Le mariage homosexuel est “inscrit dans l’histoire” – Robert Rochefort

Robert Rochefort, Vice-président du MoDem

L’eurodéputé et Vice-président du MoDem Robert Rochefort a estimé vendredi que “le mariage gay” était “inscrit dans l’histoire” et se fera à terme “dans tous les pays occidentaux”, en expliquant les débordements actuels dans le débat par “les peurs” d’une “société fragile” sur la question “des identités”.

Interrogé sur France culture au sujet des débordements qui ont accompagné les débats sur le projet de loi à l’Assemblée, le vice-président du MoDem a relativisé: “C’est triste ce qu’il se passe, mais ce n’est pas complètement anormal.”

“Je trouve que la caricature dans laquelle nous sommes rentrés, qui fait que les gens qui sont contre le mariage gay disent que c’est la fin du monde, et que les gens qui sont pour disent que c’est normal, banal et que c’est un truc qui doit passer comme une lettre à la poste, ce n’est pas possible”, a expliqué l’ancien directeur du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie).

“Je vais vous répondre en sociologue. Je crois que le mariage pour tous, le mariage gay, est inscrit dans l’histoire. Je crois qu’il se fera dans tous les pays occidentaux et que c’est d’une certaine façon mener un combat rétrograde que de s’y opposer”, a-t-il affirmé.

“En revanche, poursuit l’eurodéputé, considérer quelque part que le mariage gay n’est pas quelque chose qui bouleverse beaucoup de traces culturelles, qui pose la question des identités dans une société qui aujourd’hui n’est plus à l’aise et est en crise avec la question des identités, ce serait erroné”, a-t-il souligné.

“La société aujourd’hui est une société fragile, marquée par ses peurs, et d’une certaine façon ce qui se passe là, au-delà d’un jeu politicien exécrable, c’est aussi tout simplement cela”, a analysé l’économiste.

“Pourquoi y a-t-il autant de gens qui sincèrement, je le pense pour certains cas, se mobilisent contre ce mariage, pourquoi y-a-t-il des débordements de cette nature? Il y a un jeu politicien qui est détestable, mais il y a aussi des peurs qui sont beaucoup plus profondes”, a-t-il jugé.

Position de CENTR’EGAUX lors de l’audition par la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, jeudi 29 novembre 2012

Propos tenus lors de l’audition par la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, jeudi 29 novembre 2012:

Monsieur le rapporteur (M. Erwan Binet)

Mesdames et messieurs les députés

Mesdames et messieurs

Tout d’abord nous souhaiterions vous remercier d’avoir décidé d’organiser des auditions avec l’ensemble des parties prenantes impliquées par le projet de loi portant sur l’ouverture du mariage et de l’adoption par les couples de même sexe, dans un fenêtre temporelle contrainte et ce en amont des débats publics au sein de l’assemblée nationale.

Avant de rentrer dans le vif su sujet qui nous réunit ce matin, quelques éléments de contexte et d’histoire concernant l’association que je représente:

CENTR’EGAUX, association des centristes et démocrates LGBT, créée en janvier 2006, composée de militant-e-s et sympathisant-e-s centriste, démocrate, européenne et humaniste a pour objectif de faire évoluer notre famille politique qui est diverse dans l’acceptation de l’homosexualité, l’acceptation de la diversité des couples et des familles et la promotion de l’Egalite de droits et de devoirs pour toutes et tous (créée à l’époque de l’UDF).

Cette date est importante, car pour celles et ceux qui connaissent les prises de positions de certains élu-e-s de cette noble assemblée, elle correspond aussi a la publication de l’Entente parlementaire pour la défense du droit fondamental de l’enfant d’être accueilli et de s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère, lancée par Jean-Marc Nesme et d’autres député-e-s.

C’est aussi une des premières prises de position d’un dirigeant centriste, François Bayrou, sur le sujet condamnant l’approche et le contenu de cette entente et qui face aux soutiens apportés à cette dernière par certains députés centristes, une des premières occasions où un élu territorial centriste parlât ouvertement de son homosexualité, Philippe Meynard, maire de Barsac en Gironde.

Depuis cette date, nous avons, par le dialogue, la pédagogie et le débat tente de faire évoluer, parfois avec succès, les élu-e-s centristes sur les thématiques LGBT: (mariage pour tous, adoption, PMA, GPA, lute contre les discriminations …): pour le Mouvement Démocrate, cela s’est d’abord concrétisé par la publication du projet Humaniste en décembre 2009, instituant le principe de l’Egalité de tous les couples en droits et en devoirs.

Depuis, avec l’évolution des mouvements politiques centristes, plusieurs élu-e-s nationaux, dont Jean-Louis Borloo (président du Parti Radical et de l’UDI), Jean-Christophe Lagarde (président de Force Européenne Démocrate), Yann Werhling (porte parole du MoDem), Jean-Luc Benhammias (député européen MoDem-ADLE) … se sont clairement prononcé-e-s pour l’Egalité des droits. Cependant n’étant pas naïfs, nous savons que des députés et sénateurs centristes sont défavorables au projet de loi proposé par le gouvernement. Mais dans le même temps, beaucoup se questionnent. C’est avec elles et eux que nous travaillons pour tenter d’apporter les réponses aux questions qu’elles et ils peuvent légitimement avoir, dans le respect de chacun et dans le respect des parcours des uns et des autres.

CENTR’EGAUX soutient pleinement la proposition de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe, qui permettrait de réparer les inégalités auxquelles font face les couples de même sexe et les familles homoparentales et de sécuriser les enfants et d’assurer leurs intérêts. Nous soutenons également les propositions d’amendements concernant la Procréation Médicalement Assistée, ainsi que d’autres que mes prédécesseurs ont évoqués. Par ailleurs, nous sommes très attachés au principe de l’application de la loi sur tous les territoires français.

Cette proposition de loi est importante et devra s’accompagner, comme proposé il y a quelques semaines par Mme la Ministre des Droits de la Femme, d’actions contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, tant les propos entendus ici et là ces dernières semaines montrent que la lutte contre les discriminations est un travail de longue haleine, qui nécessite un engagement sans faille des pouvoirs publics.

François Bayrou se prononce pour la création d’un Ministère de l’Égalité

francois bayrou

La proposition faite par François Bayrou, lors du programme télévisé « Parole au Candidat » sur TF1 le 20 février dernier, de créer un Ministère de l’Égalité est très intéressante. Ce Ministère serait en effet, chargé de la lutte contre les discriminations, quelles qu’elles soient. François Bayrou a insisté sur le caractère de « lutte générale », en parlant de cette lutte, «  qui ne touche pas que les français issus de l’immigration ».

Par ailleurs, François Bayrou a réaffirmé son soutien à l’adoption aux couples de même sexe, en précisant que « des milliers d’adoptions » ont déjà lieu, « l’adoption étant ouverte aux célibataires ». Il a réitéré que « l’intérêt de l’enfant » devait primer et que « reconnaître le lien entre le second parent et l’enfant » allait dans le bon sens.

CENTR’ÉGAUX défend l’égalité des droits des personnes LGBT, et soutient le principe d’ouverture du mariage aux couples de même sexe et compte bien faire évoluer les positions de la famille politique centriste et démocrate sur ces positions.

CENTR’ÉGAUX se félicite des positions résolument progressistes prises par François Bayrou, à l’inverse de celles prononcées par le Président, candidat, N. Sarkozy.

François Bayrou parle de l’homoparentalité

François Bayrou, candidat à l’Élection Présidentielle, inaugurait vendredi 26 janvier, les soirées télévisées de Mediapart en vue de la présidentielle 2012. Voici un extrait concernant le sujet de l’homoparentalité du Grand Entretien de 2h30. Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’entretien sur www.mediapart.fr.

Pour visionner l’extrait, cliquez sur le lien suivant : François Bayrou parle de l’homoparentalité

Interview de Nathalie Griesbeck, eurodéputée du MoDem

Nathalie Griesbeck est eurodéputée dans le Grand Est depuis 2004. Elle fait partie du Mouvement Démocrate (MoDem) présidé par François Bayrou. Elle participe à la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE)  au sein du Parlement Européen.

Nous vous proposons de découvrir au travers de cet entretien, cette élue de terrain implantée à Metz, ainsi que ces positions sur les questions LGBT.

Nathalie Griesbeck, eurodéputée

Vous êtes députée européenne depuis 2004, élue dans la circonscription Grand Est, et vous participez activement à la Commission LIBE au sein du Parlement Européen. Discute-t-on des droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels au sein de cette commission ? Sur quels axes de réflexion ?

NG : Les droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels sont assez souvent discutés au sein de la Commission LIBE car nous considérons que la question du respect des droits de l’homme, et j’entends par là les droits de tout individu, qu’elle que soit sa religion, son âge, son genre, son orientation sexuelle, son origine, ou son opinion politique est une question fondamentale dans la construction d’une Europe des droits et des libertés. Nous soulevons également régulièrement des questions relatives aux droits des personnes LGBT ; par exemple très récemment le 13 octobre 2011, nous avons posé une question, au nom de mon groupe parlementaire de l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe (ADLE) sur le nouveau code civil roumain qui présente des implications sur la libre circulation des personnes LGBT. Par ailleurs, le Parlement s’est non seulement doté d’un intergroupe discutant spécifiquement sur les droits des LGBT mais il a aussi adopté une série de résolutions condamnant fermement toute discrimination envers les personnes LGBT.

Aujourd’hui la procréation pour les couples homosexuels existe de façon détournée dans la mesure où la loi ne la permet pas. Que ce soit la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe (PMA) ou la gestation pour autrui (GPA), ces interdictions méritent-elles encore d’exister ? Quels sont les barrières juridiques ?

NG : L’interdiction de la gestation pour autrui ou de la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe en France se vide de son sens, dès lors que les couples sont en mesure d’y avoir recours dans d’autres pays. Cela rend la France particulièrement dépassée sur ces questions. De plus, il faut toujours garder à l’esprit que les vraies réponses sont celles qui facilitent et  respectent la vie des enfants. Pourtant, ces interdictions juridiques créent des situations inextricables pour les parents mais aussi pour les enfants. A titre d’exemple, récemment un père de famille français ayant eu recours à une mère porteuse en Ukraine pour porter ses jumeaux, a été emprisonné par les autorités ukrainiennes en tentant de quitter le pays illégalement, les enfants étant dépourvus de papiers d’identité. On se retrouve dans des situations où des enfants sont envoyés dans des foyers d’accueil à l’étranger car leur naissance n’est pas reconnue juridiquement par la France.

Seriez-vous favorable à une ouverture de la gestation pour autrui dans un cadre juridique précis et non mercantile afin de mettre le droit en cohérence avec une pratique de plus en plus répandue ?

NG : Le problème auquel on doit faire face est justement cette situation de mercantilisme que crée l’interdiction de la GPA et de l’APM dans certains pays et son autorisation dans d’autres. L’APM est désormais ouverte aux couples de même sexe dans un certain nombre de pays européens (Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne, Danemark, etc.), un cadre juridique clair et précis serait donc particulièrement judicieux en France certes, mais également au niveau européen. Concernant la gestation pour autrui, la question semble plus problématique encore car les interdictions sont davantage généralisées en Europe. Il n’empêche qu’à l’heure actuelle ces interdictions « spécialisent » des pays comme l’Ukraine dans la gestation pour autrui, attention alors à ce qu’une légalisation uniquement en France ne la spécialise pas également en pays où l’on se rend pour avoir recours à la gestation pour autrui.

François Bayrou s’est exprimé à plusieurs reprises en faveur de l’adoption pour les couples de même sexe. Est-ce un objectif atteignable rapidement ?

NG : Je crois, et une idée que nous défendons au sein du Mouvement Démocrate qu’il est essentiel que la France s’adapte aux évolutions de la société mais aussi aux évolutions de la jurisprudence des instances juridiques françaises et européennes. Dans son arrêt du 22 janvier 2008, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour discrimination à la suite d’un refus d’agrément opposé à une homosexuelle qui souhaitait adopter un enfant. Cet arrêt s’impose aux 47 membres du Conseil de l’Europe, dont la France, et va obliger l’administration française à modifier ses pratiques. Mais il reste au politique un pas à franchir. Ce débat risque certainement d’émerger à nouveau durant la campagne électorale en vue des élections présidentielles de 2012, et selon l’issue de ces élections, cet objectif pourrait être atteignable plus ou moins rapidement.

On vous sait engagée contre l’homophobie dans le sport depuis votre présence au Tournoi International de Paris en juin dernier. David Douillet avait écrit dans une autobiographie « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ». Quelle est votre position sur sa nomination au ministère des Sports ?

NG : Dans mon travail quotidien, je suis très attachée à une non-discrimination vigilante et respectueuse des personnes et la lutte contre les propos discriminants, qu’ils soient sexistes ou homophobes et la lutte contre l’homophobie font bien sûr partie de mon engagement quotidien.  Les propos de David Douillet tenus lorsqu’il avait 20 ans, sont intolérables, même s’il a, depuis, tenté d’apaiser la polémique en les qualifiant de “propos de vestiaire”. En revanche, si ces même propos étaient tenus par l’un des membres du gouvernement français en exercice, cela irait au-delà de l’intolérable et on se devrait alors d’exiger une démission pure et simple.

Que vous évoquent les propos de certains élus de la Nation (Jean-François Coppé, Christian Vanneste, Jacques Myard, Lionnel Luca, Christine Boutin, Jean-Marc Nesme…) entendus à l’occasion de la polémique lancée par eux-même sur la présence de la notion de genre dans les manuels scolaires ?

NG : Cette polémique répond manifestement de manœuvres politiciennes, Lionel Lucca étant même allé jusqu’à dire que la théorie du genre “servait surtout d’alibi à justifier la pédophilie”! Une polémique du même type avait été lancée sur le film d’animation “Le baiser de la lune”, dont la diffusion a finalement été interdite par le Ministre de l’éducation nationale, car il narrait l’histoire d’amour entre Félix le poisson-chat et Léon le poisson-lune. Au-delà, ces interdictions et polémiques creuses ne résolvent rien et je suis persuadée que l’éducation doit s’adapter à l’évolution de la société et qu’il est important de lutter contre les discriminations quelles qu’elles soient à l’école et dès le plus jeune âge. Enfin et surtout, les politiques n’ont pas à intervenir et interférer sur les programmes scolaires de cette façon.

Vous pouvez visiter le site de Nathalie Griesbeck en cliquant ici.