Au delà des préjugés

happy young man in sea and sunriseThéo a 16 ans et revient sur son coming-out. Au lycée ou avec ses parents il n’a pas toujours été facile de se faire comprendre, mais il garde espoir d’un avenir meilleur.

“J’ai 16 ans, et je suis en Terminale S, à Saint-Tropez. J’ai jusque là toujours habité à Lyon et mon homosexualité est connue de mes amis car je pense que ce n’est pas une chose dont il faut avoir honte, mais au contraire une simple orientation sexuelle qui, à force d’être assumée, pourra être acceptée et débarrassée de ses clichés.

C’est sans doute un beau rêve, mais je veux y croire pour ceux qui n’y croient déjà plus, et pour peut-être un jour pouvoir vivre sans crainte. Il est vrai que le bouche-à-oreille est assez répandu chez les lycéens et en peu de temps tout mon lycée a été au courant. Cela m’a valu quelques insultes de la part de groupuscules insignifiants à mes yeux, car dans l’ensemble, les gens ont très bien réagi et je me sens libre d’aimer qui je veux.

Je l’ai en quelque sorte toujours su
Il m’est même arrivé que certains s’excusent, et reconnaissent qu’ils avaient des préjugés sur les homosexuels! Il est vrai que je n’ai pas de manières, et que cela prête à confusion pour des jeunes en pleine découverte de leur corps et de leur sexualité…

A l’école, j’ai fait mon coming-out en fin de Troisième. Je l’ai en quelque sorte toujours su, et j’en avais marre de vivre dans le secret. Depuis le CM2, j’étais devenu la cible de personnes violentes et sans états d’âme, et après de nombreuses insultes homophobes qui au fond me touchaient, je me suis dit que ce serait un bon moyen de les faire taire. Je reconnais que ça n’a pas marché comme je l’aurais souhaité… Mais je me suis senti libéré d’un poids, et je me suis senti capable d’affronter les situations auxquelles je faisais face.

Le coming-out auprès de mes parents s’est soldé par un échec
Dans ma famille, seules deux de mes cousines sont au courant. J’estime que je ne suis pas encore prêt à en parler avec eux, car je fais partie d’une famille très conservatrice. De plus, j’ai essayé un coming-out il y a trois ans, qui s’est soldé par un échec cuisant. Ma mère s’est dite lésée, maudite, et a tenté de m’emmener voir un médecin ! A première vue, sa réaction peut paraître exagérée, mais je ne lui en veux pas, car je comprends ce qu’elle a pu ressentir, tous ses projets qui ont dû s’effondrer, et car je l’aime de tout mon être. Quant à mon père… Il n’a presque rien dit, si ce n’est véhiculer les pires clichés que j’ai jamais entendu. La situation avec lui, déjà tendue, n’est allée qu’en se détériorant.

Pour fuir tout ça, j’ai dit que j’avais juste eu un écart, que j’étais hétérosexuel. Un jour, je leur dirai… Je vois que ma mère s’y prépare, je ne sais pas ce qu’il en sera pour mon père mais il devra s’y soumettre tôt ou tard.

Je dois reconnaître qu’être gay n’est vraiment pas facile. Mais, je suis né comme ça et je dois faire de ce que je considère mon handicap une force. Et selon mes amis, cela me donne certaines choses que “l’hétéro de base” n’a pas !

Sinon, je n’ai pas encore eu de vie amoureuse et sexuelle très active. Je me concentre sur mes études au maximum, mais aussi je suis assez hors milieu, et je cherche un garçon du même genre. Quant au sexe, je ne me sens pas prêt à tout et préfère attendre… après tout, je n’ai que 16 ans!”

Théo, 16 ans

8 commentaires

Salut Théo,

Tout d’abord, bravo pour avoir fait ton coming-out si jeune. J’ai 35 ans et j’ai attendu d’en avoir 25 avant de le faire.

Maintenant pour ce qui est de tes parents, le ressenti est toujours différent pour la mère et pour le père.

Commençons par la mère, une mère accepte à peu près tout de ses enfants “c’est à ça qu’on les reconnaît” pourrait-on dire.
Mais ce n’est jamais simple. Au début, il y a toujours les questions comme “est-ce que je ne l’aurais pas trop couvé?” ou plus simplement “qu’est ce que j’ai fait?”, en même temps, tu as les “rêves” qui s’effondrent comme le fait d’être grand-mère. Ensuite tu as la phase du “pourvu qu’il ne vire pas coiffeur ou steward”. Enfin, tu as la phase où elle se rend compte que tout va bien pour toi et que sincèrement ce n’est pas un drame. Bref, au final, elle bosse un peu sur elle et tout s’arrange.

Le père demande plus de boulot. Le mien a mis un bon/long moment à “digérer” la nouvelle (famille traditionnelle de province, vie professionnelle dans le bâtiment, etc…). En général, car je l’ai aussi vu avec des amis, ils refusent absolument d’aborder le sujet. Durant cette période, ils pensent à 2 choses:
-les propos homophobes qu’ils ont pu tenir (même en n’étant pas foncièrement homophobes) ou entendre,
-”Mon fils est une femme” où il t’imagine déjà en train de faire les pires cochonneries avec des petits camarades.
Et surtout, ils ne savent pas du tout comment gérer la nouvelle car ça veut dire repenser sa virilité, se remettre dans un nouveau schéma etc…
Dans cette période là, à mon avis, rien de sert de les brusquer en tenant des propos super crus ou en ramenant 2 mecs par semaine à la maison.
On peut être gay sans avoir besoin d’étaler sa vie privée sans arrêt.

Au bout d’un bon moment, rassure toi, ça fini par passer. Mais ça prend du temps.

Là où les choses se sont arrangées, c’est quand l’un et l’autre se sont aperçus, au fil du temps, que j’avais une vie complètement “classique”, que j’avais un boulot très “hétéro” (gestion) et que, non, je ne passais pas tout mon temps sur les chars de la gay pride ou les boites à partouze.

Ensuite j’ai rencontré celui qui est devenu mon “mari”, un brésilien, que j’ai rejoins pour vivre au Brésil, d’où je t’écris aujourd’hui. Je te laisse imaginer les clichés qui sont ressortis (travelos, etc..) mais au bout du compte, mon père a été l’un des premiers à me rendre visite et à dîner chez mes beaux-parents!

Donc, attend toi à en baver un peu jusqu’à la fin de l’adolescence mais tu peux être certain de deux choses:
=>”It get’s better” – http://www.itgetsbetter.org/
=>ça vaut la peine

Bon courage et ne te laisse pas emmerder par les trous de bal du lycée! Et ne vas pas croire qu’être gay soit un handicap, pour moi c’est pareil que d’être blond ou brun, grand ou petit, poilu ou imberbe, une caractéristique, rien de plus.

Alexandre

Écrit par alexbresil le 26 janvier 2012 à 15:52

Très beau texte, Théo et beaucoup de maturité dans ta démarche. Je suis convaincu qu’au-delà de moments plus difficiles, tu continueras à te découvrir et te construire avec confiance. All the best.

Écrit par MartinLLN le 27 janvier 2012 à 7:38

Bonsoir Théo
Tu es un garçon courageux. J’ai attendu 30 ans avant de faire mon CO auprès de mes parents, la peur au ventre. Ils ont eu la meilleure réaction qui soit : on t’aime plus qu’avant maintenant que tu nous le dit. C’est une chance mais d’autres CO auprès “d’amis de longue date” m’ont fait comprendre qu’il faut s’attendre au pire de la part de ses proches et “amis”. C’est un bon test pour vérifier la qualité de tes amis !
Non l’homosexualité n’est pas un handicap mais comme le dit si justement Alex, c’est comme etre blond ou brun.
Il ne faut pas se voiler la face, pendant longtemps encore tu trouveras sur ton chemin des embuches et des salops pour t’insulter et te faire mal. Mais de tout cela tu en tireras de la force c’est une évidence.
Dans mon milieu professionnel (prof libérale) je peux t’assurer que les plus matures sont les gays car leur volonté d’avancer sans échec pour être au plus vite autonome les pousse à se surpasser.
Au final être homo c’est une “qualité” de plus sois en certain.
Bravo pour ton témoignage.

Écrit par UgglyBaby le 27 janvier 2012 à 19:09

Bravo Théo !
Moi aussi je l’ai dit à mes parents lorsque j’avais 16 ans, en terminale (C à l’époque), petite ville de province, famille conservatrice .. dans les années 70 :-)
Tu as l’air assez fort et lucide pour surmonter tout ça.
Sexe: c’est un des grands plaisirs de la vie, donc ne te prive pas si tu rencontres quelqu’un en qui tu as confiance et qui te fait envie.
Et bonne continuation dans ta vie !

Écrit par patrik le 2 février 2012 à 8:55

non tu n’e pas handicapé c’est ta nature et tu l’assume – bravo – continue a etre toi meme et aime un garçon (si possible le meme toute ta vie – c’est tout le mal que je te souhaite – moi je n’ai pas eu à le dire à mes parents ils avaient compris depuis mon plus jeune age et ils ont donc toujours été à mes cotés hélas beaucoup de garçons et de filles n’ont pas cette chance c’est lamentable

Écrit par dip le 5 février 2012 à 17:37

Je sais pas comment ta eu le courage …Mais bravo!
Moi j’ai 15 ans et je pense que je vais encore attendre un peu de temps avant de faire mon coming-out.
C’est sur que c stupide de ne pas s’assumer mais comment dire à ses parents “Dsl mais chui gay!”, je n’est pas le courage de le dire …
Si quelqun à un moyen pour dire sa sans trop choquer , sans qu’on vous prenne pour un fou , sans qu’on vous juges, j’accepte toutes propositions^^
Le problème et que je me suis toujours caché sur des mensonges , les mecs me demandaient ” mais t pas gay au moin?” et comme un con je répondait “Bah non pk?” , j’ai toujours eu des attitudes de fille des cris de filles et je trainent tjrs avec des filles le pb c que je n’ose pas dire a tout le monde “Chui gay les amis!” si qqun est déjà par la il pourrait me dire comment il a fait car là j’en ai marre de mentir et de me faire passer pour se que je ne suis pas!

Écrit par Bell-liberty le 21 mars 2012 à 23:30

En se moment je me pose pleins de questions, je suis bie mais je sens que je suis plus attirer vers les mecs. L’année prochaine je pars au lycée, il parait qu’il y a plus de gay? Mais j’ai peur de faire le premier pas, j’ai envie d’être avec un mec mais j’ai peur de la réaction des autres. Je ne sais pas quoi faire …

Écrit par Florent le 14 juin 2012 à 20:45

Bravo theo tu t’assume n’est pas honte a etre gay au contraire je lsuis de tout coeur avec et tkt le lycee c’est commle college ta toujours des cons pour se foutre de ta gueule serieusement quest qui ont contre les

Écrit par angel le 8 mars 2013 à 5:26

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