Un arc-en-ciel et du kaki

Un militaire, des militaires... Des histoires différentes...

Ouvert… Oui, mais ?

J’ai pu remarquer au fils de mes différents envois sur ce blog que tout le monde a vécu quelques choses de différents avec son homosexualité dans l’armée.

Un nouvel exemple aujourd’hui, où effectivement, pas de soucis pour se faire accepter dans ce monde, mais qui pose encore la question de l’acceptation totale.

Je suis Officier Marinier dans la Marine depuis 4 ans.

Mon homosexualité au sein de l’armée se passe très bien … Du moins avec mes collègues.
J’occupe un poste à terre et mes préférences sexuelles ne sont un secret pour personne ici. Les gens l’ont très bien pris, je n’ai pas eu de mauvaises réactions, au contraire.
Je suis de toute façon pacsé avec un autre militaire également Marin, donc dur de cacher sa situation quand celle-ci est administrativement déclarée à l’armée.
Je ne pouvais pas cacher l’identité de mon conjoint très longtemps, et toute façon je n’en avais pas l’intention.

Là où se pose un problème, c’est que l’armée a décidé de ne reconnaître le pacse au bout de 2 ans seulement … Certes sur les papiers je suis pacsé, mais je dois attendre ces fameux deux ans afin de pouvoir toucher la prime monétaire attribuée aux personnes en couple déclaré. Même si cela est injuste, on se fait une raison.
En revanche, je suis ce qu’on appelle “célibataire géographique”, c’est à dire que je vis à un distance éloignée de mon conjoint et de notre habitation. Et voilà donc où règne l’injustice.
Je viens d’apprendre ma prolongation dans la région où je travaille, alors que j’avais demandé à me rapprocher de mon ami. Alors les questions que je me pose c’est “Est-ce que j’aurais eu droit à ma mutation si l’on étiez un couple hétéro marié ?” …

Tout ça pour montrer que l’homosexualité dans l’armée à ses barrières.
Après, comme je l’explique plus haut, au sein de mon poste, tout se passe très bien. Je ne dis pas que ça sera le cas dans mes futures affectations, mais je pense que les militaires restent des gens humains, on tombera forcément sur des personnes très tolérantes et d’autres qui ne le sont pas du tout …
Je suis fier d’être militaire, fier d’être marin et j’assume mon homosexualité ! Alors pourquoi s’en cacher auprès des collègues ?!? Laissons parler les cons …
J’estime que mon homosexualité de fait pas de moi quelqu’un de moins compétent dans mon travail !

XOXO

Quelques réactions…

Oeuvre de Pierre et Gilles (http://www.un-chemin-d-acceptation-de-soi.com)

… Effectivement je ne suis pas tout seul, et bien heureusement.
J’ai reçu plusieurs réponses suite à mon dernier message, et j’ose espérer que ça ne seront pas les dernières. Chaque expérience est différente et les faire partager permettra peut être de faire découvrir ce milieu si fermé que celui dans lequel nous évoluons tous les jours.

Si vous souhaitez vous exprimer librement par ici, un petit mail à l’adresse suivante : eternael@live.fr.

Etant moi-même un marin gay, sous off, et servant depuis plus de 15 ans, je me permets de te faire part de mon expérience. Au début de ma carrière je réagissais comme toi, restant dans le placard, surtout que je n’ai fait que des unités embarquées uniquement masculines. Ce n’est que vers mes fins d’affectation, connaissant beaucoup mieux mes camarades et leurs valeurs, que je faisais mon coming out (un peu lâche, il est vrai, vu que je débarquais). Cela a été plus intense pour ma dernière unité embarquée, il y a de cela 5 ans, puisque j’étais alors chef de section et j’avais des jeunes de 19 ans sous mes ordres. Mais là encore, aucune mauvaise réaction.
Affecté depuis 2010 sur un poste OTAN à l’étranger, j’ai décidé cette fois-ci de prendre le taureau par les cornes et faire mon coming out dès mon arrivée. Il est vrai que l’OTAN est un monde très diplomate, je ne risquais donc pas trop de me faire débarquer ou lunché. Mais j’ai quand même pu faire évoluer les mentalités notamment auprès des autres nations qui évidemment avaient également des gays dans le placard et qui n’osaient pas sortir (je pense évidemment aux américains ici). Maintenant plusieurs ont clairement affiché leur homosexualité et j’ai même pu faire engager mon partenaire sur la base sur un poste réservé aux conjoints.
En conclusion, il faut avoir confiance aux gens qui t’entourent et que tu apprécies, Il y aura toujours des cons mais à terme, on essaye tous de faire avancer les choses et si possible dans le bon sens.
Ron

Ainsi qu’un second témoignage :

Bonjour j’ai vu votre message sur têtu par rapport aux gays dans l’armée alors voilà c’est vrai que je n’ai jamais vraiment ose en parler mais bon il faut bien une première fois a tout. Donc je me présente je suis un jeune sous officier de 22 ans engage dans les forces sous-marines de la marine française donc autant vous dire milieu assez macho du fait que les filles sont interdites a bord!!! Du point de vue du coming out, il est fait ! Autant dans la famille que au boulot. Dans la famille tout ce passe très bien par contre au boulot c’est pas la joie !!! Depuis l’annonce de mon homosexualité le contact avec les autres est l’on va dire assez complique. Je ne peux plus trop les approche le moindre contact les insupportent, les railleries verbales vont de bon train, et dans les vestiaires j’en parle même pas malgré tout il y a toujours des personnes très ouvertes d’esprit et compréhensives qui m’ont permis d’avoir un très bon groupe d’amis!!! Donc voilà les gens sont encore assez réticent envers l’homosexualité surtout dans le milieu militaire !!! Personnellement je m’apprête a partir pour 4mois de mission pendant laquelle je serais enferme pendant 4 mois a 300 m sous l’eau avec 70 autres marins de tout âges !!!!! Cordialement N.T
Oui la marée dernier il n’était pas officiellement au courant même si mon patron avait déjà des gros doute mais bon je le vit bien je suis qd mm serein par exemple la je suis dans la chambre en train de lire le têtu février et mes pote me laisse trankil donc c cool

XOXO

Et si je n’étais pas tout seul…

J’en suis même sur…
Et je suis également persuadé que nombreux sont ceux qui aimeraient s’exprimer mais qui ne l’osent pas, qui n’expriment pas tout ce qu’ils peuvent ressentir lorsqu’ils sont ainsi déployés dans des conditions difficiles, ou même un peu moins mais dans un environnement machiste à souhait…

Alors si vous souhaitez un espace d’expression, je vous invite à me contacter ici via ce blog, et votre vécu pourra surement aider quelqu’un a surmonter l’épreuve que cela peut être…

Pour me contacter : eternael@live.fr

Bien entendu, vos choix seront tout à fait respectés, et votre texte sera mis comme vous me le ferez parvenir, avec ou sans image…

Pour ma part, je repars bientôt en mission… Ce sera l’occasion de comparer ce nouvel environnement par rapport à l’Afghanistan !

A bientôt !

XO

Se réadapter en rentrant…

La mission est une chose, ce n’est pas évident, c’est un fait. Il faut s’adapter à la vie sur place, il faut réprimer les sentiments qui peuvent apparaitre au bout de plusieurs mois de proximité, il faut aussi conserver ceux qui existaient avant d’arriver et qu’il faudra faire ressurgir au retour. Des exemples d’adaptations, on peut en donner plein, mais ce n’était en fait rien par rapport à ce qui m’attendais à mon retour.

Le retour… Tout le monde pense immédiatement que ça va être l’explosion de joie, on va retrouver ceux qu’on aime, nos parents, nos familles, nos amis, notre petit ami, …
1101-gay-marriage-new-hampshire_weAlors c’est vrai, on explose de joie quand cela arrive.. La famille ce fut énorme, la surprise de mon retour quelques jours plus tôt fut un évènement qui restera à jamais dans nos esprits…
Les amis, enfin ceux que l’on peut encore conserver en étant plus de 90% du temps à l’étranger, ça fait un bien fou.
Le petit ami, c’est la que c’est le plus difficile…

Il faut se replacer dans le contexte de presque un an de mission à l’étranger, ce qui a prévalu pour moi, c’est cacher qui je suis, me faire passer pour quelqu’un que je ne suis pas, ou pas vraiment… S’inventer une nouvelle vérité, transformer la vie quotidienne en quelques choses que l’on peut raconter à tout le monde.
On finirait presque par croire ce que l’on raconte.
Et puis on revient, on sait que cette fois, on devrait rester un bon moment pour enfin profiter de l’amour que l’on a tant voulu conserver en étant aussi loin.
Et paf, on se rend compte en rentrant qu’en fait, ce n’est plus ce que l’on attend, on a envie de découvrir d’autres choses…
Bref on n’arrive pas à se replacer dans notre contexte de couple qui, avec ses hauts et ses bas, nous comblait tant.
On s’y accroche pourtant, on essaie de se rapprocher, de se redécouvrir… Laissons passer les deux premières semaines, peut être que ce n’est qu’un sentiment passager, et qu’il faut en réaliter simplement que je retombe sur mes pieds et surtout que ma tête et mon coeur se remettent à fonctionner comme avant.

Et voila, ce retour n’aura pas été le plus facile… En réalité, partir aussi loin, et vivre à fond une mission, a transformer radicalement mes attentes.
La pire des choses étant que l’on ne peut s’en rendre compte qu’une fois de retour en France, avant on a toujours l’impression que tout sera exactement la même chose et que la vie nous a attendu…

Alors, passager comme sentiment ? ou changement profond et définitif ?

Jean-Yves

PS : Je vous souhaite à tous une très joyeuse nouvelle année ! J’espère qu’elle apportera tout ce que vous avez toujours voulu !

L’acceptation de façade…

J’ai eu l’occasion de rencontrer des gens extraordinaires et très ouverts, qui du coup ont, soit compris, soit demandé, et l’ont très bien accepté.
Mais j’ai eu aussi l’autre côté de la question, ceux qui ne sont pas ouverts, et qui heureusement n’ont pas compris, ni demandé.

C’est vraiment un monde à part, que celui de militaire en opération extérieure. Vivre 24h sur 24 avec les mêmes personnes, sans réelle coupure. Et encore, ne nous plaignons pas, ici nous avions tout le confort nécessaire pour que tout se passe pour pour le mieux. Des chambres de deux ou trois, du chauffage, des sanitaires et des douches en dur… Ah oui les douches, qu’en dire ?douches-1 C’est un endroit qui ferait fantasmer beaucoup de monde, pour moi, ce n’était qu’un endroit de plus où il ne fallait surtout rien montrer.
Je ne sais pas comment aurait réagi la plupart des militaires qui se mettent à nu tous les matins en même temps que moi.
Avec ce qui s’entend ici et là, on ne peut que se poser la question, les réactions sont souvent dures, parfois virulentes.
Avec cette exemple des douches, voilà ce que j’ai pu ressentir ici pendant les 6 mois: une acceptation de façade tant que ça ne se présente pas directement à eux.

C’est tellement plus facile, tant que c’est loin, pas de souci…

Il y eut aussi des gens qui ont fait évoluer mon ressenti, en positif s’il vous plait. Des gens qui ont su me dire, “oui tu es homo, et alors! ça fait de toi quelqu’un de différent ? Non ? Bon alors !”.
Imaginez ma réaction, après avoir entendu cela, au bout de 5 mois de crainte qu’on découvre qui je suis, ce que je ressens. Une joie immense.

Cependant, les personnes avec qui je passe le plus clair de mon temps, elles, n’ont pas changé. Elles ne savent pas.
Et, au détour d’un jeu de carte, ou d’une émission de télé, les réactions fusent. “J’suis pas un pd moi !” “Oh cette tafiole ! Enculé de pd”. J’en passe et des meilleures.
A croire que cette expression est devenue tellement courante que tout le monde s’en sert.
Moi je pense plutôt que cela démontre aussi ce que j’ai exprimé un peu plus haut, acceptons les homos en surface, et rejetons-les dès que ça nous touchera.. Et surtout ne le montrons pas, donc autant se servir de ses expressions et enfoncer le clou.

Ne pas s’en servir d’ailleurs, instaure une certaine méfiance des autres… Ne m’en servant jamais, on me pose la question, “pourquoi ?” ou “Allez dis-le ! T’es pas un PD quand même !”. Bah si justement !

Je suis homo. Je suis militaire. Et je fais la même chose que les autres, avec brio la plupart du temps et mon orientation sexuelle ne change rien à cela.
Un jour, je suis persuadé que tout cela changera… Que l’on pourra exprimer qui nous sommes sans craindre un retour de flamme, et ceux, même dans un environnement aussi macho que le monde militaire en mission dans un pays en guerre.

Bientôt, je serai de retour dans mon unité en métropole, où je bosse avec des gens qui expriment fièrement leurs pensées, malheureusement pas celle que j’apprécierais, plutôt celle des homophobes… Et là aussi il y a beaucoup de choses à dire.

Du bien d’en parler…

f-gzcp-590x393Et voilà, ils sont presque tous partis…. Période de relève oblige… Tous ceux avec qui j’avais commencer à tisser des liens…
Et là, on est obligé de tout reprendre, d’apprendre à connaitre un tout nouvel environnement relationnel. Pas évident !

Bon heureusement, il y en a toujours quelques uns qui restent, et voilà, comment j’ai pu me ”confier” à quelqu’un. En parler au moins un petit peu. Être compris.
Une femme qui ne se cache pas, une femme qui aime les femmes, et principalement sa femme!

Enfin, j’ai pu dire : Je suis gay ! sans avoir peur des conséquences.
Et hop, c’est le soulagement qui prévaut.
Il faut dire que suite à ce gros changement de personnel, je me suis retrouvé mal a l’aise, plus chez moi, sans repère.
Une chose en plus encore à gérer, et on se demande si on ne va pas craqué.
Non, le simple fait de pouvoir s’exprimer ote le poids de toutes ces cachotteries.
Bref.. Nous avons pu discuter autant de ce que je ressens, mais aussi de la façon dont elle vit à sa sexualité ouvertement.
Y a t’il plus de comprehension du côté lesbien ? Ce n’est pas sur, mais peut être que le fait d’être un fantasme pour beaucoup d’homme, joue un rôle la dedans. Nous n’en savons rien.
Cela étant, c’est un exemple sur le fait qu’il est possible d’être accepter même au sein de l’armée et qui plus est en opération extérieur.
Un bémol toutefois, le terme d’acceptation est peut être mal choisi. En effet, dans le camp, il faut croire que c’est une information qui circule très rapidement, et beaucoup critique cette sexualité, mais ne l’exprimerons jamais devant elle.

Peut être qu’a défaut d’éradiquer l’homophobie, faudrait il commencer par l’hypocrisie ?

Un peu d’ouverture d’esprit…

Une révolution, après ces 4 mois passés ici, nous avons parlé d’homosexualité… Bon bien entendu je ne me suis pas dévoilé… Mais au moins, j’ai pu apprendre énormément de choses !

1908548121_1Revenons au commencement de cette discussion. Tout est parti d’un ”jeu” stupide que beaucoup ici pratiquent : je passe à côté de toi et hop je te touche les parties intimes… (Toujours pas compris l’intérêt…)
Bref, et l’un d’eux fait un bond à chaque fois qu’il est touché. Il n’en a pas fallu plus pour que la question arrive:
”ça te fait peur ou quoi qu’un homme te touche ?”

Et voila, comment lancer une petit révolution, parler d’homo en Afghanistan entre militaires.
Et, surprise, la réaction ne fut pas celle à laquelle je m’attendais!
En majorité, ils acceptent l’homosexualité sans problème. Comme ils l’ont dit : “ça ne me dérange pas” …
J’ai été très surpris…
Toutefois, qui dit majorité, dit aussi qu’il y en a d’autres qui ne l’acceptent pas, je me souviens surtout d’une réaction, d’une amie :
“Ah non, moi les gays, je ne peux pas, ça me répugne quand j’en vois s’embrasser dans la rue, la première chose à laquelle je pense, c’est quand ils s’enculent”
Outch !
Dans les commentaires du billet précédent, nous parlions de l’image des homos dans la société vis à vis de la gay pride. Il faut croire que certains ne s’arrêtent pas à ça, et ont une vision beaucoup plus simpliste que ça… En gros, ça se résume au sexe.

Cette discussion n’a pas empêché du tout les petites phrases du quotidien de tous… Mais au moins, cela me fait dire que oui, peut-être, ils sont plus nombreux que je ne le pensais à nous comprendre.
Enfin, il faudrait voir maintenant la réaction si c’est leur colocataire de chambrée, le moment de la douche, etc…
Mais ça, je pense que je ne le saurai jamais…

Une nouvelle soirée, allez je file me coucher…

Une soirée de détente, un défi, un départ… Un programme qui s’annonce pour le mieux pour cette petite fête…

Le défi ? Simple.. Il a perdu un jeu, il quitte le territoire, et la tondeuse va passer sur les cheveux et le bouc..
Ça s’annonce bien !
On va bien rire, bien manger et bien profiter ! Et paf, à la place de s’arrêter à ce qui était prévu, les autres essaient de lui raser aussi le torse…
Bon, sur le principe, c’est une soirée, ça reste entre bons camarades, ça passe sans problème… Enfin sans problème pour eux.

torse-homme-788Avec cette tentative, la “victime” sort une phrase dont on sent qu’elle sort du coeur :

Oh non pas le torse, ma copine va me prendre pour un pd après !

Outch ! Je ne savais pas que j’étais une insulte pour lui. Sur le coup, ça ne parait rien, mais une accumulation de petites phrases de ce style qui font que ce fut celle de trop !

Décidément ce n’est pas encore ce soir que je vais réussir à me sortir de la tête qu’il faut absolument que je garde mon homosexualité pour moi.
Comment dire à ces militaires ce que je suis, ce que je ressens quand ils font des phrases, innocente pour eux, blessante pour moi ?
Comment leur exprimer ce que moi, je ressens, quand eux parlent de leurs petites amies qui se languissent de les voir revenir ?

Alors, que faire ? Affronter ces petits mots comme à l’accoutumé ? Non, ce soir, je ne peux pas. Je vais me coucher. Regarder une série.
Ah.. Et voila, dans la série, le couple homo le vit bien.. Merci la fiction de me remontrer ce que je ne vis pas ici.
Je les envie!

Qui sait… un jour peut-être !

Et le bleu se mélangea au kaki…

Et voila, je me retrouve en terre inconnu. Un pays plein de poussière, d’armes et de haine.
L’Afghanistan.
Cela va me changer de mon univers au milieu de la mer, avec l’Océan pour compagnie accompagné de ses fidèles marins.

Changement de décor donc, retour à la terre, à ses militaires, ceux de l’armée de terre.
Depuis quelques mois maintenant, je vis avec eux, je suis inséré dans leurs équipes, nous passons des soirées ensemble. Pour tous, je suis la couleur bleu qui s’est retrouvé au milieu du kaki, et pour tous, je suis en couple, oui, mais pour tous, c’est avec une charmante petite amie. Et pour moi, c’est avec mon petit homme qui m’attend chez nous. Pour tous, il est d’usage de se servir d’expression “homophobe”, pour moi, il est d’usage de les supporter et d’esquisser un sourire, pour moi, il est d’usage de me sentir rabaissé alors que pour tous, l’usage de ces mots ne me concerne pas.

Au fur et à mesure des jours qui passent, j’ai l’impression de ne plus être moi-même, jouer ce jeu qui me dénature, simplement parce que je vis ma vie différement, et que je ne peux pas l’exprimer ici.
Souvent j’ai déjà penser à le dire, à partager ce que je suis. Et jamais, je n’ai pu me résoudre à le faire, une reflexion qui tombe à ce moment la, une personne dont on sait qu’elle ne peut pas supporter les homos… et paf, on esquive, et on se dit que la prochaine peut-être.

Mais donc, est il impossible d’être gay, tout de moins de le vivre pleinement, à l’armée et plus simplement ici en ‘opex’ ? Où faut-il le vivre comme aux Etats-Unis avant l’abrogation de la loi “Don’t Ask, don’t tell” ?
Pourtant, celle-ci n’existe pas en France, officiellement, chacun est libre de sa sexualité sans devoir subir une discrimination.
Ce n’est pas ce que je ressens…

Découvrez, ici, la vie d’un militaire qui se demande ce qu’il a fait de mal pour qu’il ne puisse pas être celui qu’il est.