Nicolas, 31 ans, Reims

Mamadou

Il y a plusieurs mois, en surfant sur un site de rencontres mixte, je suis tombé sur les photos d’un superbe Sénégalais, Mamadou, un gars au physique très carré, tout en muscles, très viril, avec un sourire ravageur. On aurait dit un lutteur. Tout était là: les tablettes, les bras et les cuisses… dans ses commentaires, il précisait bien qu’il était hétéro. Je lui ai laissé un message, il m’a répondu illico. S’engage alors une discussion très amicale, posée et intelligente, à mille lieux des échanges que je peux avoir quand je drague les mecs qui aiment les mecs. Pendant plusieurs semaines, nous avons gardé contact par l’intermédiaire du site. Lors d’un de mes voyages au Sénégal (j’y vais régulièrement pour voir mes amis et mes amants), je préviens Mamadou de mon arrivée. J’avais prévu de le rencontrer et de prendre un verre avec lui. À mon arrivée, il m’envoie un texto très gentil, me disant qu’il était très heureux de me rencontrer enfin. Dès le lendemain de mon arrivée, je l’appelle pour fixer un rendez-vous. Il était encore mieux qu’en photo ! beau, grand, élancé. Très vite, le courant passe entre nous, il se montre souriant et sympa. Du coup, je lui propose d’aller avec d’autres amis sur l’île de Gorée. Il accepte tout de suite.

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Le loup, 41 ans, Montpellier

Amor_VictoriousOn est tous à la recherche d’une rédemption. Pour des choses que l’on n’a pas faites ou simplement pas au bon moment. C’est ce que je cherche moi aussi, sans doute, en relatant cette histoire…

Aout 2008. Je venais de découvrir ce site de rencontres où les garçons discutent avec leur caméra branchée. Bon ok, la caméra est plus souvent cadrée au niveau du sexe que du visage. Epoque oblige. Tout le monde veut être une star et s’il y a «porn» devant… après tout pourquoi pas.

Ce n’est pas que je sois super pudique mais je n’en suis pas encore à l’étape où je peux me masturber devant une assemblée réunie. Alors «qu’est ce que tu fous là?» me demanderez-vous. Eh bien je pense que je vis mes pulsions exhibitionnistes. Que j’ai besoin de ces retours que me font les garçons: «T’as un beau corps»; «Cool les tattoos»… Sans creuser trop, je me reconstruis narcissiquement quand le besoin s’en fait sentir. Et il y a aussi ce côté super excitant d’imaginer ces mecs qui se branlent en vous regardant. Une espèce de concentré de testostérone que je m’injecte régulièrement.

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Francesco Bulzacchelli, 49 ans, Abbeville (Somme)

dés

Plutôt que d’explorer avec des “je” plus ou moins redondants une histoire somme toute banale, comme il en existe tant, pourquoi ne pas se lancer un défi: Je lance les dés… 632… Je vais faire 632 déclarations d’amour au petit bonhomme que j’ai rencontré sur mon chemin et qui m’a offert le plus beau cadeau de la vie: un bonheur fort et solide. Peu importe qu’il ne soit pas devenu comme j’aurais tant aimé mon compagnon mais j’aime accroire qu’il restera mon ami. Merci Fabrice.

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Grey, 19 ans, Munich (Allemagne)

tour-eiffelJ’ai 19 ans et j’habite très loin de Paris, à Atlanta, aux Etats-Unis. Je suis a priori intelligent. Je suis inscrit à une faculté prestigieuse. Nous sommes bientôt en 2010. Et pourtant je ne suis rien dans les yeux de ma famille car je suis pédé.

Je suis noir et ma famille est très croyante. Pour eux, l’homosexualité est un choix. Les gays ont décidé d’être une minorité, de laquelle il faut se préserver et qu’il faut combattre en permanence. Quand j’habitais avec ma famille, je ne pouvais que rêver d’une vie ou je pourrais être simplement moi-même.

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Thibo, 29 ans, Poitiers

Antoine, 40 ans, Languedoc-Roussillon

En juin 2004, à l’âge de 26 ans, j’ai rencontré un jeune homme sur internet. Son pseudo sur le tchat était «jeune homme à louer». Intrigué par ce surnom, j’ai engagé la conversation en lui demandant ce qu’il voulait dire par là. Il s’est avéré qu’il se prostituait depuis l’age de 15 ans. Voulant en savoir plus, je lui proposais que l’on se vît, lui précisant qu’il était hors de question que je lui donne le moindre centime pour un acte sexuel. Notre première rencontre réelle eut lieu chez moi quelques jours plus tard. Nous nous sommes embrassés et avons fait quelques petits câlins avant de partir en vacances chacun de notre côté. Ce fut le coup de foudre pour moi.

Nous nous sommes revus fin août. Il voyait toujours des hommes pour de l’argent. Il était inscrit sur un site spécialisé. Il avait 17 ans. D’une famille plutôt aisée, il était très dépensier et reconnaissait que ses dépenses étaient superficielles, mais il se sentait pris dans une spirale… Plus il dépensait, plus il voulait dépenser. Ses parents lui donnaient de l’argent de poche qui ne lui permettait pas de couvrir ses dépenses.

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Pascal, 46 ans, Orléans

Pascal Matthieux, 46 ans, OrléansPrintemps 2005. Il y a eu ce «hopla» repéré, un jour du printemps 2005, dans la liste des connectés au salon de discussion «entremecs» de «voila».

C’est comme ça que tout a commencé: «Salut, tu es Alsacien ?». Il ne l’était pas.

Mais nous avons commencé à discuter. Dans le salon d’abord puis rapidement sur msn. On a branché nos cam et chacun a découvert le visage de l’autre. J’ai craqué tout de suite pour sa jolie frimousse et pour ses «hihihi» qui ponctuent ses dialogues. Comme il me le confie assez rapidement, le mec avec qui il était vient de le larguer sans un mot, sans une explication. Il a plutôt le blues.

Puis, sans que je me souvienne ni quand, ni comment, nous avons entamé un «dial hot». Comme il me le confiera ensuite, pour Jimmy, c’était une première. Qu’il semble avoir appréciée. De jour en jour et de soir en soir, nous allons un peu plus loin. Enfin moi surtout au début. Je n’hésite pas vraiment à me déshabiller devant lui, et à me branler aussi. Lui aussi se masturbe. Mais je ne vois que son visage. Dès le départ, nous prenons l’habitude de jouir ensemble: 1, 2, 3, 4, 5.

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Réglisse et Vagabond, 47 et 49 ans (Champagne)

Réglisse et Vagabond, 47 et 49 ans, Champagne

Été 94, la veille de mon anniversaire, a éclos mon premier et grand amour. Et comme notre cher magazine Têtu, qui lui a vu le jour l’été suivant cet amour, il a grandi, s’est enrichi, s’est renforcé au fil des expériences et des embûches. Et c’est depuis ce temps, que nous guettons fébrilement à chaque fin de mois, l’arrivée de la nouvelle mouture. D’abord, dans notre campagne champenoise, il ne fût pas toujours facile de le dénicher puis nous décidâmes de nous abonner assez rapidement afin d’être les premiers à le recevoir!

Au rythme des numéros, des couvertures toujours bien “léchées”, nous avons combattu à vos côtés, nous avons espéré et concrétisé en 2000 une nouvelle forme d’union, le pacs; nous avons aussi lutté contre cette saleté de VIH en tentant de vivre au mieux nos séros-différences et avons forcément apprécié le très renseigné et documenté cahier annuel autour du virus.

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Doudou, 40 ans, Violaines (Pas-de-Calais)

minitelJe lui avais dit que rien ne changerait dans ma situation familiale: marié, 3 enfants. Moins de 3 mois plus tard, ma femme savait tout et nous demandions le divorce.

En 1997, Internet était inexistant. On avait le minitel. C’était glauque, mais parfois ça marchait. Fin septembre, de permanence dans un commissariat dans un bled perdu et je donne rendez-vous sur place à ma nouvelle rencontre. J’étais sensé être seul quand il est arrivé, mais je ne l’étais pas. Il a entendu des rires et a cru à une mauvaise blague. Il est reparti. Après de nombreux coups de fil de ma part, il est revenu le lendemain soir. Nous avons discuté une bonne partie de la nuit. Et comme je travaillais de nuit, nous avons pris l’habitude de nous voir au petit matin.

Ma future ex a rencontré son remplaçant

Un de ces matins-là, justement, il avait garé sa voiture en face de ma maison. Elle fut emboutie par le voisin qui sortait la sienne de son garage. La tuile! Je ne pouvais pas taire cet incident, au risque de me faire griller par mon voisin. Comment expliquer la présence de ce parfait inconnu le matin si tôt? J’ai finalement prétexté le passage d’un ami qui venait de se faire verbaliser et qui souhaitait vérifier la validité du procès-verbal. J’ai donc raconté à ma femme la mésaventure du voisin et la probable venue de mon ami le samedi suivant pour la rédaction du constat. C’est à ce moment-là que ma future ex-épouse a fait la connaissance de son prochain remplaçant. Et pourtant, nous ne savions alors ni l’un ni l’autre ce que l’avenir nous réservait.

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Frédéric Lacroix, 41 ans, Castelnau-le-Lez (Hérault)

time to reflect

Depuis que tu m’as quitté, j’ai pris l’habitude de ne plus avoir de messages sur mon répondeur, de ne plus recevoir des centaines de SMS. J’ai pris l’habitude de ne plus te retrouver furtivement chez toi pour échanger des caresses, de longs baisers et pour poser mes mains sur ta peau avant de faire l’amour, de me sentir bien dans tes bras, puis de te faire jouir, gémir, crier de plaisir.

Je t’aimais profondément

Je t’avais dit que je serais disponible. Je t’avais dit que les vieux démons avaient disparu. Après avoir eu une vie dissolue qui s’est conclue par la maladie, j’avais l’intention d’arrêter mes bêtises. Tu étais le rempart pour m’empêcher d’aller voir ailleurs, pour arrêter de répondre à mes pulsions. Je pensais que c’était possible. Je t’aimais profondément et j’ai cru qu’avec toi, je pourrais changer de vie et vibrer au quotidien avec toi. J’étais sincère en le souhaitant… avec toi.

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Frédéric R., 40 ans, Argenteuil (Val-d’Oise)

Frédéric R., 40 ans, ArgenteuilIl y a trois ans environ, j’étais marié, avec deux enfants âgés de 14 et 17 ans. Ma vie d’hétéro était longue, routinière, triste.

Un jour, je me suis mis à tchater sur internet pour faire des rencontres amicales sur des sites hétéros, puis sur des sites gays. Pourquoi? Pour voir… Un début d’attirance… Et c’est là que ma vie a basculé, j’ai commencé à voir des mecs, à coucher et à prendre un certain plaisir à le faire, se faire caresser, embrasser… Ça a duré 3 ans comme ça.

Nous étions faits l’un pour l’autre

Puis, un jour, je rencontrai Pascal et, là, le coup de foudre… Son regard, son visage, sa peau tout me semblait beau. Je peux dire qu’il m’a perturbé. Nous étions sur ce parking pour un simple rendez-vous parmi tant d’autres, sans lendemain… Jamais je n’aurais imaginé que 3 ans après nous serions encore ensemble, super amoureux l’un de l’autre et heureux. Cela n’a pas été facile, moi «marié, 2 enfants», lui, «marié, 1 enfant». Pourtant, nous avons rapidement senti que nous étions faits l’un pour l’autre. Nous cherchions toutes les combines pour pouvoir se voir, les textos pleuvaient, les excuses pour nous retrouver étaient grosses comme des montagnes. Un jour, nous nous sommes fait une promesse l’un à l’autre: quand l’un de nous avouera cette relation, l’autre suivra dans la foulée.

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