec le livre d’Eva Cantarella sur la bisexualité en Grèce antique, mais c’est encore loin d’être l’usage courant.

Et dans les médias généralistes, il n’y a pratiquement rien sur la bisexualité. Ou bien pire que rien, c’est-à-dire des évocations de la bisexualité sous le seul angle de la grande partouze défouloir, qui font apparaître la bisexualité comme une pratique sexuelle osée et sulfureuse…

Dans les médias LGBT, on cite les bi… sous la forme du B dans “LGBT” ou la plupart du temps. Je ne crois pas avoir jamais vu d’article parlant spécifiquement des problèmes des bi, des interrogations propres qui sont les leurs, ou de la biphobie. Nous ne sommes pas les seuls ignorés (je ne pense pas que les personnes intersexes, par exemple, soient mieux loties que nous, au contraire) mais le résultat est le même : on ne nous voit pas, et il faut que cela change.

On peut se demander pourquoi il n’existe à ce jour en France qu’une (à ma connaissance) association spécialement bi (Bi’cause, à Paris). Ce serait un peu rapide d’en conclure qu’il n’y a pas de communauté bi, qu’il ne peut pas y en avoir, ou bien qu’il n’y a pas de besoin pour une telle communauté. A cet égard, la différence avec le monde anglo-saxon est flagrante : aux Etats-Unis et au Canada, les bi sont beaucoup plus visibles, et il y a de quoi être jaloux de tout ce qui se fait là-bas. Voyez l’Institute of Bisexuality, par exemple. La situation est loin d’être idéale non plus (voyez les préjugés auxquels est confronté Rose, l’héroïne de la websérie “A Rose by Any Other Name”), mais c’est nettement mieux tout de même.

Bizarrement, le site qui me paraît le plus à l’aise avec la notion de bisexualité est… TVtropes, qui accomplit un formidable travail de décortiquage des clichés et des stéréotypes à propos des bi (et de toutes sortes d’autres gens) dans les fictions.
Une anecdote pour finir : je fréquente un site de rencontre, okcupid, très gay-friendly (au moins dans ses mécanismes) : on peut s’y définir comme bi sans problème. En revanche, il n’y a pas de fonction qui permette de recherche spécifiquement des bi (pour draguer ou pour partager ses expériences). On peut choisir de rechercher des hétéros ou des homos, de l’un ou l’autre sexe, mais pas des bi. Autrement dit, nous existons, mais nous sommes introuvables. De là à y voir un symbole de notre invisibilité actuelle…

L’ami dont j’étais tombé amoureux, plus d’un an après ma déclaration, m’a dit que je l’avais convaincu de l’existence des bi : avant, il n’y croyait pas. C’est déjà ça, mon expérience a servi à quelque chose. Mais de nos jours, en 2012, après toutes les luttes des LGBT, en est-on encore là pour les bi ?

Pierre, Paris

20 commentaires

Cet article transcrit mot pour mot ma pensée, et presque aussi précisément mon vécu.
Hétéro tombée amoureuse de ma meilleure amie (hétéro, malheureusement) j’ai aussi connu les différentes étapes de l’acceptation de ma bisexualité (alors même que j’étais absolument ouverte d’esprit, pas du tout effrayée par mon attirance pour les femmes).
La peur de ne pas être légitime, le côté sulfureux (oh, le regard des hommes quand je dis être bi…) me font, ou m’ont fait parfois taire selon les milieux que je fréquente…
Rien n’est plus atroce pour moi qu’entendre un(e) homo me dire qu’il/elle ne croit pas en la bisexualité, qu’on est des laches, qu’on ne choisit pas. Merci pour cet article subtil, complexe, qui ouvre le débat et la pensée…

Écrit par Loocie le 2 février 2012 à 11:33

Bonjour Pierre, je voudrais juste te remercier d’avoir mis des mots sur cette injustice que je ressens quotidiennement… Pourquoi les hétéros sont-ils si effrayés, les homos si sectaires ? L’impression d’être rejetée, de ne faire partie d’aucune communauté plutôt que de faire partie des deux… Je me sens moins seule… Merci !

Écrit par Layla le 2 février 2012 à 11:37

Je me reconnais assez dans les propos de Pierre – qui de plus donne un bon échos aussi à tous ceux/celles qui ont critiqué il y a quelques jours les propos de l’actrice américaine… de mon côté je vais avoir 33ans, je suis attiré par les filles comme les garçons, et mes expériences, sont équivalentes – en couple avec des filles 1an, 2ans, 2ans, avec des mecs 2ans, 3ans et aussi 2ans (pas en même temps bien sur). d’expérience, pour certains nous sommes les plus attirants qu’il soit, pour d’autres, des personnes non “définies” puisque nous n’avons pas une “sexualité” semblable aux carcans hétéro/homo – je penses que le plus simple serait d’arrêter les clivages “sexuels” et juste vivre pour qui nous sommes hors d’une “identité sexuel” que tout le monde tente de porter ou de faire porter à autrui…. on s’en fou de qui couche avec qui est comment… l’essentiel c’est “l’être”

Écrit par Julius le 2 février 2012 à 12:44

Bonjour,

Gay pur souche, ton article m’a vraiment intéressé. Il est vrai que nous (la communauté gay) avons une vision plutôt négative de la bisexualité. J’entends souvent qu’un bi est un gay qui ne s’assume pas.
Pour ma part, je peux comprendre cette attirance pour les deux sexes. On tombe amoureux d’une personnalité, pas d’un sexe.
Pour ton questionnement sur la relation exclusive, c’est justement par ce que tu tombe amoureux de cette personnalité que, d’après moi, tu peux te passer du coté sexuel que tu n’aura pas.
Mais c’est surtout une question de personne (qu’elle soit gay, bi ou hétéro) soit on est dans l’optique de former un couple et dans ce cas là l’amour efface le reste, soit on ne l’est pas et dans ce cas, plus de problème. On passe de l’un à l’autre.

Écrit par Pierre le 2 février 2012 à 13:31

Tres belle plume, une sacrée réalité d’une vie que je partage, je ne me cache pas mais je ne m’impose pas, et je suis souvent rejeté par les femmes, le plus souvent d”ailleur et lorsque les individus vous disent l’honnèteté permet les relations durable malheureusement, le mensonge me tend les bras pour réaliser cette relation tant attendu. Bi_onne continuation Pierre ne lache rien continu ainsi.

Écrit par Odonas le 2 février 2012 à 13:37

Salut homonyme,
tu as raisons dans une certyaine mesure et moi je me pose toujours des question sur la bisexualité. Je suis 100% homosexuel mais avec des amiEs biEs et donc pour mieux les comprendre ton textes m’aide. Le soucis c’est qu’on a toujours tendance à vouloir mettre dans des cases fixes et en générale unE biE en couple avec une personne du même sexe sera considéréE comme homo, mais quand ce sera avec une personne du sexe différent ce sera unE hétéro.
On s’imagine souvent (en discutant avec des amiEs) les bi comme des hétéro aventureux et c’est assez agaçant, comme des personnes n’ayant pas une idée en tete de couple mais de trio.
Sinon bravo pour le texte et bon courage

Écrit par pierrotdelalune le 2 février 2012 à 14:53

Article de blog très intéressant sur le fond et sur la forme. On sent que tout est exprimé avec les tripes, mais sur un ton factuel. Pas l’impression d’un coup de gueule, plus d’un constat. J’aime beaucoup le style.

Sur le sujet, mon petit statut d’homo ne me permet pas de comprendre ce que tu ressens, cette ambivalence etc, mais d’un autre côté, j’ai l’impression d’avoir traversé exactement les mêmes épreuves. Au final, le grand questionnement suite à la “révélation”, qu’elle soit homo ou bi, transgenre, n’est elle pas traumatisante de manière intrinsèque ? J’essaie de me dire que toute remise en cause majeure comme celle là est importante, secouante, laissant celui ou celle qui la subit sur un constat perturbant, ayant des impacts non négligeables sur sa vie actuelle, et celle à venir, mais d’une façon ou d’une autre .. salutaire.
N’est ce pas un trait commun à tout le monde ? Je ne renie en rien ce que tu as traversé, j’essaie simplement de dire que tu es moins seul qu’il n’y parait. Ce n’est pas exactement les mêmes questions, mais l’idée globale est la même. Même si l’homosexualité est globalement mieux acceptée, c’est pas la panacée partout. Et surtout, ça bouleverse encore beaucoup de monde.

Les homos sont biphobes ? peut être. Mais cela ne concerne pas la totalité de la population gay. Y a des tolérants et des intolérants, chez les homos, comme chez les hétéros. Faire une généralité, n’est ce pas un peu risqué ? Après tout, l’intolérance ne vient elle pas d’une peur de l’inconnu ? La peur de la différence. Je ne dis pas que c’est excusable, mais au final, homo, hétéro, Bi, Transgenres, tous autant qu’on est, nous n’en restons pas moins des humains avec tout ce que ça comporte de bon et de mauvais (bon d’accord des fois, surtout le mauvais… mais y a aussi du bon ^^)
L’impression que j’ai quand je te lis et qui se voit aussi chez les homos (après je rappelle encore, il ne s’agit que de mon point de vue), c’est cette volonté d’être identique à tout le monde et en même temps de vouloir rester différent. N’est ce pas ton cas aussi ? Etre reconnu comme tout un chacun et en même temps que cette manière d’aimer soit reconnue comme une différence qui devrait être acceptée ?
Sur la notion de visibilité, il ne faut pas oublier que la reconnaissance des homos est un combat qui dure depuis maintenant un moment .Et ce que je constate, de ma petite fenêtre, c’est que les Bis commencent à peine à se montrer, qu’importe les raisons. N’êtes vous pas, de ce fait, LA minorité en quête d’émancipation de notre génération ? Et, on peut le constater, les mentalités changent doucement. Il faut du temps, c’est indéniable et, il semble que cela soit malheureusement la seule méthode vraiment efficace.

Sur l’idée que les autres se font de ton orientation et de ta manière de vivre ton attirance pour les deux sexes, encore une fois qu’importe. L’idée n’est elle pas de vivre sa vie comme on l’entend ?
Que tu sois perçu comme quelqu’un de calculateur ? j’aurai tendance à dire, et alors ? Si toi tu te sais droit dans tes bottes, que cela n’est pas ta personnalité, n’est ce pas le plus important ?
Les homos sont perçus comme des experts de la relation kleenex. Je crois qu’on peut dire que les hétéros ne sont pas des saints, les plans culs, ça les connait aussi …
C’est une idée préconçue qui n’a qu’un seul but, alimenter les esprits étriqués sur le fait que tout ce qui n’est pas dans le moule normal et bien pensant est forcément diabolique, malsain, j’en passe et des meilleurs.
Après tout, il y a aussi des homos, des bis qui souhaitent pouvoir vivre une vie à deux longue, sincère et prospère. Pour la partie Homo, j’en fais partie, et j’en suis pas peu fier.

En conclusion ?
- Ne pas faire de généralité, tout le monde n’est pas biphobe. Du moins, à minima, je pense pas l’être.
- Que tu aimes un gars ou une fille, ou les deux, peu importe, tant que tu aimes. Sois vrai avec toi même, et les autres seront vrais avec toi. Ceux que ça dérange et qui te le feront sentir ne méritent pas ton attention.
- Laisse toi le temps de murir toutes les questions qu’il te reste. Ne rien précipiter, prendre le temps de faire les choses correctement.
- Et vis comme tu as envie de vivre, plan cul, relation longue et nourrie, abstinence, on s’en fout, sois toi même. Un ami aurait tendance à dire ” t’es majeur, tu fais ce que tu veux de ton cul.”

I have a dream, que tout un chacun soit capable d’accepter l’autre avec ses forces et ses faiblesses. C’est utopique, mais j’aime à me dire qu’un jour, ça arrivera !

A te lire ;)

Ony

Écrit par Onyxion le 2 février 2012 à 17:03

Merci pour ce beau témoignage. Je suis très touchée par tes propos et la résonnance n’est pas qu’intellectuelle! :-)
Je crois que peu de gens sont prêts à admettre que l’on a tous en nous une part de bisexualtié. Certains sont plus sensibles (je dirai même éveillés!) pour oser faire face à ces questions, ces ressentis. Ceux qui fuient risquent de se nier eux-mêmes et/ou haïr ce pourrait les renvoyer à leur fuite.
Je crois que c’est toujours une question de rencontre, mauvaise, bonne, unique, durable, passagère… La vie sentimentale n’est qu’un long flot successif d’expériences humaines (rien n’est fait pour durer et c’est beau de pouvoir y parvenir sans se mentir) et passer d’un “choix d’objet sexuel” (comme disent les psys) à un autre n’est pas un problème et surtout il ne regarde pas les autres, hormis les concerné(e)s. Le vrai dialogue entraîne la sincérité qui elle amène la confiance. Juste pour situer, je suis bi – dans les faits, ado j’étais attirée par les 2 sexes et pas en capacité de choisir. Aux prémices de l’âge adulte, portée par l’envie de vivre une vie hétéro et devenir maman, j’ai “fait durer” une relation beaucoup trop longtemps, pas assez de dialogue, ennui, routine, désintérêt pour la gente masculine, je regardais de plus en plus les femmes. J’ai préféré ne plus me mentir, l’avouer et j’ai rompu avant la tentation de trahir… Rattrapée par mon attirance presque viscérale pour les femmes, j’ai vécu avec une jeune femme bisexuelle qui ne l’acceptait pas, la fin de l’histoire? Elle m’a trompée avec un homme! Pour moi, c’est seulement la conséquence de son manque de sincérité avec elle-même, et a fortiori avec l’autre (ici : moi)! 2ème expérience : une femme qui n’assumait pas son homosexualité! Ce qui l’arrangeait c’est qu’en général on a du mal à me croire lesbienne, trop féminine LOL! Donc, on pouvait allègrement passer pour de très bonnes copines. La fin de l’histoire? Elle m’a trompée avec une femme plus âgée très “masculine” qui “l’a prise en main” (si je puis dire! re-LOL!).. Là encore, il y avait eu manque de dialogue, de sincérité… Aujourd’hui avec un peu plus de maturité, je me sens lesbienne à 100%, mais je ne renie pas avoir été bisexuelle. On peut être bi un peu, beaucoup, passionnément à la folie… On peut chercher son chemin un temps, tenter diverses expériences, prendre la voie hétéro, homo ou rester bi. Peu importe, ON EST !!
Je raconte un peu succinctement ma vie là, mais l’expérience des uns peut servir aux autres…
L’important est de rester honnête avec soi pour l’être avec les autres, de toujours parler avec son coeur hors des “débats théoriques ou intello” qui sont intéressants mais qui ne sont pas LA VIE, sans avoir à aucun moment à rougir de ce que l’on est, justement pour être aimé(e) comme on est et pour ce que l’on est.
Je crois déceler que tu es honnête et tu te poses sans doute trop de questions sur ce que pensera tel ou telle. Restes-toi même et n’aies pas peur de ceux qui ne comprendraient pas (ils jalonnent tous nos routes ceux-là!), il y en aura toujours qui t’accepteront, t’aimeront. Belle vie à toi.

Écrit par undergroundsky le 2 février 2012 à 21:52

Bonjour! Je comprends bien les sentiments de Pierre sur cette question. Moi je suis une figure publique; chanteur et mannequin, et bientôt acteur. Je suis bisexuel et cela ne date pas d’aujourd’hui. Je me posais les-mêmes questions sur ma sexualité au début et sur cet aspect un peu étrange, où les jeunes hommes et les femmes m’attiraient et m”attirent toujours à 31 ans, aujourd’hui.

Dans mon entourage, certains savent que je suis bi, d’autres, non. Ce n’est pas si important, d’ailleurs.

Mais franchement, pour partager mon avis, c’est un monde en soi, que d’être bisexuel(elle). Rien n’est fantaisie, mais tout est vrai dans les sentiments que l’on peut avoir pour un homme ou pour une femme.

A un moment donné, on aimerait être dans les bras d’un homme viril, et à un autre instant (parfois très proche du premier), on peut éprouver une attirance pour une femme.

Pour moi, les causes/attractions sont: La beauté physique (intéret No.1), la pilosité; l’esprit d’ouverture de l’autre personne (ce qui me ravit) et le fait qu’il ou elle soit bi, gay, ou hétéro, simple et consentant à tout essayer sur le plan sexuel.

En parlant de l’ouverture d’esprit, je vais partager une de mes expériences lointaines. J’avais un ami, que je n’avais jamais connu comme étant bi, Je crois qu’il ne l’était pas, en fait. Pourtant un jour, nous étions chez moi; dans un appartement que j’avais loué quelque part en afrique de l’ouest pour un petit séjour musical. Puis lui, originaire de ce grand pays, accepta de passer la soirée (pas la nuit, je ne voulais pas) avec moi, juste pour manger un morceau ensemble; rien de plus. Plus tard, j’ai mis un film porno hétéro, et on le regardait ensemble. Après un quart d’heure de vision (une action à vous en mettre plein le cerveau), j’ai subitement lancé à mon visiteur que j’avais en vie de me faire jouir, à l’instant même. C’est lui, qui fut le premier à me demander s’il pouvait m’aider à le faire. La réponse, vous poouvez la deviner; et la suite aussi! Mais il n’eut aucune pénétration. Ceci, juste pour illustrer l’ouverture d’esprit que j’aime chez certaines personnes.

Qui sont les Bi? Dans quelle catégorie peut-on les classer?

Pour moi, les bisexuels sont simplement une autre variante sexuelle. Un mélange de l’hétéro et de l’homo. J’aime à les appeler (les bisexuels): Les hétérhomos.

L’hétérhomo est bien là. J’en suis un, et je le sais. Toujours là, ne condamnant ni les hétéros, ni les homos, pour leur sexualité. L’hétérhomo soutient les deux côtés, même si parfois, son penchant est plus pour le même sexe.

Nous ne sommes pas invisibles, c’est juste que vous ne nous regardez pas assez souvent. Peut-être avec d’autres yeux; que des yeux d’interet sur les bi! Mais que dire réellement sur les bi, à vrai dire?

Bien à vous tous!

Écrit par SIMPLELOVE le 3 février 2012 à 0:11

Le couple fidèle et éternel n’est-il pas une chimère ? Les hétéros divorcent en majorité, les homos sont en relation ouverte en majorité.
Or tu relates ton angoisse bisexuelle comme relative à ton incapacité mécanique à fonder une relation long-terme. Mon opinion est que tu as 25 ans et qu’avec dix de plus, tu auras compris que l’angoisse de tout le monde est d’être seul. Hétéro, homo, bi, c’est sensiblement la même chose : il est difficile de rencontrer quelqu’un et encore plus d’être attaché toute sa vie. L’avantage des homos, c’est que la plupart l’ont compris. Les femmes hétéro, ce n’est pas le cas, elles rêvent inconsciemment de princesse qui épouse le prince pour vivre heureux et avoir des enfants. Si tu dis que t’es bi, au mieux, ce sera comme pour moi, la dénégation ou l’incrédulité.

Écrit par Cédric le 3 février 2012 à 12:20

J’ai toujours trouvé ça dur à faire comprendre, à soi et aux autres, qu’être bi c’est un état définitif. Comme si on n’en finissait jamais de se chercher quand on est bi.
J’ai commencé en étant une petite fille hétéro comme tout le monde, je suis devenu une ado bi quand je suis tombé amoureuse d’une fille mais que je ne me sentais pas moins attiré par les garçons. Je suis devenu lesbienne quand je me suis rendu compte que je n’étais jamais tombée amoureuse d’un garçon depuis que j’avais quitter l’enfance. Puis à 20 ans je suis tombée amoureuse d’un garçon, j’ai rien compris à ce qu’il se passait. J’étais pas lesbienne alors, j’étais redevenu hétéro ? En fait j’étais bi tout du long, mais comme être bi ça n’est pas reconnu je n’arrive pas m’approprier ce mot, cette identité.

Quand j’étais ado, je fréquentais beaucoup de bi, je les fréquente toujours mais ils ne le sont plus. Certain sont devenu résolument gay, au point de dire qu’il l’avait toujours été mais que se dire bi était une façon comme une autre de se voiler la face. D’autres se sont engagé définitivement dans une relation avec quelqu’un du sexe opposée, ils n’ont plus rien à revendiquer pour eux même, ils vivent comme tout le monde. Parfois ils leurs arrive de dire que si, ils sont toujours bi, mais ils ne vont jamais défendre la cause en leurs nom, ils sont devenu gay friendly et c’est tout.
Et moi au milieu je ne sais plus où est ma place, alors qu’au départ j’étais bi comme pas mal de mes amis, je suis devenu la seule à ne pas réussir à me décider. Être bi pour les autres c’est un état transitoire, être bi n’existe pas, on peut être homo ou hétéro, on peut passé de l’un à l’autre, mais ça n’a pas de nom. J’ai entendu parfois certain dire, en ce moment je suis plutôt hétéro, ou en ce moment je suis 100% gay, mais personne dire, affirmer, je suis bi, il n’y a pas de période hétéro ou de période gay, je suis bi à 100% tout le temps.

Je n’ai pas de modèle, aucune personnalité ne défend la cause bi, contrairement à la cause gay. Est-elle moins importante ? Est-elle juste à moité défendable ?

Je ne sais pas qui je suis.

Écrit par Louise le 4 février 2012 à 14:36

J’ai jamais aimé le étquettes. Dommage, que sexuellement beaucoup nous demandent de choisir un clan, un groupe ou un fratie et que les fluctuances de l’un vers l’autre sont considérées comme une trahison. J’ai connu, ici, un nombre incalculable d’hommes mariés qui ont besoin, avec une régularité plus ou moins importante, de la présence d’un homme. Hélas, nous sommes dans la France profonde où tout cela est vécu dans la plus grande clandestinité. Peut-être parce qu’au fond rien n’a vraiment changé depuis des siècles. Le mariage, le baptème, l communion font partie encore des rituels locaux et comme tout le monde se connait autant offrir une image “classique” à autrui. Pourtant, j’ai beaucoup appris sur les autres et sur moi même. L’essentiel est qu’il n’y a pas une manière d’être et d’aimer mais des millions de manières d’être et d’aimer et que l’anarchie – dans un siècle qui veut tout normaliser – et la tolérance dans les relations restent tout de même deux valeurs fondamentales. Rien de plus facile. Il suffit d’admettre – chose oh combien improbable pour beaucoup – que chacun le droit d’avoir sa vérité qui peut être diamétralement à la mienne et d’accpeter les différences des autres quelles qu’elles soient. C’est peut-être cela la vraie générosité.

Écrit par Francesco le 5 février 2012 à 10:09

Merci pour votre témoignage. Il ne fait que confirmer ce que j’essaie de défendre sur le site dès qu’il est question de bisexualité car il y a des indécrottables qui soutiennent que les bisexuels n’existent pas, que ce sont des homos refoulés. Curieusement, ce sont souvent les plus virulents envers les hétéros qui ont cette négativité envers les bis. Ils ne rendent pas compte qu’ils font comme ceux qu’ils critiquent : Ils pensent la sexualité de manière binaire. Personnellement, je suis comme vous. Quand j’aime, je me fiche du genre de la personne. J’aime. Point. Ma famille est au courant et l’ont plutôt bien accepté. Mon entourage professionnel et mes relations pensent que je suis homo ; et, je n’ai pas l’intention de les contredire, sachant que certains ont, comme la majorité des gens, plus de préjugés envers les bis qu’envers les homos. Paradoxal, mais réel… Soyez heureux ! Et, encore merci ! ^ . ^

Écrit par Chalion le 6 février 2012 à 1:52

Ever since puberty, I have been drawn to both men and women physically and sexually. I am an extremely good looking athletic person who comes from a family of probably exagerated beautiful and eccentric behaviour and not really people I was ever close with about my sexual preferences or life.
I am highly sexed and since my first sexual experience at 13 with a classmate, I have found that I love sex with both women and men, but they must be interesting, and very attractive.
Love has never been a constant, because I know I would cheat on the other person. I lived in Paris for years and found that a lot of people think like me, but few “straight” men admit to having sex with other men. It is so common and becoming more so and from a very young age and I think it is a good thing to explore all of one’s sexuality. I am very sexual and could have sex five times a day and then masturbate.
I will be as sexy, good looking, and lust filled for at least 15 years and then I will figure a plan about a permanent relationship or not worry about it. I am an adventurer and the so called hetero people of the world who are famous in every area, are difficult to believe. Sex is the most interesting thing in my life and I am successful in spite of my eccentric need to have my way with women or men to feel complete.
Children are not in my thoughts or needs. Perhaps when I am older and less self centered.

Écrit par TODD le 7 février 2012 à 21:19

Il est un problème de définition des genres, il me semble. Les revendications des homos a permis une reconnaissance d’un droit à la différence, contre les considérations morales et lois répressives… Mais la revendication à la différence a dévié vers la construction d’une identité, catégorisée “homo”, dont on fait partie ou non. Qui enferme (avec en corrélat celle d’hetero) En fais-je partie? Quel est mon désir? Refoulé? Et si je fais une fois, cela veut dire…?
Lorsque j’allais dans des clubs homos avec mon compagnon, qui m’ouvrais la porte de la compréhension de lui, de ses activités et envies, le “milieu” homo, comme un bloc communautaire codifié, semblait plutôt hostile à ma présence. Une femme ici est la bonne copine d’un des copains, mais pas touch’ au terrain de chasse… Si tu es la “douce”, tu n’as rien à faire ici… (quand les filles ne sont pas carrément interdites). C’est une violence, oui. Mais ce milieu ferme aussi la porte à ceux qui vieillissent un peu (cf marée), les “out du clubbing”, ceux qui en effet aiment aussi les femmes…. Du coup, je n’y vais plus, et lui non plus, même si le son est bon, ou s’il y a des amis. Les codes de ce que doit être un homme, figurer, etc, qui éduque si bien les femmes à rester dominées et bien gentilles, les hommes aussi les subissent. Comme dit Virginie Despente dans King kong théorie:

” S’affranchir du machisme, ce piège à cons ne rassurant que les maboules. Admettre qu’on s’en tape de respecter les règles de répartition des qualités. Système de mascarades obligatoire. De quelle autonomie les hommes ont-ils peur qu’ils continuent de se taire, de ne rien inventer? De ne produire aucun discours neuf, critique, inventif sur leur propre condition?
A quand l’émancipation masculine?
(…) Il y a une forme de force, qui n’est ni masculine, ni féminine, qui impressionne, affole, rassure. (…) Je m’en tape que le héros porte une jupe et des gros nibards ou qu’il bande comme un cerf et fume le cigare”

J’aime bien cette idée d’une émancipation masculine, des clichés qui nous enferment tous… Je comprends qu’on ai envie de se blottir dans les bras rassurants d’un homme, de sentir ses bras, sa sueur… Aussi qu’on bande la seconde d’après des parfums d’une jupe qui flotte au vent. Nous avons un sérieux problème de catégories, qui enferment nos actes, désirs, envies, en tant qu’être humains, dans des identités rigides et exclusives… On doit choisir son camp! et se faire railler, exclure pas les autres…

Quant au problème de la fidélité… Il se pose chez tous le monde… Pour la bisexualité, il a aussi la question du plaisir prostatique, qui en soi peut manquer, dans une relation avec une femme…. Sauf à éduquer sa compagne à faire jouir un homme, autrement…
Pour une femme, cela peut-être aussi l’ouverture d’un monde, de réciprocité…
J’ai des idées féministes, qui passent par une réouverture des frontières, des genres…
Ce témoignage me va droit au cœur…

Écrit par gre le 10 février 2012 à 15:48

Bravo pour ce témoignage ! C’est effectivement un “problème” auquel j’ai été confronté. Mon incapacité à me “décider” additionné de problèmes que j’avais dans ma famille m’ont gâché ma jeunesse, malgré que je sois relativement beau, de l’avis des filles à l’école en tout cas.
Ma première relation était avec un homme lorsque j’avais plus de 20 ans. C’était une expérience décevante, mais ça m’a donné confiance. Ensuite, j’ai eu une copine, puis après quelques aventures avec des hommes. J’ai maintenant 38 ans, suis marié avec des enfants. Ma femme a eu de gros problèmes après la naissance de mon 2ème enfant et ça a cassé notre couple, mais on est quand même restés ensemble pour les enfants et pour des raisons financières. Bien que j’ai été fidèle à ma femme avant qu’elle ai ses problèmes, j’ai eu après ceci quelques aventures extra-conjugales avec des hommes, dont 2 travestis. Après 10 ans de mariage tumultueux, j’ai décidé de me séparer et divorcer de ma femme et de recommencer ma vie.

Je cherche donc à nouveau une femme, mais d’un autre côté, je n’ai pas envie d’exclure la possibilité d’avoir des relations avec des hommes. Le mieux pour moi serait de trouver une femme bisexuelle. De la sorte, je la laisserais avoir une autre relation avec une femme et elle me laisserait avoir une autre relation avec un homme. Je crois que seuls les bisexuels se comprennent entre eux.

Bref, la bisexualité est très compliquée d’un point de vue sentimental, sexuel, etc… Et c’est très mal compris dans la société. Ainsi par exemple, lors d’une discussion anodine au bureau (Je travaille dans une banque privée en Suisse, en informatique) est venu le thème de l’orientation sexuelle. Mes collègues savaient que j’étais marié et fier de mes enfants. Et là un collègue au cours de la discussion me lance comme ça: “Mais tu es hétéro, alors où est le problème ?” A ce moment là, j’ai décidé d’être franc et j’ai ouvertement dit que je suis bi. A ce moment là, les gens se demandent si je déconnais et ne voulaient pas me croire.
Un collègue voulait savoir si j’ai déjà couché avec un homme. Lorsque j’ai répondu que ça m’est arrivé plusieurs fois, tout de suite, stupeur, incompréhension, dégout, choc.
Des questions indiscrètes sur ma vie, etc… Comment c’était, si je me suis déjà fait enculé, si j’ai eu du sperme dans ma bouche. Je répondais oui à ces 2 questions et mes collègues hallucinaient et avait un visage exprimant la stupeur et le dégout. Un collègue m’a demandé si j’étais aussi actif. Lorsque j’ai répondu par l’affirmative, il a carrément pris peur ! Il croyait qu’il risquait de se faire violer !

Heureusement d’autres collègues m’ont aidé dans ce processus. Une collègue m’a parlé de sa soeur bisexuelle, qui a enfin une relation stable. Un collègue nous a parlé de sa fille bisexuelle avec laquelle il avait très mal réagi lorsqu’elle a embrassé et caressé une fille sur le canapé du salon. Il avait alors rompu toute relation avec sa fille et celle-ci a quitté l’appartement. Le fait que j’en ai parlé lui a permis, de comprendre, de lui téléphoner et de retrouver sa fille. Une autre collègue a dit que les hommes bisexuels étaient les plus beaux (je me suis senti très flatté) et qu’elle fantasmait sur le fait de coucher de coucher avec 2 hommes bisexuels en même temps (Le fameux fantasme du trio très répandu chez les hommes, je ne savais pas que ça existait aussi chez les femmes !). Une autre collègue a reconnu sa bisexualité tout en précisant qu’elle préférait les hommes.
Une fois le choc passé, mes collègues me comprennent maintenant mieux et sont très sympathiques avec moi, comme si j’avais en quelques sortes enlevé une chape de plomb sur l’un des derniers tabous de la société.

Mon père a appris ma bisexualité lors d’un diner de famille lorsque ma femme étaient en colère. Stupeur générale, mais après mon père m’en parlé et j’ai pu me confier. Il a compris soudainement compris le comportement bizarre que j’avais pendant mon adolescence. Et finalement ce n’était qu’un tout petit problème.

Bref, parler de bisexualité fait beaucoup de bien, même à ceux qui ne sont pas bis, mais qui ont un bi dans la famille, par exemple. Les gens devraient être plus informés là-dessus. Il faut qu’on arrête de nier la bisexualité. Par exemple, à la mort de Whitney Houston, on a appris que la chanteuse avait aussi une relation amoureuse avec une femme, mais on n’en parle pas dans les médias mainstream. C’est mis sous le tapis parce que ce n’est pas politiquement correct, que ça dérange, etc… Il faut briser le tabou. Il faut que les bis soient acceptés, mais surtout compris.

Écrit par Pat le 15 février 2012 à 11:15

Je reviens poster un lien sur la “Pansexualité”….
Il faut absolument que tu lises cet article, Pierre!!!
http://www.rue89.com/rue69/2012/02/14/je-suis-pansexuel-jaime-les-hommes-les-femmes-les-trans-etc-229373

Écrit par gre le 16 février 2012 à 17:21

Un simple merci. Je suis homo, et je n’ai jamais trop cherché à comprendre la bisexualité. Ton article va me permettre d’arrêter de relayer cette pensée qu’un bi est un homo en transition. Je me sentais intolérant de le croire, mais rien n’était encore venu me contredire. Ta prose a fait le travail :)

Écrit par Pierre (encore un) le 7 avril 2012 à 22:35

bonjour, j’ai beaucoup aimé ton article car je me trouve dans le flou, il y a 6 mois envirron je me suis rendue conte que les deux sexes m’attirais mais j’ai 14 ans ce milieu et inaxessible et pour mon âge les réactions sont : “tu es trop jeune tu peux pas savoir”, “tu choisiras bien un jour” ou encore dans mon dos ” elle ment c’est juste pour faire sont intérressente”. Mais avec ton article je peux enfin me sentir moins seul . Pourquoi être que homo ou hétéro? Je ne cherche pas à être différente mais seulement ce que je suis, dans mon collège peu de personnes le comprennent. Tes lignes m’ont offertes une bouffées d’air frais qui apporte des réponses à beaucoup de mes questions donc un grand merci!!!

Écrit par Clem le 9 mai 2012 à 14:50

Merci pour cet article que je trouve tout simplement génial. Je me reconnais absolument dans tes propos (par exemple j’ai caché ma bisexualité à ma dernière petite amie lesbienne de peur qu’elle me quitte pour ça) et je suis soulagée de voir que je ne suis pas seule.
Et surtout merci pour toutes les références (sites, forum, asso…) que tu donnes ! Je ne suis pas spécialement active dans la communauté sur internet mais je crois que j’ai vraiment besoin de rencontrer des gens comme moi et ça va m’aider.
Merci énormément pour cet article. Je vais le conserver précieusement.

Écrit par Sombra le 19 septembre 2012 à 18:24

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