Dans ma bulle...

Par Dimitri Lam

Lumière dans les ténèbres

darkly lightQui d’autre qu’un artiste peut mettre le mieux les ténèbres en lumière ?

Par l’écriture ou le dessin, j’ai toujours essayé d’exorciser mes fantômes, tenté d’extérioriser des pensées qu’il m’était impossible de raconter à quelqu’un. Il y a quelques années encore, la simple idée de livrer une partie de mon intimité par la parole était une vraie torture, une violation de mon espace. Pourtant, dessiner m’a toujours paru plus naturel que parler. Dès le moment où j’ai pu tenir un crayon, l’envie de griffonner sur toutes les surfaces possibles est devenue une obsession, au grand damn de mon entourage !

Au fil des années, mes gribouillis ont commencé à prendre une forme plus évoluée et à attirer l’œil de curieux intéressés . Mon engouement grandissant pour les animés japonais et les mangas a été essentiel pour alimenter mon imagination. La littérature fantastique et le cinéma de genre ont aussi fait leur œuvre sur ma pauvre petite tête déjantée, me donnant l’inspiration à des atmosphères plus ou moins particulières. Mes jeunes années solitaires passées à créer des visuels satisfaisants ou dans le cas contraire un combustible de choix, m’ont conforté dans une seule certitude : Le dessin est ma survie !

Ce besoin de me surpasser sans cesse pour satisfaire ma soif de créativité, de perfection, d’afficher ma différence, mes qualités, ce besoin de reconnaissance, n’est-ce pas finalement la mentalité d’un véritable artiste, sinon d’un gay lambda ? Car après tout, sans y réfléchir longuement, je dois bien avouer que c’est ce talent qui m’a aidé à faire mon coming out ! Un synopsis maladroitement rédigé et quelques illustrations de ses protagonistes réalisées pendant mes années de lycée ont servi de déclaration à mes meilleurs amis ; une sortie du placard, d’ailleurs, qui ne les a pas tant surpris que ça ! Le moyen de l’exprimer de cette manière est parue comme une évidence pour moi, l’unique issue pour le garçon timide, non, plutôt coincé que j’étais à l’époque. Paradoxalement, ce sont aussi mes propres créations qui m’ont révélé mes préférences ! Cette fascination pour les corps dénudés, esthétiquement parfaits, embellis même, ont été d’inépuisables indices à ma nature véritable.

Je ne pense pas prendre de risques en disant que le véritable objectif d’un artiste a toujours été d’exprimer sa sensibilité et de donner son interprétation, sa vision d’une situation, d’un sentiment particulier ; continuer à créer au détriment de la critique, faire évoluer sans cesse son art, sa plume, son trait. J’adhère à 100% à cette idée. Mon but premier a toujours été de divertir les gens par mon travail, ne pas les laisser indifférents, leur transmettre une émotion ; et je sais que je ne fais pas une promesse futile en disant que je tenterai de le faire le plus longtemps possible !

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