Mon fils est gay, je suis un papa heureux

plage“Je suis un papa heureux.
Quand j’ai rencontré sa maman, ma compagne depuis 22 ans, nous avons tout de suite pensé à concrétiser notre amour naissant par la naissance d’un bébé. Elle ne pouvait parait-il pas avoir d’enfant, et voilà, ça s’est fait tout seul, et notre bébé est là.
En bonne santé, souriant, merveilleux.
Et il a grandi, en bonne santé, souriant, merveilleux.
Mon fils est un garçon, (pardon un homme) exceptionnel. Je conteste au monde entier le droit d’insinuer le contraire.
Nous étions bien un peu tracassés par le fait qu’il ne “fréquente” pas ou peu de copines. Personnellement, j’ai toujours pensé que chaque chose vient en son heure. Pas de dictature du sexe politiquement correct. J’ai toujours aussi voulu lui foutre la paix et le laisser vivre sa vie.
Un jour que nous étions tous les deux au resto, il choisit de m’en parler.
Juste par la bande, disant qu’il n’aurait pas d’enfant…
J’ai mis quelques minutes à comprendre.
Et puis viennent les émotions. Tout d’abord: la fierté. J’étais l’élu, celui qui fut choisi pour confier le coeur de l’intime. Quelle preuve de confiance! J’en ai été extrêmement flatté, je le suis encore. Merci et encore merci de m’avoir fait confiance.
Ensuite, l’angoisse et la déception. Lire le reste de cet article »

Enfant de lesbienne, je vais bien, merci.

famillehomo Le projet de loi sur le mariage pour tous et l’adoption par les couples homosexuels est en ce moment au coeur de l’actualité. Alors que les détracteurs prônent l’intérêt de l’enfant, il est bon de se pencher sur ce que ces fils et filles de gays et de lesbiennes ont à nous dire. L’un d’entre eux a souhaité témoigner pour TÊTU.

“Ma mère est lesbienne et je vais bien, merci.

Alors comme ça ma vie est un désastre ? Pourtant j’avais l’impression d’aller plutôt bien – pour m’abaisser à des considérations purement matérielles : je viens de terminer mon master en journalisme, vais signer un CDI, m’installe dans un appartement sympa et suis heureux avec ma copine – mais une partie de la population de ce pays a décidé que je devais aller mal. La cause ? Ma mère est lesbienne. Oui, ma mère, il n’y en a qu’une seule, désolé. Car avant cela ma mère était avec mon père, mariée même, mais elle avait le droit puisqu’on n’empêche pas encore les gays de se marier avec une personne du sexe opposée. J’ai donc aussi un papa, que je connais, mais avec qui j’ai peu vécu.

Une maman et une belle maman dans la même maison
Manipulations maternelles diront certains qui voudront faire briller dans notre belle société le rôle de patriarche. Malheureusement non. Ma mère s’est battue, oui, mais pour que mon père continue à nous voir, malgré son manque d’engouement à jouer son ”rôle” qu’on nous ressort à toutes les sauces. Donc je suis une sorte d’hybride qui, à partir de ses 7 ou 8 ans, a vécu avec une maman et une belle maman dans la même maison. Depuis cet âge, j’ai grandi dans un monde où on m’a appris avant tout à être moi-même, à assumer mes différences et a accepter celles des autres. Non, je ne suis pas gay, je ne pense pas que cela soit transmissible ni génétiquement, ni par l’éducation. Ce que l’on m’a en revanche permis de comprendre, c’est que les notions comme la virilité ou la domination n’étaient en fait que de vulgaires apparats. C’est vrai, je suis sensible, exubérant, je me moque du regard des autres, et j’ai beaucoup de mal à comprendre en quoi certaines différences gênent. Mon père s’est remarié avec une femme. Pourquoi ma mère n’aurait-elle pas le droit ? Non pas qu’elle en ait spécialement envie, mais simplement pourquoi n’en a t-elle pas la possibilité ? Sa compagne a un rôle dans ma vie, elle a contribué à mon éducation, elle possède la moitié de la maison dans laquelle j’ai grandi, pourquoi il est impossible d’officialiser juridiquement ce qui existe déjà ?

La haine et la violence me choquent. Je n’ai jamais compris la Gay Pride puisque pour moi l’homosexualité fait partie du quotidien et je la vis comme une normalité parmi tant d’autres. Comment peut-on affirmer que deux personnes d’un même sexe ne peuvent pas élever un enfant ? Regardez autour de vous le nombre de divorces, de familles recomposées, d’enfants trimbalés, de familles nombreuses qui n’ont pas les moyens de s’assumer et expliquez moi en quoi grandir avec deux femmes ou deux hommes constitue un mal. De quoi as-t-on peur au fond ? Je n’arrive pas à comprendre. Je n’arrive pas à sentir que j’ai un problème parce que j’ai été élevé par deux femmes. Bien sûr, on me répondra que j’avais quand même un père. Mais malgré tout l’amour que je lui porte, il n’a pas été ce que j’appelle mon ”référent masculin”. Car oui, je pense qu’il est important de fréquenter les deux sexes et d’avoir des liens forts avec les deux, mais tout comme un enfant adopté peut grandir sainement, je ne pense pas que ces liens doivent avoir nécessairement des rapports de sang. Bien évidemment certains doutes, certaines questions ne pouvaient trouver leurs réponses auprès de mes ”deux mamans”, mais il ne m’a jamais été interdit ou reprochée de nouer des liens forts avec des hommes, que ce soit un oncle, un professeur ou un ami tout simplement.

Un enfant normal
Je ne me suis jamais battu pour les droits des homosexuels, peut-être parce qu’ils me semblaient trop évidents pour que j’ai l’impression d’avoir quelque chose de plus à ajouter. Je ne suis pas non plus spécialement pour le mariage en tant qu’institution héritée d’une religion fruste. Mais je me sens attaqué au quotidien maintenant. Ce que ma mère m’a toujours fait vivre d’une manière la plus naturelle et convenable possible m’est renvoyé en pleine face plus de 15 ans après par des personnes dont le manque d’ouverture me donne littéralement envie de vomir. Je ne vois pas ce que le mariage gay va changer dans la vie d’un hétérosexuel. Ont-ils peur de se découvrir de nouvelles passions ? Que leurs enfants assument leur nature en plein jour alors qu’on essayait à tout prix de les ‘’soigner” ? J’avais l’impression d’avoir été un enfant normal avant que ces ”anti” viennent soulever de faux problèmes et ne m’indignent à chaque parole prononcée. Être gay n’est pas un choix, être tolérant en est un. Ma mère est lesbienne et je vais bien, merci. Je ne pense pas être l’exception qui confirme la règle. J’ai choisi d’écrire cela car je pense que c’est aujourd’hui aux enfants de gays de faire comprendre qu’ils ne sont pas moins heureux que les autres. Je ne signerai pas, car malheureusement aujourd’hui il faut encore se protéger de ceux qui ne comprennent pas, de ceux qui vont ”casser du pédé” en manif, de ceux qui ne veulent pas que leurs voisins aient les même droits qu’eux.”

Lettre ouverte au Cardinal Philippe Barbarin

cardinal-barbarinLe Cardinal Philippe Xavier Ignace Barbarin a provoqué ces dernières semaines de vives réactions en décrivant le mariage homosexuel comme «une rupture de société», aux conséquences «innombrables»: «Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera», a-t-il dit.

«La première page de la Bible (qui dit que le mariage unit un homme à une femme) a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d’un Parlement», a-t-il insisté.

Ces déclarations m’ont profondément affecté. J’ai eu l’honneur de côtoyer pendant près de trois ans au début des années 90 cet homme d’église lorsqu’il était alors prêtre de Boissy Saint Léger (Val-de-Marne). J’avais alors 13 ans, ma foi était grandissante. Philippe est arrivé dans cette banlieue «black blanc beur» et a servi les paroissiens d’une façon assez originale: très direct dans son approche, il a d’abord étonné par son dynamisme et par ses prises de parole très franches qui le distinguaient de ses prédécesseurs. Philippe avait alors à peine 40 ans, il me semblait être un «jeune loup» de l’Eglise catholique qui n’hésitait pas à rendre visite aux familles du quartier, à rendre des petits services aux personnes dans le besoin, à réconcilier les jeunes de cette cité de la Haie Griselle.

Philippe avait l’habitude d’être entouré de jeunes lors des séances de catéchisme qu’il animait et que je n’aurai manquées pour rien au monde. Son discours était mesuré, moderniste, et son ouverture aux autres religions était indéniable. Philippe avait un discours rationnel et avant-gardiste sur la place des jeunes dans notre société, sur leurs problématiques rencontrées (pauvreté, racisme, éducation, sexualité, tolérance). J’ai souvenir d’un soir où Philippe nous a dit en séance de catéchisme que les deux meilleurs moyens de contraception étaient l’abstinence et la «capote». Son discours était celui d’un homme d’église qui évolue dans un monde en changement, proche des réalités.

Philippe m’a accompagné au Frat (rassemblement annuel de jeunes chrétiens d’Île-de-France) en créant une sorte de jalousie auprès des autres jeunes chrétiens de mon âge qui voyaient en lui une sorte de modernisme qu’ils ne retrouvaient pas dans leur diocèse. Philippe m’a accompagné lors d’une retraite dans un monastère en Allemagne pendant quelques jours – nous étions alors cinq jeunes privilégiés à partager ces moments de prière et de discussions fraternelles.

Puis Philippe est parti vers d’autres diocèses dès novembre 1994.
Je l’ai oublié.
J’avais alors 16 ans. J’ai perdu la foi.
Je suis homosexuel et sans religion.

J’ai aujourd’hui 34 ans.

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Mariage pour tous: doit-on s’attendre à un déferlement homophobe sur la toile?

christineBoutinFrance3 Vianney, est issu de la génération internet et s’est construit en partie sur les forums de discussion, sur lesquels il a pu connaitre ses premiers émois. Passionné de politique il a connu les débats sur le Pacs et leurs déferlements homophobes. Aujourd’hui il s’interroge sur l’évolution des mentalités: la politique a beaucoup changé en 13 ans, et à l’heure des réseaux sociaux, que seront les débats sur le mariage pour tous?

“Je suis un gay issu d’une génération un peu particulière, né en 1987, j’attaque prochainement mes 25 ans, l’âge fatidique pour certains. J’ai donc grandi avec l’arrivée d’internet. A l’heure où les gamins de 5 ans apprennent déjà à bidouiller des iPads, je fais partie de ceux qui ont découvert, dans leurs années collège, la magie d’internet et ses subtilités. Caramail faisait mon bonheur dès 2001, où je pouvais commencer à découvrir mes premiers émois sentimentaux et sexuels. Mais il ne faut pas oublier que ces années là ont été aussi celles d’une bataille législatives âpre et amère.

Entre «Cara», MSN et le collège, j’ai eu aussi une autre occupation, et elle est toujours présente, c’est l’actualité et la politique. Eh oui, à 11 ans, on peut être capable de comprendre la politique, les institutions, les enjeux, les partis et autres thèmes importants de notre pays… Bien qu’étant né dans une famille loin des traditions, je n’ai jamais eu l’occasion de parler sexualité avec mes parents. Je me suis fait mon éducation sexuelle tout seul. Au niveau politique, je me suis fait ma conscience par moi-même, sans influence familiale.

1998 et le Pacs: florilège de propos consternants
Le souci c’est que, quand on commence à comprendre ce que l’on est sexuellement, on s’intéresse à tout ce qui tourne autour. Et c’est en entrant en 6ème que, comprenant mes émois naissants, je m’intéresse à la question. Nous sommes en 1998 et le Pacs est en discussion à l’Assemblée. On assiste alors à un florilège de propos plus consternants les uns que les autres: Pacte de contamination sidaïque, les cliniques vétérinaires, la déviance, les tantes qui veulent se marier. Et je ne cite que les propos de certains parlementaires. Ceux de la rue sont édifiants, relayés en masse par les médias suite à la manifestation du 31 janvier 1999. «Pas de neveux pour les tantouses». J’ai acquis la conviction profonde que la droite nous détestait, et aujourd’hui je n’arrive toujours pas à enlever de ma mémoire ces propos, entendus quand moi-même, je me posais la question de ma «normalité».

Treize ans plus tard, un socialiste revient au pouvoir. Et l’engagement 31 du Président François Hollande est maintenant connu et répété. Mais le temps a passé, on peut ainsi penser que les clameurs et cris cesseront. C’est là où j’exprime une crainte. En 13 ans, la politique également a changé. Je risque de m’attirer des foudres, mais à une époque où l’on voyait Fourcade et Mitterrand s’échanger de longs monologues ponctués par des nombreux chiffres, dans le calme et le respect, aujourd’hui, on assiste à des échanges musclés, vulgaires, criés à qui poussera la voix la plus forte, entre Mélenchon et Morano. La violence s’est installée en politique depuis 2005 – 2006 avec un ancien ministre de l’Intérieur, devenu locataire de l’Elysée. Et les militants et citoyens prennent exemple dessus.

Utiliser les mêmes armes?
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Les gays, ces anti-folles?

slipsroses“Je suis lecteur du site internet de TÊTU depuis quelques temps. Vous avez récemment publié un article sur la gay pride de Bordeaux et je dois avouer avoir été très choqué des réactions des lecteurs sur le lien Facebook de l’article. Beaucoup de commentaires de la part de vos lecteurs, qui se disent gays, se relèvent à mon sens homophobes et « anti-folles ».

La folle : cet être imaginaire, hautement efféminé, à la limite de l’insupportable, que personne ne connaît vraiment mais qui désigne un « autre », ennemi de « soi ». J’ai 27 ans, je suis gay, assumé depuis longtemps, j’ai une vie plutôt équilibrée, en tout cas mon mode de vie me convient. On ne peut pas dire que je sois ni butch ni efféminé, et je ne suis pas non plus particulièrement excité par les mecs qui le sont (encore que…) mais je ne crois pas avoir cette haine de la folle que semblent avoir certains. Je ne cherche pas en disant cela à me justifier, après tout je pourrais être efféminé et écrire la même chose, ça ne changerait rien…

Les plus anti-folles sont souvent eux-mêmes des folles qui s’ignorent
Bref. Quand je lis les commentaires de ces lecteurs, si je résume, ça donne (en gros): «Oui je suis gay, mais je ne suis pas une folle et je ne veux surtout pas être assimilé à “ça” car leurs sacs à main ne donnent pas une bonne image de la communauté homosexuelle et donc pas une bonne image de moi auprès de mon environnement hétérosexuel». Si je voulais être mauvais je dirais que les plus anti-folles sont souvent eux-mêmes des folles qui s’ignorent, mais ce serait trop simple. Alors d’ou vient cette antipathie ?

J’ai l’impression que l’on vit à un tournant dans l’acceptation de l’homosexualité dans la société. En France, l’acceptation n’est pas absolue mais globalement majoritaire, avec de fortes nuances en fonctions du milieu social, géographique, professionnel, culturel… Il reste du chemin pour que la question soit un non-sujet et bien sûr l’homophobie existe encore. Mais aujourd’hui quelle norme pour les homos? J’ai l’impression qu’une scission est en train de s’opérer entre ceux qui souhaitent l’indifférence et ceux qui revendiquent la différence… Je suis pour ma part partisan de la deuxième option.

La folle, insolente, ébranle les schémas
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Réfugié et victime de racisme au sein de la communauté

oeilRyan a fui l’Algérie car il ne pouvait y vivre librement son homosexualité. Arrivé en Europe, puis au Canada, il s’est retrouvé confronté à un autre problème, celui du racisme, et ce même au sein de la communauté LGBT. Très en colère, il raconte son histoire. Ou le sentiment d’être exclu parmis les exclus.

“Ceci est un coup de gueule, mais vraiment un grand. Lorsqu’on parle de la communauté LGBT, je me sens concerné, mais est-ce que cette communauté me protège? Une question qui a longtemps trotté dans mon petit cerveau d’arabe.

Oui je suis arabe, d’origine algérienne, et j’ai vécu la moitié de ma vie avec l’épée de Damoclès sous la gorge. Vous allez dire que la loi concernant les gays en Algérie n’est pas appliquée. Oui elle ne l’est pas mais, un grand mais, celle-ci permet à un agent de pénétrer chez moi à tout moment, de m’insulter, de justifier les agressions et viols dont je fus victime. Oui cette loi permet aux agents de se protéger d’une quelconque poursuite, et donne exemple à la population. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il est d’adage qu’une lesbienne peut être «guérie» en lui donnant le goût du sexe opposé et ce quelque soit les moyens utilisés, en outre dans notre cas, le viol.

La fuite comme seule solution
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Marre de mon mode de vie

seul Billy a 28 ans et vit dans une petite ville de l’ouest de la France. Célibataire, il ne parvient pas à faire de rencontres intéressantes et se heurte souvent à un état d’esprit qu’il considère comme superficiel. Saunas, sites de rencontres, plan cam, il devient lui-même acteur de cette logique où les apparences priment. Alors que son homosexualité est pourtant acceptée par tous, il devient las de ce mode de vie.

“Je regrette d’être gay. Un titre évocateur et saupoudré de rébellion. Je sais qu’en écrivant cela un bon nombre d’homosexuels vont être choqués, limite on me jettera des pierres mais pourtant c’est bien ce que je ressens depuis quelques temps déjà. Vous allez comprendre cela en ces quelques lignes qui sont mon “jeune” parcours d’homosexuel.

Considéré comme trop vieux passés les 24-25ans
Je suis un homme de 28 ans vivant dans une petite ville en Loire Atlantique entre Nantes et Angers. Je me suis rendu compte avec grand étonnement que depuis que j’ai eu mes 28 ans et bien, pour la communauté homosexuelle, je suis déjà à la retraite. Dur pour moi qui viens de faire mon coming out il y a à peine deux ans, même si j’avais eu pas mal d’aventures “clandestines” depuis plusieurs années. Je ne savais pas que passés les 24-25 ans on était considéré comme trop vieux pour certains. Bon je ne vais pas faire l’enfant de coeur non plus, je sais bien que moi aussi je regarde l’âge mais je suis quand même assez ouvert d’esprit pour faire abstraction du chiffre qui passe derrière le 2. Je sais très bien que c’est attirant, des mecs qui sont dans la vingtaine, moi-même je suis passé par là mais je me prends pas mal de claques, et je me fait rembarrer parce que trop vieux, c’est assez irritant quand le mec en face a 25 ans.

Donc voyant l’âge avancer à grands pas je me mets en quête de trouver un mec sympa pour vivre une histoire à deux ce qui signifie pas mal de lieux de rencontres passant par les nombreux sites mais là encore c’est compliqué. Il est vrai que je n’ai pas le physique avantageux de Matt Pokora ou encore de Jared Leto, mais je ne suis pas non plus vilain. Je ne ressemble pas à tous les mecs, j’ai mon propre style et là encore je me suis rendu compte qu’il fallait avoir les cheveux courts, un corps musclé, ou du moins un minimum, et un style vestimentaire branché pour réussir à accrocher le regard des hommes. J’ai tenté de me couper les cheveux, aller à la salle de sport et avoir un style plus “in” mais que reste-t-il de ma vraie personnalité? Finalement je me suis laissé repousser mes cheveux, réduit mes séances de sport au profit de l’écriture et fait un peu moins attention aux vêtements parce que mon compte en banque commençait à virer au rouge. Il me reste en tout cas ma personnalité qui je crois plait aux gens. Bon c’est vrai j’ai un look assez hétéro qui ne laisse pas présager mes attentes.

Saunas, téléphone rose, sites de rencontres, plans cam…

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Militaire et gay

MilitaireetGayLuc, 21 ans, est élève officier au Canada. Homo assumé, il vit son métier avec passion et entretient des rapports de camaraderie francs et détendus avec “ses gars”. Il raconte sa condition de militaire gay dans un témoignage loin des clichés.

“Je me prénomme Luc, j’ai 21 ans et je suis un jeune canadien francophone. Dans mon métier je suis connu sous l’appellation d’élève officier: effectivement je suis militaire et je sert fièrement mon pays. Des gays dans l’armée? Oui je crois qu’il y en une bonne quantité. Pour ma part je suis tout fraîchement qualifié officier d’infanterie et désormais mon travail est de diriger des soldats pour les former et les préparer à être efficaces au combat.

Aucune différence entre moi et les autres
Ce métier serait selon ce qu’on m’a toujours dit le plus fermé d’esprit et le plus “hétéro”. Certes, je ne connais aucun autre gay qui fait ce métier, mais je suis persuadé que je ne suis pas seul. Je suis enrôlé depuis 4 ans et je n’ai jamais caché mon orientation à mes collègues. Un militaire doit faire preuve de courage et se tenir debout et fier pour ses valeurs alors je m’oblige à ne jamais me cacher. Pour ce qui est de l’opinion des autres je dois avouer que j’étais incertain au début de ma carrière et j’ai parfois eu l’impression que mes collègue d’infanterie hésitaient entre devoir me respecter, avoir peur de moi ou tout simplement s’en foutre. Je suis dans mon milieu un pionnier d’une certaine manière: je dois tracer le chemin car personne ne l’a fait pour moi et ce n’est pas toujours facile.

Aujourd’hui je suis respecté et même plus je suis accepté, je suis d’ailleurs celui qui fait le plus de blagues sur le sujet avec mes gars. Il n’y a aucune différence entre moi et les autres je fais partie du groupe à 100% et comme chacun je suis indispensable et apporte ma petite touche à tout ce que l’on fait car dans l’infanterie tout ce qui est existe c’est le groupe, l’individu ne représente rien.

Comme mes frères
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***ALERTE HOMOPHOBIE***

vannesteUne homophobie bien ancrée dans la droite française.

Dans d’un entretien vidéo de plus de vingt minutes mis en ligne le 10 février sur le site de l’association catholique Liberté politique, le député UMP Christian Vanneste définit l’homosexualité comme une doctrine. «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», assène-t-il à l’écran. Dans son long monologue il en vient à évoquer la «légende de la déportation des homosexuels en France».

Soutenu par Christine Boutin qui défend la doctrine du Vatican, ce n’est pas la première fois que Christian Vanneste crée une polémique en lien avec l’homosexualité. En 2009, il affirmait sur le plateau de C dans l’air que l’homosexualité serait «liée au narcissisme et à l’individualisation rutilant de notre société», ajoutant que «les couples homosexuels (…) ne sont pas forcément ceux qui boivent le moins et ceux qui consomment le moins de drogues».

Une note de blog publiée en 2010 a également provoqué un tollé. Le député UMP y affirmait que «l’opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n’est pas fondée en raison des tendances assez fréquentes dans l’histoire qui ignorent la frontière juridique de l’âge».

Plus récemment, en juin dernier, Christian Vanneste avait expliqué que, selon lui, le mariage entre deux personnes de même sexe était «une aberration anthropologique», ajoutant que la société devait assurer sa pérennité «par le mariage des hommes et des femmes», établissant une hiérarchie entre couple homosexuel et couple hétérosexuel.

Ces déclarations font suite à la polémique lancée début février 2012 par Claude Guéant qui déclarait plus largement «toutes les civilisations ne se valent pas».
Dans le virage «à droite toute» que prend Nicolas Sarkozy dans son programme annoncé dans Figaro Magazine du 11.02.2012, le ton est de nouveau donné pour stigmatiser des populations indésirables par l’annonce de référendums, l’un sur les chômeurs, l’autre sur les immigrés … Mais les homosexuels ne sont pas de reste et se voient répondre à leurs demandes d’EGALITE: «En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage». Trois jours plus tard, le sénateur et ancien président UMP du Sénat Gérard Larcher revient à la charge en se prononçant contre le mariage homosexuel et positionnant «la famille» comme le seul «point d’ancrage».

En 2007, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, s’est prononcé à plusieurs reprises, dont le 1er septembre 2006, contre le mariage civil homosexuel. Il propose alors un nouveau contrat d’union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux couples mariés. Toutefois, ces promesses n’ont pas abouti. L’UMP est opposée au mariage homosexuel, malgré les demandes de Gay Lib, mouvement associé à l’UMP, qui réclame la création d’un statut d’union civile. Jean-Luc Roméro, qui a longtemps abordé les problématiques LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) au sein de l’UMP, a démissionné de l’UMP et créé son propre courant, «Aujourd’hui autrement», reprochant à l’UMP de ne pas évoluer suffisamment sur ce sujet.

A l’aube de l’élection présidentielle 2012, les vieux démons homophobes resurgissent, de quoi ramener au bercail l’électorat catholique de Christine Boutin ou de François Bayrou et … celui du FN! Ou s’agirait-il d’occulter un embarrassant bilan? Les homosexuels seraient-ils pris en otages?

Nier la déportation des homosexuels n’est pas une opinion, c’est un délit.trianglerose
Le député UMP Vanneste nie désormais la déportation des homosexuels en France, comme Jean-Marie LE PEN à nié l’existence des chambres à gaz. L’argument négationniste a pour stratégie de remettre au goût du jour le projet pétainiste TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE. Au sein de la droite française, la chasse aux voix homophobes est ouverte.

Les faits historiques sont pourtant là pour rappeler que l’holocauste est la plus sauvage persécution que les homosexuels aient connue. Dès 1928 le parti nazi déclare: «Quiconque est, et même pense à l’amour homosexuel est notre ennemi». En 1935 une loi impose la stérilisation des «malades», à savoir: «homosexuels, schizophrènes, épileptiques, aveugles, malformés». Les lesbiennes n’ont pas échappés aux camps, portant le TRIANGLE NOIR des asociaux (et non le TRIANGLE ROSE car mettant moins en péril la pureté du sang allemand). Il n’est pas anodin de rappeler que les tziganes (les ROMS) portaient dans les camps le TRIANGLE

VIOLET… Les TRIANGLES ROSES des homosexuels sont avec les ETOILES JAUNES des juifs (2 TRIANGLES entrecroisés), les plus exposés à la mort.

Les homosexuels étaient placés par les bourreaux dans les catégories les plus basses du camp. Avec la complaisance fréquente des TRIANGLES ROUGES (les politiques), les homosexuels étaient les premiers condamnés car jugés moins utiles à la résistance. Ils avaient les plus grandes difficultés à être respectés par leurs codétenus pour tenter de survivre. Couchaient-ils avec les autres hommes déportés? Seuls les TRIANGLES ROSES le reconnaissent. Couchaient-ils avec les allemands? Parfois. Un TRIANGLE ROSE de l’Association Les Flamands Roses en donnera une illustration: «Je n’avais comme issue que de me placer de nouveau sous la protection d’un doyen du camp ou d’un kapo qui me garantirait ma nourriture et qui tiendrait à distance tous ceux qui pouvaient me faire des offres … En échange, je devais être son ami et partager son lit lorsque mon protecteur en éprouverait le désir. Chaque chose a son prix.»

Les médecins SS pratiquèrent des expériences qui ne concernaient que les homosexuels ayant pour but de guérir cette «maladie», en injectant des hormones synthétiques dans l’aine droite.

En France, dès 1942 Pétain signe un texte de loi réprimant les homosexuels. La collaboration de la police française permettra à la Gestapo d’arrêter et de déporter par milliers les homosexuels. Le gouvernement de Vichy voulait ainsi préserver les «VALEURS» de la «FAMILLE»… A la libération, le refus de la reconnaissance de la déportation homosexuelle est lié à l’ordonnance du 8 février 1945 perpétuant la pénalisation. Elle fut signée par De Gaulle qui prétendait vouloir une France Libre! Libre des occupants certes, mais pas des discriminations.

Il faudra attendre 1982 avant d’entendre sur les ondes la déclaration de François Mitterrand au Sénat: «La France doit cesser d’ignorer ce qu’elle doit aux homosexuels». Dans les réformes, c’est en 1999 sous le gouvernement Jospin que fut voté un «PACS», contrat de partenariat entre deux personnes majeures quel que soit leur sexe, ayant pour objet d’organiser leur vie commune. Un premier pas significatif donnant aux homosexuels la liberté de s’unir civilement. Loin cependant de la devise d’EGALITE bien mise à mal aujourd’hui … Lire le reste de cet article »

Quelle place pour les bi dans la communauté?

drapeaubiQui sait ce que c’est que signifie “être bi”, aujourd’hui? Qu’en sait un hétéro ? Ou un homo ? Et qui s’y intéresse, qui a envie de le savoir ? Ni les uns, ni les autres on dirait, à voir à quel point on parle peu de nos expériences et de nos problèmes. Voici mon témoignage, ou coup de gueule si vous préférez !

Être bi, ce n’est pas être homo et hétéro à la fois. Malgré les apparences, ça n’a rien à voir avec ces deux autres orientations sexuelles. Ce n’est pas juste aimer les hommes, et aimer aussi les femmes. Le fait qu’on aime les deux change plein de choses, et suscite des questions et des problèmes que les homos et les hétéros ignorent. Des problèmes que la communauté LGBT n’aborde quasiment pas, tandis que le reste du monde ignore la plupart du temps l’existence même des bi.

En termes de vie sociale, être bi, comme j’en fais l’expérience, c’est avoir le cul entre deux chaises, être entre deux mondes qui se connaissent encore très peu, qui paraissent décidés, autant l’un que l’autre, à vivre comme deux mondes parallèles rechignant à se rejoindre (les homos revendiquant à la fois une place en tant que citoyens comme les autres, et aussi, historiquement, une place à part, via le fort aspect militant et contre-culturel de la communauté LGBT). Être bi, c’est n’appartenir à aucun de ces deux mondes – parce qu’on ne se reconnaît ni dans l’un, ni complètement dans l’autre – et être trop peu visible pour en créer un troisième ou faire simplement en sorte que tout le monde vive dans le même. Il faut que cela change.

Les bi sont-ils visibles ? Quand je suis tombé amoureux d’un ami gay, il y a un peu plus de trois ans (j’en ai 25 actuellement), je me pensais complètement hétéro. A y réfléchir, j’avais déjà ressenti des attirances pour d’autres jeunes gens auparavant, mais j’avais été toujours amoureux de filles, “donc” je ne pouvais pas être gay. La question d’être “les deux” ou “entre les deux”, je ne me l’étais même pas posée. Je n’en avais jamais entendu parler, sauf en de rares occasions et en mal, comme caractéristique de personnages libertins ou calculateurs (alors même que j’ai reçu une éducation plutôt ouverte). Mais la bisexualité, comme orientation sexuelle, je n’en avais vraiment jamais entendu parler. Ça n’existait pas.

C’est le fait d’éprouver non seulement du désir, mais aussi des sentiments pour cet ami, qui m’a fait tomber le ciel sur la tête. J’ai fini par lui parler (en substance : “tu m’attires, je ne sais pas trop comment, ni pourquoi, mais tu me fais quelque chose”). Ça n’a pas été réciproque. Mais quelque part, ça a été le râteau le moins grave que j’aie jamais connu (du moins au départ), parce que, malgré ça, il y avait cette découverte incroyable. Cela a été pour moi comme une révélation, l’apparition d’un nouveau continent, ou l’ouverture d’un troisième oeil, ou le passage au 3D relief, enfin, n’importe quelle image de ce genre : c’était merveilleux. Un pan nouveau du monde apparaissait.

Depuis ce moment-là, ma vie est devenue plus riche, plus complexe, plus compliquée. Je me concevais comme gay-friendly, mais je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était que désirer des gens de mon sexe, ou les aimer. L’euphorie première une fois passée (c’était vraiment très beau…), le trouble et la peur sont venus. Tout cela m’a forcé à réfléchir beaucoup ; j’avais peur de me faire des idées, d’inventer des choses, d’en exagérer ou d’en minimiser d’autres (de refouler, comme on dit). Je me suis posé la question pendant des mois (d’autant que je n’avais pas eu de relation hétéro au sens fort au moment où ça m’est arrivé) : est-ce que j’étais gay ? Non. Est-ce que j’aimais toujours les filles ? Oui. Est-ce que j’aimais le porno gay ? Non, pas plus que le porno hétéro d’ailleurs. Est-ce que cet homme, là, dans la rue, m’attirait ? Non… mais celui-ci, oui, et celui-là aussi… peu à peu, mon regard s’est libéré, a changé. Depuis, dans la rue, je regarde, non pas tout le monde, mais des gens des deux sexes.

Tout cela m’a forcé à réfléchir beaucoup, à comprendre ce que je voulais. Je me suis intéressé à la cause LGBT, je me suis inscrit sur un forum sur la bisexualité (bisexualite.info) qui m’a beaucoup aidé ; puis je suis allé dans plusieurs associations (Bi’cause, le MAG, puis le GLUP). J’ai commencé à lire tetu.com et Yagg. Des choses de ce genre ! Et je sais, profondément, que j’aime et désire les deux sexes. Cela changera peut-être (après tout, telles que je vois les choses, cela a déjà changé, et pas qu’un peu), mais personne d’autre que moi n’a le droit d’en juger, et encore moins de tirer des plans sur la comète. Lire le reste de cet article »