Les TÊTUnautes s’indignent contre l’homophobie

bien-envoyéLe débat sur le mariage pour tous continue à susciter les passions. Prière du 15 août contre le «mariage gay», des enfants d’homos «terroristes», une «liberté de conscience» hasardeuse, ou encore un «utérus qui crie non»… Les phrases entendues ici ou là mobilisent contre leurs auteurs.

Et vous êtes nombreux à nous écrire pour exprimer votre indignation face à l’homophobie ambiante. Voici quelques morceaux choisis des courriers de TÊTUnautes qui ont décidé de prendre leurs plumes contre l’homophobie.

« Si le bien-être de l’enfant passe avant toute chose, si la famille composée d’un papa, d’une maman et de leurs enfants est le concept sacré ou sain que vous défendez corps et âme, pourquoi n’êtes vous pas aussi nombreux à vous mobiliser dans les rues de France pour manifester contre toutes les formes de violences faites à l’égard des femmes ou des enfants dans les familles? L’utérus de Frigide Barjot crie peut être «non» au mariage pour les couples de personnes du même sexe, mais mon coeur crie très fort «oui» à l’égalité des droits et à l’humanisme. »

Patrick (Belgique)

« J’ai le sentiment profond que ce n’est pas tant l’idée de deux garçons ou de deux filles ensemble qui vous dérange, mais davantage le fait qu’ils ou elles, et au même titre que vous, puissent transmettre un savoir, une idée, une vision de la vie. (…) Alors je vous demande de m’expliquer ce que vous, garçons aimant les filles et filles aimant les garçons, avez de plus que moi. (…) Je pourrai vous dire d’où je viens, quelles sont mes racines et mes valeurs pour essayer de vous rassurer. Mais à quoi bon, pour le moment, et d’après vous, je ne vous vaux pas. Je vous dirai simplement qu’en réalité, je suis un jeune humain, homo, qui souhaite un jour pouvoir lui aussi transmettre. Préparer son cartable pour la première rentrée, lui apprendre le vélo, le ski, le tennis, lui faire découvrir des beaux paysages, le cinéma, la musique pop, l’opéra, lui dire que ce que c’est qu’aimer et surtout lui offrir un foyer et un bel avenir. Comme vous, pour ceux qui y sont parvenus. »

Hubert (75)

« Mitterrand nous avait tendu la main en supprimant la loi qui faisait de nous des délinquants. Il nous avait redonné une place dans la société ; nous n’étions plus des malades, des détraqués sexuels, nous étions des hommes. Les années Sida, le combat du PACS dans lequel je me suis profondément engagé avec mon compagnon m’avaient convaincu que le sens de l’Histoire nous prenait enfin en compte et qu’un avenir nous donnerait les droits qui nous sont dus. (…) Vont revenir les propos scandaleux et immondes de la campagne du Pacs, «les pédés au bucher», «marions-les aux services vétérinaires» (député Dominique Dor), la zoophilie (CFCM, UOIF), l’inceste et la pédophilie (cardinaux Vingt-Trois et Barbarin), les délires d’un Vaneste. (…) La haine et le mépris qui suintent de ces propos sont un danger bien plus important pour notre société que notre réalité d’hommes et de femmes différents. (…) Moi, l’ancien galeux, le rejeté, le méprisé, je me revois, écrasé, manifester devant le siège du PS le jour du rejet du PACS. J’ai pleuré ce jour là, et je ne veux plus pleurer! »

Jacques (30)

« Notre divin siège, le Vatican, déclarait il y a quelques jours que le viol était moins grave que l’avortement, donnant ainsi l’absolution à ses prêtres et curés qui ont appris aux enfants à vivre sexuellement parlant, soutient notre démarche progressiste, qui consiste à remettre la religion au centre du débat politique.(…) Qu’importe les divorces, les décès, les abandons ! Les enfants qui ressentent un manque d’amour ne doivent pas se plier au blasphème de voir que leurs parents sont du même sexe. Qu’importe si l’amour qu’ils portent à cet enfant est le plus important, ce n’est pas une position que l’église catholique doit encourager, bien au contraire, combattons l’amour des gays ! L’Eglise doit se battre contre ce type d’idées qui ne feront que transformer notre pays en enfer pire qu’aujourd’hui, jusqu’au jour où le divin père qui aime tout le monde, rappelons-le, viendra détruire notre pays tel Sodome autrefois. Qu’importe si c’est une erreur de dire que Sodome a été détruite à cause des relations sodomites qui s’y passaient selon la Bible. Que personne n’aille corriger cette erreur due à l’interprétation mauvaise d’un saint que l’empereur Justinien a fait éditer comme version officielle de l’Eglise, il y a bien longtemps. Sodome a été détruite parce qu’on n’y respectait pas l’hospitalité chrétienne ni la charité chrétienne, mais c’est un détail bien inutile à corriger. Au lieu de ça, continuons à donner du corps à cette erreur d’interprétation, et battons nous contre l’amour que des homosexuels, ces créatures du démon, qui revendiquent d’être l’égal des autres, pourraient donner à des enfants seuls et sans parents ! Laissons ces enfants s’en remettre à l’Eglise, nos aimés curés et prêtres sauront les prendre en affection. »

Thimothée (57)