Mes parents sont homophobes

Sans-titre-11Zack, lycéen, est fils unique et vit avec des parents aux forts préjugés homophobes. Il a toujours su qu’il était gay et n’a jamais voulu se renier, c’est pourquoi il décide de faire son coming out a sa famille qui, malheureusement réagit de manière négative. D’un tempérament très positif il raconte sa vie, entre famille, lycée et rencontres virtuelles sur le net.

“Moi, c’est Zack ,17 ans, en terminale L, des projets pleins la tête, l’année prochaine j’aimerais aller à Lyon pour faire mes études.

Être gay, ça a toujours sonné comme une évidence pour moi, ça a toujours été là. Quand j’étais petit, c’était un amoureux que je voulais, l’homosexualité était un sujet que j’aimais aborder, j’étais curieux et je savais que j’allais découvrir ce que je suis aujourd’hui. Seulement se construire en tant que gay n’est pas si facile, il faut faire abstraction des réflexions, des moqueries – et dans mon cas c’est allé un peu loin – mais aussi des passages à tabac…

«Quelle honte j’étais un pédé»
Pourtant, je n’ai jamais changé, ou prétendu changer. Je n’aurais pas été franc avec moi-même. Être gay, ce n’est pas tout ce que nous sommes, on ne se résume pas à ça, mais on l’est, et c’est une grosse partie de notre vie, notre caractère. Quand j’ai eu 13 ans, j’ai pris conscience, que tôt ou tard il faudrait que je le dise, mais je n’y pensais que très peu. J’étais d’ailleurs amoureux, d’un hétéro, comme toujours chez moi.

Quoi qu’il en soit, j’ai grandi et est venu le jour fatidique où j’ai du annoncer à ma famille que j’aimais les garçons. Dans ma famille c’est simple : deux camps s’opposent. Mes cousins, tantes, oncles, qui sont ouverts à l’homosexualité et qui m’ont accepté comme je suis. Et ma famille proche, beaucoup moins sujette à toutes ces choses. Avec ces préjugés et à ce langage : «quelle honte j’étais un pédé». Ma mère a pleuré, mon père aussi (je n’avais jamais vu mon père pleurer avant). En parallèle, au lycée, mon coming out s’est fait naturellement. Bien sûr il y a toujours les personnes intolérantes, mais petit à petit, on ne fait plus attention à eux. Mes proches savent que je suis homo et c’est une fierté qu’ils le sachent tous.

Pas de petit copain à la maison
Quand je me suis construit, j’ai eu du mal, je me suis senti seul, d’autant plus que je n’ai ni frère ni soeur, donc j’avais peur de briser les rêves de mes parents. Cependant, ils ont appris à vivre avec. L’homosexualité reste un sujet tabou donc pas de petit copain à la maison. Heureusement on n’est jamais seul, mon truc à moi, ça a été internet. J’ai rencontré des tas de gens supers, je ne les ai jamais vus, mais c’est pas ça qui compte. Il faut toujours garder espoir, on a beau être fils unique, gay, vivre dans un lycée intolérant, dans une famille qui a tendance à avoir des préjugés homophobes, on n’est jamais seul face à la tâche, et on a toujours la force de se battre.

Je terminerais par dire, qu’au final, qu’on soit gay ou pas, on est heureux, et c’est tout ce qui compte.”

Zack

9 commentaires

Ah moi j’connais. Je suis fils unique et mes parents sont très homophobes, car c’est très encré dans la tradition, en Chine. Je ne leur ai pas encore dit, mais vu la tension qu’il y a entre mes deux parents et le reste de la famille je pense me taire encore une ou plusieurs décennies ! (Jock pour la décennie)

Écrit par Nowaki le 25 mai 2012 à 18:55

Il est clair qu’évoluer au sein d’une famille peu ouverte (dans ce cas, ce sont les parents) n’est jamais simple. On peut très bien vivre le fait d’être gay, s’assumer pleinement et se moquer de tout le reste, mais il y existe des cas où au contraire, on le vit mal parce qu’on ose pas se dévoiler ! Et quand les parents sont peu enclins à comprendre et aider, soutenir leur enfant, ce doit être encore moins évident !

Heureusement, Zack, tu as pu garder la tête sur les épaules, regarder devant toi et affronter !
Les rencontres sur le net, les réseaux sociaux etc… sont parfois très bénéfiques à un certain équilibre personnel et je suis heureux de lire ton article car entre toutes tes lignes, il y a un mot très important qu’on peut lire et qu’il faut garder en tête : ESPOIR.

Je te souhaite le meilleur en tout cas.

À très bientôt peut-être,

Elysionn.

Écrit par Elysionn le 25 mai 2012 à 19:45

Tu as raison, l’important c’est d’être heureux ! :D

Si tu comptes venir étudier à Lyon, ne t’inquiètes pas, dans les facs lyonnaises on a l’esprit ouvert (et dans la ville en général). Ou du moins dans celles que j’ai fréquenté/fréquente (Université Claude Bernard Lyon 1 – Pharmacie, Université Jean Moulin Lyon 3 – Langues).

Écrit par Yukito le 25 mai 2012 à 20:29

Joli témoignage de courage et de positivisme. Ça fait plaisir de lire ça, merci Zack ! :)

Écrit par Alex le 26 mai 2012 à 22:07

Merci Zack pour ton témoigne sa me donne du courage pour continuer a m’assumer et trouver le bonheur. J’éspère que tu viendras bientot embélire ma ville. bisoux bg bonne continuation. J’éspere que nos chemin se croiserons. Bye

Écrit par Sid le 27 mai 2012 à 18:12

C’est vraiment très beau ce que tu dis Zack. Je n’ai pas non plus eu une vie facile. J’ai sur que j’étais gay vers l’âge de 9 ans je crois et j’ai fais mon coming out à 16. J’ai eu très peur des réactions des gens qui m’entouraient mais au final, j’ai appris qui étaient mes vrais amis, ceux qui m’acceptait comme je suis. Et maintenant (18 ans), je le vie très très bien :) . Mais ne t’avoue pas vaincu parce que (je ne sais pas quel âge tu as), mais les relations uniquement par internet suffisent. Tu ne peux pas être heureux sans avoir de relations tacile (même amitier) avec quelqu’un ;) .

Allez, courage Zack.

Écrit par Alex le 31 mai 2012 à 19:30

Bonsoir à tous, je remercie lesquelques 2000 personnes qui ont lu mon histoire.
Bref, il fallait que je vous dise que c’est officiel, j’ai enfin trouvé ma première relation sérieuse, du moins je le crois, et je l’espère, le temps nous le dira! Et que l’année prochaine à Lyon on pourra compter sur deux homos de plus puisqu’on a été accepté tout les deux en université!
Mes parents commencent à se faire à l’idée et ça fait plutôt du bien, enfin ceux qui passaient leur temps au lycée à m’insulter se sont fait prendre en Flag et exclure de l’établissement jusqu’à la fin de l’année et ne sont pas autorisés à revenir l’année prochaine au cas où ils louperaient leur bac, un ptit coup de pouce au combat contre l’homophobie dans mon lycée! Je vous embrasse tous bien fort, Zack.

Écrit par Zack le 28 juin 2012 à 20:45

J’ai été très touché par ce témoignage et tiens à faire part de mon admiration à Zack. Je lui souhaite tout le bonheur du monde ! Kissous à lui !

Écrit par Benoit57 le 28 novembre 2012 à 16:33

Tres beau témoignage… Continue à t’assumer comme ca!!

Écrit par Yann MARIE le 28 novembre 2012 à 23:35

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