Jeunes Séropotes Paris

logoJSP

Connaissez-vous bien les assos LGBT? Découvrez aujourd’hui les Jeunes Séropotes Paris! Son co-président Éric répond à nos questions.

modèle-fiche-JEUNES-SeROPOTES

flyerJSPPouvez-vous présenter votre association?

Jeunes Séropotes Paris (JSP ou JSPotes) est une association LGBT de convivialité entre séropositifs ayant été contaminés après l’arrivée des trithérapies. L’objectif de notre association est de permettre aux jeunes séropositifs (jeune en âge ou jeune en années de contamination ou encore jeune d’état d’esprit) d’Ile-de-France d’avoir un espace d’échanges, de dialogues et de rencontres. Nous ne sommes pas une association militante ou médicale mais une association de convivialité dont le but est de de permettre à tous les membres de mieux vivre au quotidien leur séropositivité. Nous sommes une association Loi 1901, dirigée par un CA de 7 bénévoles et nous ne touchons aucune subvention.

Que fait-on aux Jeunes Séropotes? Quels sont vos projets futurs?

JSPotes est une association de convivialité et d’auto-support. Nous organisons donc des activités permettant aux membres de se connaître et de se former un nouveau réseau d’amis avec qui il est possible de parler à tout moment de sa séropositivité, de ses inquiétudes mais aussi de ses joies. Nous essayons d’inciter nos membres à proposer et à gérer les activités, par exemple des soirées DVD, des pique-niques en été, des brunchs, des sorties ciné, des restaus, etc. Certaines activités sont ouvertes aux conjoints séro-différents (et donc par définition non-membres) de nos adhérents. Nous proposons aussi des soirées de discussion autour d’un repas improvisé par les membres pour parler de certaines problématiques concernant les personnes séropositives (annoncer sa séropositivité, sexualité & VIH, etc.). Enfin, le CA organise deux fois par an des week-ends de ressourcement (en général à la maison des Amis de Bonneuil) qui permettent à nos membres de vivre ensemble pendant 48h afin de mieux se connaître mais aussi de créer cohésion de groupe et dynamisme. Nous sommes toujours en recherche de nouveaux projets pour notre asso et ses membres.

Avez-vous des liens particuliers ou des actions communes avec d’autres assos?RepasJSP

Nous avons des partenariats avec certaines associations de lutte contre le VIH, comme Sida Info Service, dont nous relayons les pages Santé sur notre site. Nous avons aussi des partenariat avec d’autres assos LGBT comme Le Mag’ avec qui nous défilons régulièrement lors de la Marche du 1er décembre ou lors de la dernière Marche des Fiertés. Nous organisons aussi régulièrement des rencontres avec leurs membres pour leur parler du VIH aujourd’hui. Nous sommes aussi en contact avec certaines associations comme Popingays ou Flag! L’association Basiliade nous prête plusieurs fois par an son local afin d’y organiser de grands repas préparés et pris en commun (et financés sur le budget de l’asso). Enfin, nous sommes très proches des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence (avec qui nous avons organisé deux week-ends de ressourcement) et Madame Hervé du Tango qui, en plus d’être notre marraine, nous permet d’organiser régulièrement (et gratuitement) des soirées de collecte de fonds au Tango lors de ses Bals des Célibataires. En ce qui concerne notre budget, nous avons été très aidés en 2007 quand la moitié des bénéfices du concert annuel des Voix Contre le Sida nous a été reversée pour financer nos activités (principalement les week-ends de ressourcement) et permettre aux moins fortunés d’entre nous d’y participer sans contrainte d’argent.

Où peut-on vous trouver? Avez-vous un local?

Pour nous rencontrer, il faut nous contacter via notre site internet (rubrique : Devenir membre). Suite à cette prise de contact, nous envoyons un mail d’informations et si, après lecture, la personne en manifeste l’envie, nous l’invitons à participer à un de nos Apéropotes bi-mensuels. Nous nous retrouvons tous les quinze jours dans un bar du centre de Paris dans une salle privatisée pour boire un verre, papoter, informer les membres de l’actualité de l’asso et accueillir les nouveaux. Un ou deux membres de l’asso accueillent chaque nouveau pour lui parler de nos activités avant de le présenter aux autres membres pour faciliter l’insertion dans un groupe déjà constitué. Nous ne communiquons pas directement notre lieu de rendez-vous afin de préserver la confidentialité et la vie privée de nos membres et surtout des nouveaux qui, encore plus que d’autres, craignent d’être identifiés comme séropos.

WeekendJSPCombien d’adhérents compte les Jeunes Séropotes? En recherchez-vous de nouveaux?

Chaque année, nous avons à peu près 110 adhérents en décembre. Nous accueillons tous ceux qui nous contactent via notre site internet et qui entrent dans nos critères. Chaque année, une centaine de personnes nous contactent, plus de la moitié adhèrent à l’asso. Nous essayons de faire connaître notre asso dans le milieu LGBT et médical afin que les personnes concernées puissent être informés de notre existence.

Pourquoi ce nom?

Le terme «Séropotes» nous semble très fort et explicite ; nous sommes des amis dont le seul lien (à l’origine) est la séropositivité. Nos membres viennent de tous les milieux sociaux, groupes ethniques, etc. Le terme «Jeunes» semblait primordial aux fondateurs de l’asso car, à l’origine, l’asso était réservée aux moins de 40 ans afin de garantir une certaine homogénéité des expériences du VIH, des modes de vie, des centres d’intérêts, etc. En 2009 et surtout en 2010, nous avons reçu de plus en plus de mails de personnes de + de 40 ans récemment contaminées et qui exprimaient un fort besoin de rencontrer d’autres personnes séropositives. La plupart de ceux que nous avons rencontré se sont vite intégrés. Nous avons donc décidé de modifier nos statuts en janvier 2011 pour supprimer la limite d’âge à 40 ans. Cependant, nous continuons à insister sur le fait que notre asso est avant tout destinée aux personnes contaminées après l’arrivée des trithérapies. Les jeunes séropos, en quelque sorte.

Si je veux adhérer, cela me coûte combien et comment puis-je faire?

Pour adhérer à JSPotes, il faut venir au moins à deux Apéropotes. La première fois est une prise de contact avec l’asso et ses membres ; si le nouvel arrivant revient une deuxième, il lui est proposé d’adhérer pour 10 euros par an. Le montant de l’adhésion est volontairement bas pour ne pas pénaliser ceux qui ont des difficultés financières.

Depuis quand l’association existe-t-elle? Quel y est votre meilleur souvenir?

Jeunes Séropotes Paris existe depuis janvier 2006. Mon souvenir le plus fort (peut-être pas le meilleur) est ma première fois à l’Apéropotes, la peur au ventre, l’angoisse d’être reconnu et outé. Très rapidement, mes craintes se sont dissipées et j’ai vite senti que cette association et ses membres allaient être importants dans ma vie. J’ai attendu avec impatience le deuxième Apéropotes pour pouvoir adhérer. Depuis, j’ai été présent très régulièrement, impliqué en tant que membre du CA depuis 2009 et co-président depuis janvier 2012. Mon meilleur souvenir est probablement le premier week-end de ressourcement auquel j’ai participé car j’ai adoré l’ambiance joyeuse, l’esprit de communauté, l’auto-support et surtout j’ai appris à mieux connaître les autres membres présents et des liens très forts se sont créés avec certains.

Quelles difficultés rencontrez-vous au quotidien?CharJSP2

Nos principales difficultés sont d’ordre financières. Les week-ends de ressourcement sont financés aux trois-quarts sur les fonds de l’asso. Il nous faut donc régulièrement organiser des opérations de collecte de fonds qui demandent beaucoup de temps et d’énergie. Ainsi, nous organisons une ou deux fois par an des tea-dance au Tango et nous avons bénéficié des recettes (intégrales ou partielles) d’événements organisés par exemple par Flag !, le bar Le Mange-Disque, les Popingays…

Qu’avez-vous envie de dire aux lecteurs de TÊTU.com?

Aux lecteurs de TÊTU séropositifs, j’aimerais dire que Jeunes Séropotes Paris existe et qu’ils peuvent nous rejoindre s’ils ressentent le besoin de sortir de l’isolement, de rencontrer d’autres gays séropositifs comme eux, d’échanger et de se faire de nouveaux amis. Quant aux lecteurs séronégatifs, j’espère qu’en lisant cet interview, ils comprendront que les séropos sont comme eux, qu’ils ont envie de vivre, de s’amuser et que s’ils se réunissent aux sein d’une association comme la nôtre, c’est aussi parce qu’il se sentent parfois isolés dans une communauté au sein de la communauté et qu’ils souffrent de la sérophobie encore trop présente, même à Paris où le pourcentage de séropositifs est pourtant très élevé.

3 commentaires

Autant je salue l’initiative de cette association autant je trouve que la forme laisse à désirer :
Je veux pas chipoter mais j’ai du mal à comprendre le “entre séropositifs ayant été contaminés après l’arrivée des trithérapies”. Serait-il possible de savoir pourquoi ? Parce ça me choque un peu à vrai dire :/ J’aurais compris “entre jeunes séropositifs” mais ça je comprend pas.

Écrit par Anon le 9 juin 2012 à 21:01

Dès sa création, le but de l’asso était de faire se rencontrer des séropositifs ayant un vécu similaire de la maladie. En effet, il est plus facile de créer des liens, de la convivialité mais aussi de l’auto-support si les membres vivent une expérience relativement proche. La limite d’âge arbitraire de 40 servait à cela mais nous l’avons supprimé en 2011 car de plus en plus de quadragénaires deviennent séropositifs et se posent les mêmes questions que des séropositifs plus jeunes qu’eux (et non pas les questions que se posent les séropositifs de la première génération ayant le même âge qu’eux).
Il est indéniable que les séropositifs de la première génération, ceux qui ont connu les années noires de l’épidémie n’ont absolument pas le même vécu que ceux qui ont été contaminés après l’arrivée des trithérapies. Un des buts de l’asso est de dédramatiser la séropositivité, montrer que l’on peut vivre correctement si on suit bien son traitement, qu’on n’est pas marqué physiquement, etc. Les séropositifs plus âgés n’ont absolument pas le même rapport avec le VIH que nous, eux qui ont perdu beaucoup de proches, qui ont été marqué physiquement par les premiers traitements, etc.
Cependant, nous sommes en contact régulier avec des séropositifs de la première génération (l’asso a organisé une rencontre avec Bernard Sellier, par exemple) ou des associations qui ont connu les années 80 (comme les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence) afin de rappeler à nos membres ce qu’a été le VIH il y a à peine 30 ans. Le devoir de mémoire est très important pour JSP mais l’homogénéité du groupe est primordiale pour son bon fonctionnement.
@Anon, j’espère avoir répondu à ta question.

Écrit par Eric le 10 juin 2012 à 15:28

Merci de cette réponse :) N’étant pas séropositif (séropositive d’ailleurs) et n’ayant pas d’entourage séropositif je n’ai pas une très bonne connaissance de la maladie et de son histoire mais cette réponse me satisfait.
Je trouve que votre organisation est une excellente idée et je vous souhaite de réussir et de fédérer le plus possible autour de vous.

Bonne continuation :)

Écrit par Anon le 12 juin 2012 à 20:53

Réagissez