Alexandre, 28 ans, Paris

Alexandre, 28 ans, ParisJanvier 2000. Je viens de me fêter mes 19 ans et étudiant à Nice je voudrais, moi aussi, «qu’il m’embrasse sur les lèvres, pas comme un enfant». Depuis quelque temps, loin de mes parents, j’ose le téléphone rose qui inonde alors les pages de mon tout premier Têtu (le numéro 50… cent numéros dans la gueule, ça fait mal!!) quand mes yeux se posent sur un de ces encarts du genre «Appelle le 08 36… pour des mecs hyper chauds dans ta région». Nous sommes en fin d’après-midi lorsque je me décide enfin à entrer dans une cabine téléphonique jouxtant la Promenade des Anglais.

Anthony, 26 ans, mec baraqué, cherche plan sympa

Entre «Peter, 27 ans, gaule à la main et très excité», «Karim, 32 ans, salope niçoise montée sévère» et «David en ligne pour un bouffage de cul intégral», mon cœur balance. Un plus sobre «Anthony, 26 ans, mec baraqué, cherche plan sympa» me convainc d’appuyer sur la touche 5, celle qui permet d’entamer un duo avec le gars choisi. Une voix masculine m’indique alors de presser ladite touche avec mon plus gros doigt. Bien embarrassé par tant d’audace et me trouvant dans une cabine téléphonique offerte au regard de tous, je me résous à appuyer sur le 5 avec mon index (non, non, ce n’est pas mon plus gros doigt!!). Lire le reste de cet article »

Maxime, 17 ans, Marseille

C’était au mois de juin 2008. Je venais de faire la connaissance sur un site de rencontre homo d’un jeune homme qui me plaisait fortement. À vrai dire, plus que faire connaissance, ç’avait été de la chasse au tout premier abord. Il était ami d’un de mes ex et, surfant d’amis en amis, j’étais tombé sur son profil. (Il faut préciser que les profils des gens qui viennent vous voir sont affichés. Passons.) Je l’ai lu attentivement. Puis, je suis parti. Et Il est venu me visiter, enfin lire mon profil. Et je suis retourné sur le sien. Et Il est revenu sur le mien. Ainsi de suite. J’ai finalement pris mon courage à deux mains, et je lui ai envoyé un message privé auquel Il a répondu le lendemain.

C’est ainsi que nous avons engagé la conversation. Et quelle conversation! J’en arrivais à gruger le contrôle parental pour pouvoir me connecter plus souvent. Rapidement, nous avons échangé nos numéros de téléphone, passant de quelques heures sur ordi à plus de sept heures au téléphone en plus de l’ordi. Et, à mesure que les conversations avançaient, nous nous sommes trouvés, en plus de l’attirance physique, énormément d’atomes crochus. Et nous avons décidé de nous mettre en couple. Seul problème, Il habitait Poitiers, et moi, Marseille! Lire le reste de cet article »

Gilles, 35 ans, Toulouse

Gilles, 35 ans, ToulouseJe vais vous parler de ma plus belle histoire d’amour qui a eu lieu pendant mon service militaire alors que je venais d’avoir 18 ans… (Ah, Dalida…) J’ai été appelé sous les drapeaux le 2 juin 1992 au 28e Régiment de Transmission à Orléans.

Le jour de mon arrivée dans la caserne, alors que l’on me présente les lieux, je fais la connaissance d’un maréchal des logis-chef. Face à lui, mon sang ne fait qu’un tour dans ma tête et mon coeur se met à frapper fort dans ma poitrine. Je tente alors de calmer ces émotions intenses: «Mon grand, c’est pas pour toi, un militaire. Il est hétéro. Et tu ne le verras certainement plus.» J’essaie donc de me protéger et de l’oublier. Mais je ne vois que lui dans la caserne! Et je deviens rouge écrevisse à chaque fois que je le croise. Ce manège dure 2 mois, puis je cesse de le voir. Lire le reste de cet article »

Vincent Nicolas, 27 ans, Montreuil (Seine-Saint-Denis)

Vincent Nicolas, 27 ans, MontreuilJ’ai 20 ans, j’habite chez mes parents. Je ne leur parle plus depuis 1 an. Je suis gay. Les vacances d’été arrivent, je reste à Versailles pour travailler et me faire de l’argent de poche. Mes parents partent en vacances. Le jour qui suit leur départ je leur envoie une lettre:

«C’est parfois très imprudent de dire aux gens  ce qu’ils n’ont pas envie de savoir. Ce que vous voulez savoir, vous le savez depuis longtemps, inconsciemment. Maman tu l’as toujours su, mais quoi de plus normal que de refuser ce mode de vie. On ne veut rien voir, il vaut mieux faire semblant et attendre.

OUI JE SUIS HOMOSEXUEL.

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Jean-Louis Sternis-Koster, 73 ans, Lampaul-Plouarzel (Finistère)

Jean-Louis Sternis-Koster, 73 ans, Lampaul-Plouarzel (Bretagne) (1)

Vous n’imaginiez tout de même pas que j’allais dévoiler, pour vous, les preuves de mes désamours?

Vous n’imaginiez tout de même pas que j’allais, avec l’impudeur des pauvres, étaler à vos yeux condescendants, les multiples plaies dont je nourris, depuis… depuis le jardin jusqu’ici, secret, qui cerne ma jolie maison? Utiliser les mots qu’il faut pour vous émouvoir? Faire de l’émouvant comme on fait du soap-opéra à la télé? Geindre, gémir, tordre ces robustes et viriles mains qui tirent leur douceur de n’avoir jamais pu caresser un autre corps que le mien?

Dans ce jardin, poussent à l’envi d’étranges fleurs  aux couleurs flamboyantes. Chaque juillet y ramène des fruits d’un exotisme étonnant. Mais prenez garde! Ce ne sont que fleurs vénéneuses du regret. Fruits bientôt blets, bientôt pourrissants, de n’être jamais cueillis. Le lourd soleil de juillet, puis d’août, n’apporte rien d’autre à ces fleurs et ces fruits qu’un goût amer, qu’un parfum de mort. Cimetière. Nécropole de mes  amours ratés… Fleurs du regret. De la tromperie. De la veulerie. Mensonge. Cruauté. Mépris. Sadisme. Mensonge. Mensonge. Toujours mensonge… Quel splendide et terrible parterre  que je ne cultive pas, que je ne désherbe pas, comme si j’allais le laisser m’envahir et me noyer peu à peu… Masochisme? Peut-être… Volonté de  me laisser engloutir par cette floraison? sûrement!

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Philippe, 50 ans, Paris

Philippe Loffredo, 50 ans, ParisAssis depuis quelques minutes sur un banc du quai désert. Il fait nuit. Je m’apaise. C’est fini. Mes derniers doutes s’envolent. Je me sens léger. J’ai bien fait. Ça ne pouvait pas durer. Ça n’aurait pas duré. Il n’était pas pour moi. Ni moi pour lui. Je faisais trop d’effort, je n’étais pas moi-même. Je n’aurais pas tenu longtemps. Pourtant, il me plaisait, bon dieu comme il me plaisait!

Mon portable sonne: c’est lui. Il pleure. Il ne comprend pas. Il dit que tout allait bien. Il demande ce qu’il a fait de mal. Je lui réponds qu’il n’a rien fait de mal, mais que nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre, que j’ai raison et qu’il comprendra plus tard que j’ai raison. J’ai un ton protecteur, comme si je consolais un ami, comme si j’étais déjà en dehors de cette histoire et que je pouvais désormais la juger à distance. Je n’aime pas ce ton que j’ai pris mais je n’y peux rien, je me sens loin de lui malgré ses sanglots qui me touchent. Il dit: «T’as même pas cherché à me connaître», et cette phrase me fait l’effet d’un coup de poing dans le ventre. Je bredouille encore quelques mots, je dis: «Je suis désolé» et je raccroche. Lire le reste de cet article »

Claude, 51 ans, Lyon

Il n’y a jamais de prescription pour révéler sa véritable identité à ses parents. J’avais 45 ans – j’en ai aujourd’hui 51 – lorsque j’ai fait mon déballage en règle dans le salon familial: vie en couple depuis quelques années et désir de vivre avec mon ami. C’est tardif, me direz-vous, mais j’ignorais alors à quel point cela deviendrait libérateur pour tous même si le début fut difficile. Le dernier espoir de descendance s’envolait puis s’ensuivit toutes les questions de culpabilité mais le désir de conserver l’amour de part et d’autre fait faire intérieurement beaucoup de chemin.

Aujourd’hui, mon père est malade mais quel bonheur d’avoir partagé ces dernières années, avec mes parents et mon ami, des moments que nous n’aurions jamais vécus si je n’avais pas osé tout leur dire.

Nous ne sommes jamais perdants quand nous sommes nous-mêmes, la lumière est souvent préférable à l’ombre.

Daniel Pineiro, 28 ans, Genève

C’est dimanche soir…

Comme beaucoup sans doute, je souffre de la DDS. La déprime du dimanche soir… et je suis en train de lire Têtu. La beauté du gars en couverture, Raphaël, tout un programme…

Fierté d’être gay, je ne sais pas, mais en tout cas fierté d’être différent, de pouvoir imaginer ma vie autrement. Voilà comment j’envisage mon homosexualité.

Image 14Quand j’étais enfant, je me suis pris d’une drôle de passion pour Dalida. Au détour d’un article, j’ai appris qu’elle était une icône gay. Dès mon enfance, Dalida m’a révélé mon homosexualité. Merci Dali.

Ensuite, comme pour beaucoup, on commence à sortir dans des bars gays, puis viennent les boîtes, les sites de «chat» et très vite on se rend compte qu’on va pouvoir faire joujoux avec des mecs qui aiment les mecs. On commence par accepter son corps, même si c’est pas toujours facile, on se rend compte qu’on peut séduire… L’adolescence a sans doute été le moment difficile de mon homosexualité mais largement compensé parce que je vis aujourd’hui.

Je n’ai pas d’anecdotes particulières concernant mon homosexualité, elle est en moi et j’en profite tous les jours. Ce soir, je vais m’endormir en pensant à tous les Raphaël qui existent au monde, peut-être que je vais même regarder Dalida sur youtube en train de danser sur Darladirladada (franchement regardez aussi c’est la grâce incarnée). Bon anniversaire TÊTU!

Thomas, 20 ans, Reims

Thomas, 20 ans, Reims

Quel plus beau moment que celui où vous croisez le regard de l’homme dont vous allez être amoureux, sans réellement s’en douter…??

Une amie qui partage les mêmes études que moi à Reims me parlait souvent de son meilleur ami d’enfance, qui fait ses études à Nancy… Elle m’en parlait souvent parce qu’elle le trouvait parfait, parce qu’elle avait dans la tête l’idée de me le présenter un jour. Elle commença déjà par me donner son adresse mail, puis son MSN, et je pus enfin parler. On a très vite sympathisé, sauf que lui ne me parlait que d’un garçon sur Nancy dont il était tombé amoureux… Il avait le béguin pour ce mec et n’arrêtait pas de m’en parler, au point même de me rendre jaloux avant même que l’on ne se soit vu pour la première fois!! On a beaucoup parlé, parfois jusqu’à tard dans la nuit. Lire le reste de cet article »

Lya, 19 ans, Nantes

Ma plus belle histoire d’amour?! Je la vis en ce moment avec ma petite amie et pourtant cela n’a pas toujours été facile entre nous.

J’ai rencontré Jenn au cours de mon année de troisième, j’ai tout de suite flashé sur elle, alors qu’elle, elle était bien loin de la communauté homosexuelle. Il m’aura fallu plus de deux ans avant de pouvoir sortir avec elle. Il faut dire que pendant ces deux, nous étions comme les doigts de la main, toujours ensemble, il ne manquait plus que ces sentiments deviennent aussi fort que les miens. C’est alors qu’enfin, en 2008, elle assuma pleinement son homosexualité, en sortant avec moi et me fit vivre des mois d’amour intense. Lire le reste de cet article »