Esprit de Contradiction

Par Catherine Tripon. Parce que je ne suis pas communautariste, je veux pouvoir dire le contraire de ce qu'on aimerait entendre.

Le mariage, une institution ? Le Garde des Sceaux a raison

…C’est en accordant les mêmes droits à tous les citoyens que l’on évite le communautarisme, que l’on reproche par ailleurs à ces mêmes citoyens de véhiculer…
Lire la suite

Nous savons qu’il n’y a plus d’unanimité au sein de la “majorité présidentielle” sur ce sujet de société qui n’en est plus un pour les françaises et les français. C’est le moment de montrer par son vote le poids que l’on accorde à l’égalité de droits face aux pressions conservatrices.

Frêche, Vanneste, même pas peur…

…de la Loi. Finalement, quand on est élu, on peut s’affranchir de toute réserve. Le nouvel épisode avec Georges Frêche n’est que la résultante d’un autisme permanent quant à la frontière entre ce que la Loi permet, ce que le statut d’élu autorise et ce que la décence (d’aucun l’appelle le politiquement correct) recommande.
Si Montpellier a pu nous offrir le meilleur -avec le Collectif Contre l’Homophobie d’Hussein Bourgi- et le pire avec les « tarlouzes » de Louis Nicollin et les multiples dérapages de son bientôt ex-futur-ex ? président de la région, cela nous amène avant tout à réfléchir à ce qu’un/une élu-e doit ou peut dire. Que Christian Vanneste, condamné en 1ère instance, puis en Appel et finalement absous en Cassation, se retranche derrière la liberté d’opinion de l’élu pour nous traiter de « danger pour la survie de l’humanité », que Georges Frêche pense que les Harkis sont des « sous-hommes », que les noirs sont « trop nombreux » dans l’Equipe de France de football et qu’un élu d’une autre région ne lui semble « pas catholique » quand tout le monde sait que Laurent Fabius est juif, cela nous ramène quelques années en arrière, lors d’un terrible défilé où de nombreux politiques avaient sereinement défilé derrière une pancarte « les PD au bûcher ». Remarquez, quand un ancien président de la République trouvait que les « noirs sentaient mauvais », cela n’avait pas fait bondir non plus les foules.
Comment voulez-vous qu’on sensibilise les enfants dès leur plus jeune âge, que les parents et/ou les enseignants tentent d’inculquer ce « Pari du vivre ensemble » si celles et ceux qui représentent les citoyens, élus au suffrage universel, s’autorisent de tels propos ?
J’ai l’honneur de faire partie des 100 contributeurs dans le cadre du lancement de « l’Appel pour une République multiculturelle et postraciale » de Lilian Thuram, François Durpaire, Rokhaya Diallo, Marc Cheb Sun et Pascal Blanchard. J’évoque la nécessaire implication du réseau éducatif pour cet apprentissage de la citoyenneté.
Que faire, que dire, comment agir, si les politiques se permettent d’exprimer des propos dégradants, blessants et injustes vis-à-vis de telle ou telle catégorie de personnes ? Que préconise l’homme ou la femme de Loi ? Quelle réaction des partis politiques qui encore à ce jour ne tranchent pas de manière radicale, comme les employeurs publics et privés ne savent pas non plus le faire lorsqu’un comportement discriminatoire s’exprime dans leur organisation ?

Remaniements dans les états-majors des grandes entreprises, toujours autant de femmes !

Je m’agaçais le 13 décembre dernier sur Facebook* en voyant le classement de Challenges sur les performances des 75 entreprises du et hors Cac 40 : une seule femme parmi les 75, l’éternelle Anne Lauvergeon qui ne dû sa nomination que par la volonté du président Mitterrand, contre le lobby du réseau masculin de la trilogie X-Pont-Mines et ne resta que par la force de ses convictions, énergie et compétences.

Nouvel agacement ce matin en lisant mes hebdos généralistes avec du retard. Dans l’un d’entre eux et son traditionnel organigramme d’état-major d’une grande entreprise, je lis  «le président…qui vient de mettre en place une nouvelle organisation. A sa tête, un comité exécutif composé de cadres, dont la plupart changent au passage d’affectation », 7 cadres à la tête et pas une femme. Cela veut juste dire qu’au-delà du discours très politiquement correct de cette entreprise et de sa politique « innovante » sur la diversité, rien n’a réellement changé.  Durant ces cinq dernières années, ils n’auront pas réussi à faire monter dans la hiérarchie une femme parmi les 22.000 salarié-e-s dans aucune des fonctions opérationnelles de l’entreprise ? De qui se moque-t-on ? Remarquez, quand on regarde l’âge de ces cadres qui n’on fait que jouer aux chaises musicales -61, 48, 51, 50, 46, 51 et 43-, il faudra sans doute attendre une nouvelle classe d’âge pour espérer changer le cours de l’histoire. Gageons que le nouveau DRH, le plus « jeune » de la bande aura à cœur d’inverser la tendance, si tant est qu’un prochain président le veuille, ce qui ne semble pas le cas de l’actuel.

*Challenge les 75 patrons les + performants du et hors cac 40:1 femme ! L’eternelle A Lauvergeon qui ne sauve pas l’honneur perdu des actionnaires qui continuent a nommer des hommes.. Les 3/4 st en poste depuis – de 10 ans. Label égalité en 2004, prises de positions “viriles” sur “l’engagement” vers une politique egalité-diversité, quelle hypocrisie… Ah, j’oubliais, tous de type européen comme on dit chez nous  :-(
13 décembre, à 10:08 via Facebook Mobile

Adoption = Uruguay 1 – France 0

Droit de vote pour les femmes :  Uruguay 1932France 1945
Adoption par les couples homos : Uruguay 2009France ?

Je suis toujours fascinée par la vitesse d’évolution de certains pays qui ne nous semble pas au même niveau en termes de Droits Humains que la France.  L’Uruguay vient d’accorder l’adoption aux couples homosexuels, malgré la force de l’église catholique, après avoir accordé le droit de vote aux femmes avant la France en 1932. Bon, on tempérera en sachant que les femmes ne peuvent toujours pas officiellement avorter dans ce pays qui s’est doté, par ailleurs, d’une constitution plutôt démocratique.
Dans le même temps, le Tribunal Administratif de Besançon valide l’agrément d’adoption de deux femmes, marginalisant la position du Conseil Général du Jura. On se souvient de la décision en janvier 2008 de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) qui condamnait la France suite à cet acharnement. 
Se peut-il que deux décisions de justice, l’une internationale, l’autre nationale, qui ont jugé le fond, sans se laisser submerger par le volet médiatique et les pressions politiques, arrivent enfin à désinhiber  ceux qui nous gouvernent ? Le Conseil Général a renoncé à faire appel de la décision du TA, reconnaissant explicitement la valeur de la chose jugée.
Fondamentalement, quelle perversité de laisser le/la président-e d’un Conseil Général décider de l’attribution de l’agrément ! Bien que répondant aux critères requis après enquête (pour mémoire, sur un plan familial, éducatif et psychologique) et avis rendu par la commission d’agrément, selon que vous habiterez dans tel ou tel département,  vous serez soumis à une inégalité de traitement simplement parce qu’un élu, incompétent sur le volet social et l’appréciation de la qualité de la sphère familiale, décidera, pour des raisons de conviction personnelle ou d’opportunité politique, d’aller à l’encontre d’une décision de ses services.
A l’heure où les transferts de compétences vers les collectivités se multiplient, ne faudrait-il pas revoir certaines chaînes de décision et accepter que les professionnel-le-s recruté-e-s par les collectivités soient décisionnaires et non pas simplement consulté-e-s, dès lors qu’on touche à l’humain et au social ?

C’est parce que je ne suis pas communautariste, au sens où certains l’entendent, que je veux pouvoir dire le contraire de ce qu’on aimerait entendre.
Environnement vertueux?

J’adore les échanges vertueux sur ce qu’il faut faire pour protéger l’environnement, ça part toujours avec de bonnes intentions. Le problème, c’est comme pour le bio, sans moyen, pas de solution.

La taxe carbone ? Evidemment qu’il faut taxer les pollueurs, on a brillamment réussi jusqu’ici avec les dégazages et lâchages de produits toxiques dans les mers, rivières, lacs et nappes phréatiques, non ? Se pencher sur les comportements des citoyens et les inciter à moins polluer, sur le fond, tout le monde est d’accord, mais sur la forme ?

Des véhicules moins polluants ? On applaudit à deux mains, sauf… qu’une voiture hybride ou une nouvelle génération de petite voiture comme savent les sortir nos constructeurs automobiles est intouchable pour celui ou celle qui roule avec une « occasion », dont la valeur de revente égale à un peine un quart du véhicule neuf.

Une utilisation renforcée des transports en commun ? Vive le métro, tramway, train et bus aux gaz (enfin quand il y en a)… dans les grandes villes pour des habitants qui vivent et travaillent intra-muros. Ceux qui habitent en banlieue comme moi et qui sont plutôt sur des 10h/15h par jour me comprendront. Quant au prix du billet de train par rapport à l’utilisation d’une voiture dont on partage les frais, voire d’un billet d’avion, en France métropolitaine, désolé le compte n’y est vraiment pas, même en jonglant avec l’internet facétieux de l’entreprise publique concernée sauf à prendre le risque de l’achat au dernier moment.

Un passage aux énergies renouvelables pour les particuliers ? Ah, la mise aux normes environnementales des habitations des français-e-s, GENIAL, si, vraiment, je vous assure. Si vous êtes propriétaire de votre résidence principale, en avant les réductions fiscales, les cumuls de prêts entre l’Etat et les collectivités. Mais qui est propriétaire d’une maison en France en résidence principale ? Combien de citadins (mais non, pas que les parisiens !) n’ayant pas les moyens d’acheter leur appartement ont économisé pour s’offrir une maison à la campagne, la mer ou la montagne ? C’est bête, là où il y a du grain à moudre, si je puis dire, c’est bien sur les surfaces de toiture pour les panneaux solaires, les récupérations d’eau de pluie, un petit bout de terrain pour enterrer de la géothermie, un puit canadien, une cuve de récupération. Une nouvelle occasion ratée…

Dommage pour vous, vous n’aurez droit à aucune aide, et si en plus, comme pour moi, vous êtes en SCI de personnes cela devient de surcroît le parcours du combattant pour essayer d’expliquer que cette SCI (société civile immobilière) c’est le seul truc qu’on trouvé les couples homos pour essayer de ne pas lâcher 60% d’impôts et transmettre à leur conjoint survivant. (bein oui, quelqu’un a du oublier l’inégalité de traitement entre les couples mariés et les autres).

D’aucuns connaissent ma fibre écologique, mais franchement, sur aucun des points évoqué, je ne vais réussir à être vertueuse pour la protection de ma planète :-)