Ici, le temps prend le goût d’une saveur différente. Loin du tumulte des métros trop bondés du matin. Il y a quelque chose qui s’étend et s’allonge, un fil que l’on déroule longuement, minutieusement. Le temps change de rythme, me laisse sur le bord de l’ennui. C’est une de ces rêveries que la campagne rend propice. Elle comble le vide de l’instant présent.

Dans la chaleur naissante d’un printemps en retard, mon esprit divague et ré-enroule le fil jusqu’à mes plus lointains aïeux. Je pars à l’aventure, dans les secrets des lieux. Vieux fer à cheval, roue de charrette et vieilles charrues entassées là depuis plusieurs générations. J’imagine leurs vies longues, le témoignage par empreintes de vieux fermiers. Je pense à tout ce monde grouillant dans la ferme, entendant le claquement des sabots des chevaux, raisonnant aux oreilles de leurs ouvriers vivant dans les greniers, de leur maréchal ferrant rougit, entouré du croassement des corbeaux. Les heures passées pour entretenir ces terres que l’on cultive aujourd’hui en une. Le travail des champs, couper le blé, saupoudrer de cette même poussière. Je pars dans une songerie bucolique, imaginant leurs secrets d’impénétrables paysans, leurs vices et caractères.
Le temps, le temps toujours, qui se martèle comme une emprunte ; par le travail différent de chaque saison. Année après année ce sera toujours le même cycle récurrent: l’automne le travail de la terre, l’hiver l’entretient, le printemps les semis et l’été la récolte. Amenant par cette certitude l’apaisement. Alors le vide du présent s’atténue par la perspective que je ne suis qu’un fil qui se superpose au dessus d’autres.
- Par dans-le-pre |
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10 commentaires
Bonjour Jérémy,
Je te découvre grâce à Têtu et je tiens à te remercier de traduire si fidèlement ce que je ressens depuis mon enfance, habitant également en campagne. Je te souhaite bon courage dans cette nouvelle vie qui s’ouvre à toi, et au plaisir de te lire encore longtemps!
Meilleures salutations,
Alexandre
Tout simplement magnifique texte ! J’en suis presque à ressentir physiquement la rosée du matin sur l’herbe brulée la veille par le soleil. La vue du soleil levant sur un très long champ lentement balayé par un vent doux.
Merci pour ce moment de pure plaisir sensoriel.
salut jérémy
que de mots doux et agréables à lire que cette trés belle descrpition de la campagne !!!!
tu vis dans un grand tableau qui change de couleurs et de décor à chaque saison qui passe !! c est un mouvement perpetuel et magnifique de la nature avec un gout d inatendu chaque matin quand tu te léve car chaque matin c est un paysage différent qui s offre à tes yeux !!!
bon courage pour cette nouvelle vie !!!!
yannick
Bon courage! Le chemin n’est pas facile, la vie à la campagne n’est pas facile, mais tu vas retrouver les vraies valeurs, celles de la terre!
Je suis fils d’agriculteur, mais ne travaille plus dans ce secteur par choix. Par contre, je mesure le courageet l’amour de la terre qu’il faut aujourd’hui pour excercer cette profession. Tu as touot mon respect.
Je te souhaite le meilleur et me rejouis de continuer à te lire
magique , c notre quotidien a nous aussi et nous sommes deux homme comblé !!!!!
Je te souhaite vraiment de réussir dans cette aventure. Et quand je parle de réussite, je pense aussi à ton épanouissement personnel. Je sens en effet que ce retour à la terre n’était pas vraiment prévu dans ton programme, du moins, pas si rapidement. Vingt-cinq ans, c’est plutôt l’âge auquel on a envie de vivre, de voyager, de s’amuser et d’aimer que de reprendre une ferme, fusse celle de ses parents. J’espère (pour toi) que tu as su te ménager un petit jardin secret car, au-delà de tes obligations, tu as aussi le droit de vivre ta vie d’homme et de trouver l’amour.
J’ai beaucoup aimé ton témoignage, ces trois textes que tu as livrés jusqu’à présent. Pour tout dire, ils résonnent particulièrement en moi car je vais sans doute devoir opérer un choix similaire bientôt — quitter Paris pour m’occuper du domaine familial, ou tout laisser disparaître… La différence, c’est que nous n’avons pas le même âge
Superbe texte… Moi qui vit encore dans ce petit enfert sur terre qu’est l’ile de France… J’avoue que je me ressource plutôt quand je suis de retour au pays… Et quand je dis enfert :http://lespetitsriensdepierrot.skynetblogs.be/archive/2010/12/01/transport-et-folie-humaine.html
Est ce que je puis envoyer un lien depuis mon blog officiel vers le tien ?
mail officiel : piotrusz@hotmail.fr
joli texte très poetique, presque idilique. Je connais le milieu agricole assez bien pour etre fils,petit fils, arriere… bon j’arrete la d’agriculteur et etant moi meme agriculteur. La vie à la ferme n’est pas un long fleuve tranquille. Le retour à la réalitée risque d’etre douloureux. Je connais d’autres agriculteurs gay et pour tous ou presque la solitude l’eloignement, la disonibilite, le metier lui meme sont des freins à l’épanouissement d’une vie affective. Bon courrage!
Tes mots ce lisent comme une poésie Jérémy, c’est enivrant ! Merci de nous faire savoir qu’il existe encore des personnes qui puissent écrire ceci.
Amicalement