Pascal, 45 ans, Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin)

OuaisDésir d’amour

Le destin m’a permis de serrer entre mes bras le garçon idéalisé et, me semblait-il, inaccessible. Il avait 20 ans, j’en avais le double. Il n’a pas fait de cas pour monter dans ma voiture à notre première rencontre. Yanis m’est apparu dans toute sa splendeur de jeune homme, au sourire timide et ravissant. Sa parka et son pantalon de toile beige se mariaient admirablement à ses cheveux châtains éclairés d’épis dorés. Derrière de fines lunettes ovales, des yeux marron à vous faire fondre.

Difficile d’imaginer que ce magnifique éphèbe, incarnation même de la beauté, allait être pour quelques heures à jamais gravé dans ma mémoire.

A sa vue, mon cœur chavira, mon sexe se cabra. Un ange passa, un rêve se matérialisait. Mon corps tout entier réclamait le sien. Notre premier contact : des baisers fougueux et profonds. Sa langue était onctueuse comme une friandise. Je ferai miennes ces quelques lignes de Christophe Honoré: «La douceur des gens, c’est dans la bouche qu’on la ressent. Pas sur les lèvres, non, dedans, je le sais maintenant, le toucher de la langue, voilà, tout est dans la langue…»

Le contact préliminaire avait été efficace

Puis j’entrepris l’exploration de toutes les parcelles de son visage et de sa descente de cou. Nos mains s’insinuaient sous nos vêtements. Dès lors, plus rien ne retînt Yanis. Alors qu’en mon for intérieur, j’avais l’intention de le déchausser moi-même, il se débarrassa fébrilement de ses chaussures noires de skate à gros lacets blancs, défit son ceinturon, quitta son pantalon et retira son pull alors même que je lui offrais mon lit. Ses chaussettes de tennis blanches avaient tout l’air d’être neuves. Sur son slip gris, apparemment neuf également, apparaissaient deux taches foncées de mouille. Preuve que le contact préliminaire avait été efficace.

Je pris en bouche son sexe court mais large et entrepris de le saliver, alternant avec des caresses et des baisers lèvres contre lèvres, langues emmêlées. Chez lui, tout avait bon goût. Je devais faire durer le plaisir, mais il était trop excité pour se retenir très longtemps. Sa verge déversa son flot de sperme alors que ma langue courait sur son torse imberbe, clair et doux. J’avais amené mon merveilleux amant à la jouissance mais je ne pouvais pas me détacher de son corps. Au contact de son torse, je répandis mon ferment d’amour sur sa peau veloutée et parfumée. Une serviette de toilette me servit à éponger nos éclaboussures de sperme mêlées.

Je tentai encore d’explorer son anus vierge. Je relevai ses jambes. L’extrémité de ma langue plongea entre ses fesses aux poils rares jusqu’à son bouton étoilé. Mais il se refusa à laisser éclore son intimité. Je sus qu’il ne serait jamais gay mais qu’il avait recherché à satisfaire avec moi, sa curiosité pour le sexe entre semblables.

Yanis était beau

La journée était ensoleillée comme le furent ces centaines de minutes de bonheur éphémères. Yanis me le fit comprendre un peu plus tard. Mais moi, je l’avais aimé cet après-midi-là, d’un amour fou et peut-être déraisonnable. Yanis était beau. Trop beau. Le fruit de son amour me sera défendu. J’avais serré entre mes bras le plus beau garçon auquel je puisse rêver… Je pouvais maintenant mourir…

Les jours suivants, la vie m’apparut sans intérêt et sans saveur. A maintes reprises, je pressai contre mon visage éploré la serviette imprégnée de son foutre séché. Mon cœur était brisé, mes yeux gonflés de larmes, la gorge serrée d’émotion. Je finis par sangloter. Que pouvais-je comprendre d’un garçon de 20 ans, à la découverte des plaisirs masculins, excité à l’idée de se fondre entre des bras sécurisants et à se donner à cet inconnu si prévenant et aux manières exploratrices si sensuelles.

Il m’avait séduit par son physique, sa jeunesse et sa beauté envoûtante. J’en fus ébloui, incapable de résister à l’appel du corps. J’avais mal des regards de l’envie, de l’admiration qu’il provoquait.

Pernicieux désir que celui d’un cœur solitaire, prêt à s’enflammer…

2 commentaires

Belle histoire Pascal, en plus je suis Alsacien comme toi, mais vit à Paris depuis plus de 20 ans!!
Par contre, je n’arrive pas à trouver de quel film d’Honoré est extrait cette réplique?? J’ai vu tous ses films et bien sûr “les chansons d’amour” que j’ai du voir une bonne dizaine de fois!

Écrit par steph le 21 avril 2010 à 17:23

Yanis n’est pas hétéro, sinon jamais il n’aurait été si excité par toi. Ce n’était pas seulement une curiosité qui l’a mené jusqu’à toi, mais bien une orientation. Il a besoin maintenant de mûrir la chose, mais je suis sûre que pour lui aussi ça a été une expèrience inoubliable.

Écrit par Violette le 21 avril 2010 à 19:30

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