Ryan a fui l’Algérie car il ne pouvait y vivre librement son homosexualité. Arrivé en Europe, puis au Canada, il s’est retrouvé confronté à un autre problème, celui du racisme, et ce même au sein de la communauté LGBT. Très en colère, il raconte son histoire. Ou le sentiment d’être exclu parmis les exclus.
“Ceci est un coup de gueule, mais vraiment un grand. Lorsqu’on parle de la communauté LGBT, je me sens concerné, mais est-ce que cette communauté me protège? Une question qui a longtemps trotté dans mon petit cerveau d’arabe.
Oui je suis arabe, d’origine algérienne, et j’ai vécu la moitié de ma vie avec l’épée de Damoclès sous la gorge. Vous allez dire que la loi concernant les gays en Algérie n’est pas appliquée. Oui elle ne l’est pas mais, un grand mais, celle-ci permet à un agent de pénétrer chez moi à tout moment, de m’insulter, de justifier les agressions et viols dont je fus victime. Oui cette loi permet aux agents de se protéger d’une quelconque poursuite, et donne exemple à la population. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il est d’adage qu’une lesbienne peut être «guérie» en lui donnant le goût du sexe opposé et ce quelque soit les moyens utilisés, en outre dans notre cas, le viol.
La fuite comme seule solution
Dès lors, la seule solution est de fuir, vers les pays dits «de droit», sans savoir ce qui nous attend, avec la tête pleine de rêves, le cœur plein d’amour à offrir, pensant que: «oui là -bas j’aurai un quelconque droit à voir les sites internet, les revues…». Alors l’espoir revient et la fuite s’impose comme seule solution. Que fut ma peine! En Algérie je devais affronter les imbéciles, ici je dois, combattre sur trois fronts: les homophobes, les racistes et ma propre communauté. Sachant que là où je me suis rendu, France, Grande Bretagne, Belgique, Canada, la communauté gay est la même dans sa majorité : raciste, xénophobe.
Oui, il y a ceux qui veulent avoir leur part d’exotisme, un Mohamed ou un Rachid dans leur palmarès, ça fait «in». Oui, il y a ceux qui vous prennent en pitié, «oh mon petit si j’étais à ta place, je me serais suicidé»… L’idée même du suicide ne m’a effleuré qu’ici car il est très dur d’être rejeté par ses propres compères.
Jamais perçu comme l’homme que j’étais, mais comme l’arabe que je suis
Et je pense à tout l’espoir que j’avais en fuyant l’Algérie et je peux vous assurer, ce fut un long voyage, et je pense à ma bêtise, car je constate que l’on ne m’a jamais vu comme l’homme que j’étais, mais juste comme l’arabe que je suis. Certains diront que c’est de la paranoïa, un bon psy du dimanche se penchera sur mon cas et affirmera que je suis une victime atteinte d’un quelconque syndrome dont le nom est si dur à répéter. Et bien et non mon vieux c’est ma réalité: en Algérie j’étais ce sale pédé, en France l’arabe tout court, de même qu’en Belgique, en grande Bretagne j’étais protégé par mon amant, donc intouchable, au Québec je suis ce «sale fif d’arabe».
Politiquement correct
Aujourd’hui je constate que même les LGBT jouent le politiquement correct, car en dénonçant sur la scène internationale la situation de certaines communautés gay dans le monde, ils ne cherchent pas à améliorer leur sort mais jouent à conforter la position de leurs gouvernements consécutifs : aucune action ni répercussion médiatique n’est prise sérieusement par les mouvements LGBT et je peux citer des cas en France en Angleterre ou d’autres encore où les représentants ont tout simplement refusé de prendre position.
En résumé les mouvements LGBT ont été créés par et pour les communautés gays et lesbiennes européennes et nord-américaines, comme les Nations Unies furent créer pour les pays forts du moment. Ce qui me navre et me tue c’est que nous sommes tous victime de l’homophobie alors pourquoi tenter de rabaisser une ethnie par rapport à une autre?”
Ryan
- Par Louis |
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Billy a 28 ans et vit dans une petite ville de l’ouest de la France. Célibataire, il ne parvient pas à faire de rencontres intéressantes et se heurte souvent à un état d’esprit qu’il considère comme superficiel. Saunas, sites de rencontres, plan cam, il devient lui-même acteur de cette logique où les apparences priment. Alors que son homosexualité est pourtant acceptée par tous, il devient las de ce mode de vie.
Luc, 21 ans, est élève officier au Canada. Homo assumé, il vit son métier avec passion et entretient des rapports de camaraderie francs et détendus avec “ses gars”. Il raconte sa condition de militaire gay dans un témoignage loin des clichés.
Une homophobie bien ancrée dans la droite française.
Qui sait ce que c’est que signifie “être bi”, aujourd’hui? Qu’en sait un hétéro ? Ou un homo ? Et qui s’y intéresse, qui a envie de le savoir ? Ni les uns, ni les autres on dirait, à voir à quel point on parle peu de nos expériences et de nos problèmes. Voici mon témoignage, ou coup de gueule si vous préférez !



