
- Par Barbie |
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Je contemple une fissure au plafond, puis je me passionne par le parcours chaotique d’une coccinelle qui prend un virage risqué, elle perd l’équilibre et tombe dans le vide, je soupire… alors je me lève et propose à ma nouvelle butch : « Et si on faisait autre chose ? »
Elle lève la tête : « Barbie qu’est ce qui ne va pas là ?
J’esquive sa question et insiste : « On pourrait prendre la voiture et monter au Salève, je vais préparer un panier pique-nique…L’air est si pur là haut et la visibilité des étoiles à cet heure-ci est optimale, qui sait, si on a du bol on pourrait même apercevoir des ovnis ! »
Sous ses yeux médusés je commence à me rhabiller en lui disant : « Je vais faire quelques sandwichs au roastbeef, des œufs durs, des chips, ok?»
Elle se lève à son tour et hurle : « Stop ! Non mais c’est une blague là ? On était bien toutes les deux, on partageait un moment de tendresse et tout d’un coup tu pars en vrille ?
Moi haussant les épaules : «Non ! C’est juste que…Je trouve que le sexe entre filles… c’est interminaaaable ! »
Elle demande sur la défensive : « C’est parce que ce moi ? Ou ça t’arrive souvent ?

«Non, c’est toujours comme ça, je t’avais prévenue que les histoires de galipettes me passent au dessus de la tête ! »
Elle s’assoit sur un coin du lit, l’air confus elle marmonne : «Il faudrait aller consulter »
Moi, railleuse : « Quoi un psy ? Sache, qu’il n’a pas de névrose qui ne soit pleinement assumée et bien vécue chez Barbie ! »
Ma butch s’est mise à bouder, moi j’ai versé une larme de crocodile…attendrie elle est soudain d’accord pour sortir : « En route vers le Salève au milieu de la nuit, de l’air frais ça va nous faire du bien, tu verras ! »
Une fois arrivées sur place, j’ai sauté de la voiture, qui était encore en marche, provoquant ainsi quelques hurlements de sa part, mais je me trémoussais déjà en essayant d’étaler une grande nappe à carreaux sur l’herbe, nappe qui s’enroulait autour de moi à cause de la bise à déraciner les arbres qui soufflait à cette altitude.
Elle est sortie grelottante de la voiture : « Barbie écoute, il est 3h du mat et il fait trop froid là »
« Mais qu’est ce que tu racontes ? Il fait une nuit magnifique ! » Au moment où je finissais ma phrase, le ciel noir fût lacéré par un effrayant éclair qui est venu percuter un panneau en bois qui prît feu aussitôt…je me suis exclamé enthousiasmée : « Oh un buisson ardent comme dans la Bible ! C’est trop chouette !

Voyant que j’étais emmaillotée comme un rouleau de printemps dans la foutue nappe, ma butch m’a soulevée et m’a introduit de force dans la voiture pendant que je protestais bruyamment : « Non mais attends ! Il y a probablement un vieux mec avec une barbe blanche qui va se pointer, pour nous apporter de tablettes en pierre, et tu veux louper ça ? Tu n’es qu’une couille molle, va ! » 
Notre liaison express s’est terminée aussitôt qu’elle avait commencé !



Il y a déjà quelque temps, je suis allée en Suisse allemande… (Dans un des coins les plus extrêmes) à Saint-Gall dans une auguste communauté de bonnes sœurs qui séjournent dans une sorte de vieille bâtisse médiévale…sans confort…sans internet, sans décodeur…mais où j’ai passé des nuits exaltantes à m’abreuver de sang de veille fille revêche (nectar parmi les nectars)
«Pour te revigorer, rien de mieux que des femmes dans ton propre état » m’avait dit ce vieux prêtre il y a tellement longtemps…ancienne recette égyptienne millénaire à laquelle je n’accordais plus de crédit…et pourtant !
C’était un défit pour le mental mais reposant pour le physique (j’ai toujours été chétive et fainéante) et puis c’est rassurant quelque part de constater, que les craintes, l’hypocrisie et les dogmes des anciens temps, sont toujours aussi vivants mais tout aussi destructibles !
La tentation…l’éternelle partie d’échecs entre ces deux timbrés : Dieu et le diable, le bien et le mal et toutes ses métaphores…
En tout cas, à tous les niveaux de leur hiérarchie, depuis la novice zélée jusqu’à la mère supérieure, elles sont toutes passées entre mes canines, non sans m’avoir manifesté des lourds reproches : Avant, pendant et après…
Je me rappelle encore de leurs mines effarées quand elles m’ont vue débarquer pour la première fois, à trois heures du matin, par une nuit d’intense pluie, avec l’excuse que ma voiture (imaginaire) était tombée en panne au bord d’une route de compagne boueuse, pas loin de leur couvent…elles m’ont alors offert, bien entendu, leur humble hospitalité.
Je me suis retrouvée allongée dans une austère cellule où les draps du lit sentaient le savon de Marseille et étaient tout aussi rêches que du papier de verre…quand à la chemise de nuit qu’elles m’ont prêtée…elle était si amidonnée, que j’ai gardé mes frêles bras en l’air le reste de la nuit.
Au moment ou je commençais à m’assoupir, enivrée par l’odeur de la dernière bougie vacillante qui venait de s’éteindre, c’est-à-dire vers 6h du matin, la dénommée Doris est rentrée dans « ma cellule » toute affolée, pour m’annoncer que ma voiture avait été volée… « Quelle voiture ? » Me suis-je exclamé…
Evidement j’ai dû encore ré-effacer cette remarque de sa mémoire.
Alors elle a dit en levant les yeux au ciel : « Oui le Seigneur vous a mise sur nôtre route sûrement pour une bonne raison »…


J’ai passé les jours suivants à tester mes anciens « tours de magie », je faisais pousser des fleurs dans leur jardin, faisait apparaître d’étonnantes variétés de papillons et autres attrape-nigauds, comme nous autres immortels savons si bien faire…évidement elles ont commencé à associer ma présence dans les lieux avec tous ces petits « miracles de la nature » pendant ce temps, pendant la nuit, j’en croquais une ou deux…je les visitais dans leur cellule, parfois j’avais des mauvaises surprises, hélas de nos jours, dans un couvent, il n’y a pas que des âmes pures, certaines avaient déjà « quelques heures de vol » au compteur mais à peine la première gorgée de sang prise…je m’apercevais tout de suite de « l’arnaque » et recrachais aussitôt l’infâme breuvage.
Certaines évoquaient, le lendemain, des cauchemars et des nuits agitées pendant que moi, prétextant une allergie solaire, restait confinée mais gavée dans la fraîcheur de ma cellule.
Oui, ce séjour à Saint-Gall restera totalement, un plaisant souvenir dans ma mémoire, j’ai dû arrêter quand leurs marques de dégradation physique ont été trop visibles…Alors j’ai dû me maîtriser et stopper direct mes grignotages ! 




J’avance avec une démarche quasi militaire, plongée dans mes pensées, zigzagant parmi la foule du centre ville, traversant les passages piétons comme une flèche, échappant aux badauds, je traverse la rue du Rhône en un clin d’œil…quand tout d’un coup, deux blocs monolithiques me barrent la route…je lève un regard glauque vers les deux spécimens qui m’adressent la parole pour me poser une question incongrue.
Il s’agit de la variante « crétin à bonnet » (Cretinius Minus) le plus grand des deux me demande :
« Eh Madame…tu n’aurais pas des feuilles ? »
Tentant de maîtriser ma colère je lui demande d’un air mauvais : « Franchement mec…est-ce que j’ai une tête à avoir des feuilles ? »
Il m’observe à travers un nuage de substances dont je n’arrive pas à identifier la composition et ceci malgré mon odorat digne d’une meute d’épagneuls bretons…je suppose qu’il doit mater mon petit tailleur en Tweed, mon collier de perles, mes petits escarpins vernis…une fois qu’il m’a passée au scanner d’un un air enjoué il propose : « On ne sait jamais… je vois que Madame est de la haute…et bien j’ai de trucs classe pour faire la teufe…Je peux te proposer de la coco si tu veux…
L’autre qui l’accompagne, lance des coups d’œil nerveux autour de lui et s’exclame : « Je crois que cette meuf est en train d’émettre un sacré paquet de mauvaises vibrations…elle a quelque chose d’inquiétant…tirons nous d’ici ! »
Apparemment ce dernier est « narcosé » mais extralucide …me suis-je dit mais je perds patience et je décide de parler dans leur langue (le cretinius minus) pour bien me faire comprendre, je leur balance sans prévenir :
« Ecoutez-moi bien, sachez que les coups des genoux et les balles perdues sont gratuits à partir de 17h alors ôtez-vous de mon chemin avant que je m’énerve… je suis dans mes mauvais jours et un rien peut me faire péter les plombs »
Alors ils s’exclament à l’unisson : « Du respect Madame ! Calme-toi ! Nous voulions juste te proposer nos services de livraison »
Je commence déjà à caresser ma panoplie de Calamity Jane au fond de mon sac à main quand soudain une voiture de police passe à proximité, lentement …les « cretinius minus » se figent comme des statues de sel… avant de tourner les talons je leur balance : “C’est votre jour de chance les mecs ! Ce n’est pas tous les jours qu’on croise une graine de psychopathe sur pattes en tailleur Chanel et qu’on peut s’en tirer comme une fleur ! “




Petite robe mauve…collier de perles…mise en plis impeccable, je suis dans un cocktail…tout se déroule comme du papier à musique, tout est lisse et parfait…je souris, je minaude puis soudainement tout se gâte… comme toujours une femme bien intentionnée finit par me poser la question qui me hante : « Que faites vous dans la vie ???
Seigneur ! Si seulement je pouvais répondre librement et spontanément à cette question…je pourrais lever un sourcil aussi haut qu’il semblerait se décoller de mon front et s’envoler comme un papillon ! Puis je prendrais un air détaché et froid comme Catherine Deneuve dans «Les prédateurs» pour m’entendre répondre : «Je suis une oisive…mon temps m’appartient»
Mais hélas la réalité est tout autre et dans ce genre de moment critique, trois possibilités s’offrent à moi… jongler entre deux mensonges ou raconter mon incroyable vérité :
1erè hypothèse : Moi dans la vie ? Euh et bien cela fait douze ans que j’essaie de «fusionner» avec l’Univers et dans ce noble but j’ai parcouru l’Inde avec un sac à dos… j’ai donc atteint l’illumination et ainsi réussis à ouvrir tous mes chackras…
Mon interlocutrice affiche un air médusée…mon look me trahit pourtant…c’est vrai qu’avec mes bijoux et mon teint blafard de vampire, on me prendrait plutôt par une hongroise excentrique qui séjournerait dans des palaces et voyagerait toujours avec une énorme malle Vuitton qui lui servirait de cercueil… c’est évident !

2ème hypothèse: C’est top secret, pendant douze ans j’ai été cobaye pour la NASA…ils ont fait des tests sur moi…ils m’ont relâchée depuis peu…je suis faible mais encore valide…je cherche un emploi… maintenant je suis prête à travailler 18 heures par jour ainsi qu’à être sous-payée…vous avez du travail pour moi ???


Je demande ça avec un air désemparé genre « Bambi qui a perdu sa maman »…j’arrondis les yeux et verse une larme.
Cette fois mon interlocutrice est sous le choc…je la vois… se « ratatiner » de l’intérieur.
3ème hypothèse : Ce que je fais dans la vie ? Et bien il y a douze ans j’ai été licenciée pour avoir fait mon Coming Out sur mon lieu du travail ! La raison officielle étant « incompatibilité d’humeur »…mes compétences professionnelles n’étaient pas mises en cause !Ensuite ça a été le boycott aux mauvaises références partout…Donc j’ai déposé plainte contre mon ancien employeur au Prud’hommes… après on est allés en Cour d’appel puis au Tribunal Fédéral, où j’ai enfin obtenu gain de cause et l’affaire a fait jurisprudence et ça a même passé dans les journaux !
Là j’ai atteint ma cible…je sens que mon interlocutrice préfèrerait se pendre ou s’immoler par le feu…plutôt que de continuer à entendre mon discours…
Pourtant c’est la 3ème hypothèse qui est la bonne !
Mais allez savoir pourquoi ? Les gens, dans un cocktail, préfèrent croire les deux premières hypothèses…elles sont moins tragiques !




« Encore une bague ? »
« Tu ne l’aimes pas ? »
« Mais siiii mais j’en ai plein ! »
« Tu veux un collier ? Un bracelet ? Une broche ?
« En fait…Je voulais un Colt de fabrication israélienne avec la crosse plaquée or…c’est possible ????? »




C’est avec une certaine insouciance et transportée par une joie presque enfantine que je me suis lancée un jour à écrire une petite annonce sur Internet…
Jeune femme, sophistiquée et coquette, un brin capricieuse, étant souvent maniaque, entêtée et névrosée… cherche son âme sœur.
Autodidacte, misanthrope et d’une vénalité révoltante, elle est pourtant capable d’éprouver un sentiment sincère…violent même ! Qui la transforme alors en un véritable pot de colle.
Elle déteste dormir (c’est une perte de temps) et manger (c’est une corvée) néanmoins elle consent volontiers à faire de la « figuration » dans un lit ou à table si elle y est obligée.
(Camionneuses bienvenues) féminines, mauviettes et fauchées s’abstenir !
De grâce ! Pourquoi ne pourrait-on pas se limiter à raconter la vérité et rien d’autre !
Je suis au salon de thé de l’hôtel des Bergues…pour mon premier rendez vous avec ma future victime, je dois faire un casting !
Ambiance feutrée, petite mélodie larmoyante comme bande sonore, je sirote mon Coca les yeux rivés vers la porte d’entrée.
Deux minutes plus tard je vois approcher timidement une femme très grande qui me regarde intensément, elle a la mâchoire qui se décroche tellement qu’à un moment donné j’ai peur qu’elle ne soit en train de me faire une crampe nerveuse…
Je me lève d’un bond et la conduis à sa chaise afin de lui éviter une chute fatale.
Un ange passe…puis je décide d’entamer la conversation voyant que son « état de transe » est loin de disparaître… au bout d’un moment elle réussit tout de même à articuler et s’exclame :
« Oh Barbie mais t’es vraiment comment ça, c’est incroyable ! Avec tous ces gens qui mentent sur Internet c’est si rare de rencontrer quelqu’un de sincère ! »
Je déclare d’un un ton solennel « Je suis cash moi » Evidement elle ne se doute pas à quel point !
Assise en face de moi, les yeux ronds comme des billes, elle m’étudie minutieusement comme si j’étais un sujet digne d’un documentaire du « National Geographic » puis elle me confie imprudemment :
« Tu sais, mon ex copine est partie… et m’a volé toutes mes économies ! »
Tiens, m’aurait-elle percé à jour ? En un instant elle vient de réduire à néant mes plus beaux espoirs !
Je lève les yeux au ciel tout en me demandant intérieurement:
Pourquoi je trébuche toujours sur des coffrets -forts déjà ouverts et vidés ? C’est comme les tombeaux de la Vallée des Rois d’Egypte, ils ont tous étés visités et pillés depuis longtemps !
Elle capte tout d’un coup le paquet des mauvaises ondes que je viens d’émettre… et se rétracte aussitôt comme un escargot dans sa coquille.
Nous voilà bien avancées !




Que diantre ! Une allusion limpide et directe, a toujours « désarmé » mes détracteurs : Oui, il se pourrait que je sois une créature éternelle qui traverse les siècles et qui défie l’entendement rationnel de la nature…et si c’était le cas, où est le problème ?
Je tiens à préciser que tous les êtres de mon espèce sont accablés, depuis longtemps, par une mauvaise interprétation historique des certaines frasques de nos ancêtres, surtout celles d’un fameux « Vlad Tepès » prince de Transylvanie, qu’on a vite fait de stigmatiser à cause de quelques têtes tranchées, ça et là dans un excès de fureur et de patriotisme ! Quelle injustice car le pauvre bougre ne faisait que son boulot de guerrier, en défendant son territoire contre l’envahisseur ottoman ! Quoi de plus banal dans ces temps là !
Et puis comme la génétique fait souvent des blagues…deux siècles plus tard, une de ses descendantes (en fait, une de mes très lointaines cousines) a remis une couche ; la princesse Erszebeth Báthory, s’est fait arrêter en Hongrie, puis enfermer à Vienne, à cause de sa fâcheuse tendance à prendre des bains de sang…après avoir grignoté quelques serviteurs dans son château !

Mais je me demande… pouvait-on la blâmer vraiment pour ça ? Après tous ces mariages consanguins dans la noblesse de l’époque, il n’était pas surprenant de développer quelques petits « égarements »… un rien affolants certes! Et si l’on ajoute à ça quelques pathologies physiques bien réelles (déficit en globules rouges, intolérance à la lumière du soleil, puis rétraction des gencives faisant paraître les ratiches plus longues) nous avons là, un tableau clinique bien précis et un portrait robot fidèle à la malheureuse !
Hélas quelle piètre réputation dans l’inconscient collectif ! Pourtant, mise à part quelques dérives de temps en temps…comme le vampire assassin de Düsseldorf (en réalité il s’agissait d’un pauvre humain qui avait craqué nerveusement) je tiens à vous signaler que tous ceux de nôtre espèce, ont habituellement, un comportement discret et « avenant », se contentant de quelques assauts bien mesurés à des carotides sans surveillance, uniquement quand la soif nous tenaille.
Rassurez-vous, cela n’entraîne que rarement la mort…
C’est justement tout ceci que j’essayé d’expliquer de façon calme et cohérente, aux archéologues paniqués qui m’ont retrouvée « assoupie » à l’intérieur d’un sarcophage égyptien, au département des antiquités du Musée d’Art et d’histoire…il y des longues années de ça.
Mais peine perdue ! Ces ignares n’ont rien voulu comprendre, alors contrainte et forcée, j’ai dû me résoudre à les expédier en enfer !





1) Ayez toujours l’air ennuyé sans pour autant avoir l’air triste et matez votre cible discrètement.

2) Si elle vous interpelle ou quelqu’un vous la présente, feignez une indifférence décontractée.
3) Parlez-lui (pour soulager vos angoisses) de détails « repoussoirs » vous concernant : Crises de tétanie à heures fixes, phobie des animaux, obsession avec l’au-delà (très efficace cette dernière)
4) Vantez-vous de vos nombreuses conquêtes et ceci malgré les rumeurs insistantes de « froideur » qui courent sur votre compte.
5) Dans l’hypothèse incongrue, ou la victime évoquerait malgré tout, la possibilité d’obtenir un rendez-vous, soyez intarissable sur un sujet en particulier : Ovnis, histoire de couvents aux moyen-âge, vampires… attention ! Ce dernier sujet peut donner des « faux espoirs » à la cible en question.
6) Montrez-vous, pendant toute la soirée, capricieuse et d’humeur changeante, puis à sa grande surprise, invitez-là pour un dernier verre chez vous.
7) A peine le seuil de la porte passé, faites-lui retirer ses chaussures et faites-la marcher sur les mains dans le but de ne pas souiller votre impeccable parquet.
8) Ordonnez-lui de s’asseoir sur un fauteuil en particulier et pas ailleurs ! Donnez-lui un verre avec un sous-verre en dentelle et surveillez attentivement, ses moindres faits et gestes…et surtout pas des biscuits apéro (risque de miettes)
9) Passez-lui un film d’auteur en noir et blanc….avec de sous-titres…et protestez bruyamment si elle ose montrer le moindre signe d’ennui ou d’accablement.
10) Déshabillez-vous dans le but de la réveiller si jamais elle s’est 
assoupie devant votre télé…mais une fois qu’elle aura ses
mirettes bien fringantes, prétextez une fulgurante migraine et
jetez-là dehors sans ménagement.
Il y a des chances pour qu’elle ne vous rappelle jamais mais au moins, vous vous serez donné le luxe de « saboter royalement » une histoire naissante, qui comme toujours, serait devenue foireuse avec le temps ! Autant tuer l’embryon dans l’œuf non ?




Exceptionnellement je voudrais parler de mes « rares » amours masculines…enfin…comme Candy (qui était amoureuse d’un prince charmant qui ressemblait à une fille) ou la Schtroumpfette, qui traînait toujours avec le seul Schtroumpf qui portait une fleur sur son chapeau et contemplait son reflet inlassablement dans un miroir.
Phénomène maintes fois observé : dans une soirée à l’éclairage douteux, au milieu d’un millier d’âmes, le garçon le plus extravagant et efféminé de la fête me repérera toujours !
Quant à moi, je le verrai, comme une cible brillante au milieu de l’obscurité…comme si un mystérieux radar nous téléguidait l’un vers l’autre, un peu comme des tournesols s’orientant à l’unisson, vers une seule source de lumière possible
A l’une de mes dernières soirées, c’est donc sans surprise, que j’ai constaté, qu’un garçon très maniéré et avec un accoutrement digne du film « Priscilla, folle du désert » s’avançait vers moi, avec une lueur particulière dans ses yeux.
Animée par le même sentiment de fascination, je me suis avancée vers lui.
Mais à ma grande surprise il me demande en me prenant dans ses bras : « Oh Barbie, comment vas-tu depuis tout ce temps ? »![]()
Tiens, l’aurais-je déjà dragué dans une vie antérieure ? Car je suis sûre qu’au cours de mes nombreuses réincarnations, j’ai toujours gardé les mêmes goûts bizarres…mais non ! Il s’explique : « Darling, tu ne te rappelles pas de moi ? On s’est croisés une fois au Martins…à Barcelone en 1996 ! C’est moi, Horacio ! »
Puis en me contemplant de haut en bas, il s’exclame : « C’est dingue, tu n’as pas changée ! Même pas d’un cil ! » Il soulève, d’un geste habile et rapide, mes cheveux, à la recherche d’hypothétiques traces de lifting derrière les oreilles, mais comme il ne trouve rien il s’écrie : « Mais c’est quoi ton secret ? »
Je réponds: « Je dors dans de la naphtaline et je bois du sang »… » En s’extasiant il applaudit et hurle : « Mais c’est fabuleux darling !»![]()
S’ensuit une interminable litanie de compliments, j’essaie de me cramponner à la réalité mais mon égo s’envole et dépasse la couche d’ozone, haletante je commence à mon tour à le complimenter…nous nous retrouvons vite, plongés au cœur d’un « nuage d’idolâtrie gluante » c’est alors que brusquement nous tombons à genoux en nous jurant un amour éternel…fâcheuse situation… vous en conviendrez ! Il est gay, moi aussi, pourtant nous nous embrassons tendrement au milieu d’un océan de yeux écarquillés.
Telles des victimes consentantes et béates…nous marchons, main dans la main, vers l’échafaud.
Nous devenons alors deux maladroites particules ayant la même charge électrique…qui tentent de défier les lois de la physique et du bon sens …mais que voulez-vous ? J’ai toujours eu le chic pour les histoires dysfonctionnelles
.
