Homo dans une église évangélique

prière2Jean-Philippe a grandi auprès de parents chrétiens évangéliques. Très investi dans son église, il a peu à peu réalisé son attirance pour ses copains de paroisse, jusqu’à vivre une relation secrète avec l’un d’entre eux. Mais quand sa mère découvre la chose c’est toute l’église qui se mobilise pour lutter contre ce “péché”…

“Je m’appelle Jean-Philippe, j’ai 21 ans et j’aimerais vous parler de mon histoire, celle d’un enfant issu de parents chrétiens évangéliques, sujet qui est peut abordé et pourtant fréquent.

Depuis ma naissance jusqu’à mes 19 ans, j’ai fréquenté une église avec ma mère et ma sœur, nous y allions environ 5 à 6 fois par semaine. J’ai très bien vécu ce mode de vie pendant 15 ans et j’ai même décidé de ma faire baptiser à l’âge de 14 ans. Dans nos églises on ne baptise pas les nourrissons. Je n’avais jamais eu de petite amie, cela ne m’intéressait pas, même si j’adorais passer du temps avec des filles. Puis à l’âge de 15 ans j’ai commencé à regarder les garçons, à les trouver beaux mais pour moi ça ne signifiait rien, je ne savais pas ce qui se passait au fond de moi. À l’église la sexualité est un sujet peu abordé et l’homosexualité encore moins.

Se coller à mes copains, m’endormir dans leurs bras
J’ai grandi comme cela pendant 3 ans sans vraiment me poser de questions à part quand je me retrouvais dans le lit avec mes copains de l’église où j’aimais me coller à eux et m’endormir dans leurs bras. C’était fréquent mais sans aucune ambigüité. Un jour, peu avant mes 18 ans alors qu’un copain d’une église annexe dormait chez ma mère avec moi dans le même lit, il a commencé à me faire des câlins et des papouilles que je trouvais fort agréables jusqu’à ce qu’il m’embrasse sur la bouche. Là je l’ai repoussé car je ne savais comment réagir. En quelques minutes j’ai su ce que j’étais et mes attirances passées pour les garçons étaient claires désormais, je l‘ai embrassé à mon tour. J’ai compris que j’étais homosexuel et là je savais que ma vie allait changer. Je ne pouvais associer la religion et mon attirance pour les hommes.

Délivré de ce péché
Pendant quelques mois on a eu une relation secrète avec ce garçon mais ma mère a découvert la chose en fouillant dans mon PC un soir ou j’étais chez lui. J’ai du rentrer plus vite que prévu et elle m’a forcé à le quitter. J’ai eu beaucoup de mal à m’y faire. Bien sûr j’ai du en parler à mon responsable de jeunesse de l’église, à mes amis les plus proches et ils ont essayé de se battre avec moi pour que je sois «délivré» de ce péché. Il est vrai que pendant un an j’ai essayé de me convaincre que je pouvais changer en priant et jeûnant mais rien n’y faisait.

À mes 19 ans j’ai voulu chercher de l’aide, mais cette fois de l’autre coté, du coté des homosexuels, et j’ai fait la connaissance d’un garçon pas loin de chez moi. Je lui ai posé plein de questions et il a su me donner des réponses qui m’ont ouvert les yeux. On s’est rencontré et on est sorti ensemble quelques temps et un soir alors que j’étais au cinéma, ma sœur m’a appelé en me disant que maman avait encore fouillé dans mon propre ordinateur… Quand elle est venue me chercher après la séance, à peine je suis monté dans voiture, que je lui ai tout dit avant qu’elle ne puisse parler et je lui est fait comprendre que ça ne changerait pas, que j‘étais homo, point. Lorsqu’on est rentré, on s’est fortement disputé alors j’ai pris quelques affaires et je suis parti dormir chez le copain de ma sœur histoire de me changer les idées…

Je me suis fait exclure de l’église
Quelque temps après je me suis fait exclure de l’église et j’ai enfin commencé une nouvelle vie où j’ai découvert les boites, les bars, mes premiers rapports sexuels. Aujourd’hui je vis très bien ma vie, je rentre en BTS et je suis célibataire recherchant un garçon qui me correspondrait.

Ce que je viens de vous raconter est vraiment mon histoire et je suis sûr qu’il y a d’autres jeunes comme moi qui ont des expériences similaires. Je vous encourage à tenir ferme si comme moi vous subissez des pressions venant de l’église et de la religion. Il faut faire un choix dans le vie le mien je ne le regrette pas.”

Jean-Philippe

Je suis le seul homo de mon collège

collègeAlvin, 15 ans, est en troisième dans un collège près de Toulon. Gay mais pas encore out, il décrit son quotidien et ses relations avec ses camarades de classe, pas toujours très friendly. Heureusement que les filles sont là!

“Je me présente je m’appelle Alvin (oui je sais comme le dessin-animé c’est déprimant), j’ai 15 ans, j’habite dans un village des plus paumés de PACA près de Toulon, je suis en 3ème (j’ai redoublé une classe) et bien sûr je suis gay. Vu que je passe le plus clair de mon temps sur TÊTU.com quand je surf, j’ai décidé de participer un peu à la communauté en témoignant de ma situation actuelle. Donc pour commencer je me suis rendu compte de mon orientation il y a deux ans. À part une de mes meilleures amies et un autre ami personne n’est au courant. Cette année j’ai changé de collège, car mes parents ont déménagé.

On m’a demandé devant toute la classe si j’étais gay
Évidement arriver en 3ème dans un nouveau collège où l’on ne connait absolument personne, c’est un peu la merde. Vu que je m’habillais plus «différemment» (rhaa je déteste ce mot!!), la plupart se sont foutu de ma gueule. Autant vous dire que ce premier jour a été plutôt coriace!! Les jours suivants on m’a même demandé devant toute la classe si j’étais gay et évidemment j’ai dit que non, c’était pas de la tarte. Finalement j’ai trouvé mon compte les semaines qui ont suivi, car je m’entendais de mieux en mieux avec les filles du collège: elle trouvaient que j’étais sympa et que je m’habillais mieux que les autres garçons (en même temps on peut toujours faire mieux que la tenue jogging miteux et baskets usées). Aujourd’hui mon entourage au collège est entièrement constitué de filles et tant mieux, car quand j’entends les autres garçons de mon collège parler entre eux c’est toujours des trucs genre «ouais elle est trop bonne», «la dernière fois j’ai killé 50 gars dans MW 3» ou encore «qui c’est Karl Lagerfeld ?» (je vous assure c’est véridique). Et évidemment quand ils me parlent, le plus souvent, c’est pour se foutre de ma gueule avec des blagues homophobes. Bref ce collège est tout simplement un ramassis de clichés masculins qui ramasseront sûrement mes poubelles dans 15 ans, mais tant que j’ai mes petites chéries avec moi ça va aller.

Pas l’intention de faire mon coming out
Avec mes parents c’est pas la fête non plus, parler des LGBT c’est plutôt tabou je dirais, je ne les ai jamais entendu parler du mariage homo ou l’adoption alors qu’ils s’intéressent quand même un peu à la politique. Pour ne rien arranger mon petit frère est dans le même collège que moi donc si je me fais insulter ou des trucs comme ça, il sera automatiquement au courant, enjoy! De toutes manières je n’ai pas l’intention de faire mon coming out, car je trouve que ça ne les regarde pas.

Niveau cÅ“ur je ne suis pas casé, mais je m’en fous, je suis encore au collège et l’année prochaine au lycée, j’ai tout mon temps, même si j’avoue que ça me saoule un peu que tous les pré-pubères de mon collège fassent des histoires de leurs vies de couple alors qu’on n’en a rien à taper, et que des fois j’avoue que j’aimerais bien être à leur place.”

Alvin, 15 ans

Je n’ose pas faire de rencontres

LarochelleCédric vit à La Rochelle où il est étudiant. À l’aise avec son homosexualité, il se sent pourtant seul et ne rencontre aucun autre gay de son âge. Associations, bars, Internet… Il ne trouve pas la force de franchir le pas, malgré son envie de partager ses centres d’intérêts.

“J’ai 19 ans et je suis étudiant à La Rochelle. J’ai découvert mon homosexualité il y a près d’un an maintenant et je dois dire que je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma peau que depuis ce moment-là. J’accepte avec une certaine fierté ma différence car je crois que la différence, quelle qu’elle soit, est une richesse pour l’humanité. Mes amis les plus proches ici sont au courant et ils se révèlent très à l’écoute.

Personnalité introvertie
Mon problème à l’heure actuelle, c’est la difficulté de faire des rencontres en mesure de répondre à mes attentes. J’ai réellement envie et besoin de rencontrer un garçon homo avec qui partager des centres d’intérêt et des sentiments forts et tendres. Mais voilà, à La Rochelle, il y a peu d’associations LGBT, et je ne crois pas, compte tenu de ma personnalité introvertie et de ce que je recherche, que c’est dans ces structures, dans un bar et encore moins en boîte que je trouverai «chaussure à mon pied». Je suis donc pour l’instant dans un statu quo qui ne me convient pas: je ne supporte plus d’aller au cinéma ou au spectacle seul alors que j’aimerais tant partager ces émotions artistiques avec quelqu’un qui me plaît. J’ai l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps à l’adolescence et j’aimerais tellement rattraper ce retard sur le plan sentimental.

Peur d’une rencontre sur Internet
Je ne sais pas comment faire pour rencontrer des homos et encore moins des garçons qui me plaisent et avec qui je suis en mesure de partager des choses. J’ai pensé aux sites de rencontres mais j’ai peur qu’une relation artificielle qui ne débouche sur rien ne m’amène à des déceptions. J’ai besoin de conseils, si vous en avez, chers TÊTUnautes, merci de votre aide précieuse.”

Cédric

Au lycée ou dans le milieu gay, je ne trouve pas ma place!

webteenagerupset Thomas a quinze ans et n’ose pas assumer ouvertement son homosexualité dans son lycée. Il n’est pourtant pas plus à l’aise au sein du milieu LGBT qu’il ne veut plus fréquenter. Difficile alors de trouver sa place…

“Voila, à 15 ans je n’arrive pas a savoir où j’en suis vis à vis de mon homosexualité. Depuis bientôt 2 ans, famille et amis les plus proches sont au courant mais je n’arrive pas à l’afficher ouvertement. La peur d’être réduit à une étiquette, celle de “pédé du lycée”, me pousse à me cacher. En évitant les questions gênantes, les prises de position “à risque” et en n’en disant le moins possible sur ma vie privée. Une recette qui marche mais qui ne m’empêche pas d’en souffrir.

Pourtant je suis dans un lycée plutôt ouvert mais le regard des autres m’effraie. Je me suis fait un petit nid douillet, étant considéré par la majorité des gens comme un mec sympa, à l’écoute des autres et toujours de bonne humeur. Mais que se passerait-il s’ils en savaient plus?

J’ai l’impression d’être un ovni
Et même dans la communauté gay, j’ai l’impression d’être un ovni. J’ai déjà expérimenté les associations ou les soirées jeunes LGBT mais à chaque fois je me sentais en décalage, ne rentrant pas dans les carcans. Avec un look oscillant entre le baba-cool et l’étudiant londonien, refusant de m’épiler et accusant quelques kilos en trop, je me sens trop en décalage avec la communauté pour ne pas la fuir. Pourtant j’aimerais m’investir dans le militantisme et l’activisme.

C’est comme ça que je me retrouve “le cul entre deux chaises”, entre ma vie de tout les jours où je me sens plutôt bien si ce n’est que je n’ose pas m’assumer et la communauté LGBT dans laquelle je ne trouve pas ma place…”

Thomas, 15ans

Au delà des préjugés

happy young man in sea and sunriseThéo a 16 ans et revient sur son coming-out. Au lycée ou avec ses parents il n’a pas toujours été facile de se faire comprendre, mais il garde espoir d’un avenir meilleur.

“J’ai 16 ans, et je suis en Terminale S, à Saint-Tropez. J’ai jusque là toujours habité à Lyon et mon homosexualité est connue de mes amis car je pense que ce n’est pas une chose dont il faut avoir honte, mais au contraire une simple orientation sexuelle qui, à force d’être assumée, pourra être acceptée et débarrassée de ses clichés.

C’est sans doute un beau rêve, mais je veux y croire pour ceux qui n’y croient déjà plus, et pour peut-être un jour pouvoir vivre sans crainte. Il est vrai que le bouche-à-oreille est assez répandu chez les lycéens et en peu de temps tout mon lycée a été au courant. Cela m’a valu quelques insultes de la part de groupuscules insignifiants à mes yeux, car dans l’ensemble, les gens ont très bien réagi et je me sens libre d’aimer qui je veux.

Je l’ai en quelque sorte toujours su
Il m’est même arrivé que certains s’excusent, et reconnaissent qu’ils avaient des préjugés sur les homosexuels! Il est vrai que je n’ai pas de manières, et que cela prête à confusion pour des jeunes en pleine découverte de leur corps et de leur sexualité…

A l’école, j’ai fait mon coming-out en fin de Troisième. Je l’ai en quelque sorte toujours su, et j’en avais marre de vivre dans le secret. Depuis le CM2, j’étais devenu la cible de personnes violentes et sans états d’âme, et après de nombreuses insultes homophobes qui au fond me touchaient, je me suis dit que ce serait un bon moyen de les faire taire. Je reconnais que ça n’a pas marché comme je l’aurais souhaité… Mais je me suis senti libéré d’un poids, et je me suis senti capable d’affronter les situations auxquelles je faisais face.

Le coming-out auprès de mes parents s’est soldé par un échec
Dans ma famille, seules deux de mes cousines sont au courant. J’estime que je ne suis pas encore prêt à en parler avec eux, car je fais partie d’une famille très conservatrice. De plus, j’ai essayé un coming-out il y a trois ans, qui s’est soldé par un échec cuisant. Ma mère s’est dite lésée, maudite, et a tenté de m’emmener voir un médecin ! A première vue, sa réaction peut paraître exagérée, mais je ne lui en veux pas, car je comprends ce qu’elle a pu ressentir, tous ses projets qui ont dû s’effondrer, et car je l’aime de tout mon être. Quant à mon père… Il n’a presque rien dit, si ce n’est véhiculer les pires clichés que j’ai jamais entendu. La situation avec lui, déjà tendue, n’est allée qu’en se détériorant.

Pour fuir tout ça, j’ai dit que j’avais juste eu un écart, que j’étais hétérosexuel. Un jour, je leur dirai… Je vois que ma mère s’y prépare, je ne sais pas ce qu’il en sera pour mon père mais il devra s’y soumettre tôt ou tard.

Je dois reconnaître qu’être gay n’est vraiment pas facile. Mais, je suis né comme ça et je dois faire de ce que je considère mon handicap une force. Et selon mes amis, cela me donne certaines choses que “l’hétéro de base” n’a pas !

Sinon, je n’ai pas encore eu de vie amoureuse et sexuelle très active. Je me concentre sur mes études au maximum, mais aussi je suis assez hors milieu, et je cherche un garçon du même genre. Quant au sexe, je ne me sens pas prêt à tout et préfère attendre… après tout, je n’ai que 16 ans!”

Théo, 16 ans

Né comme ça

jeune homme assis vu de dos

Tristan est gay et l’a toujours su. Ayant parfois subi moqueries et phases de doutes, il a finalement su s’affirmer face aux autres. Il revient sur son parcours dans Ados et Homos.

“Je suis gay et ce depuis toujours. Je pourrais dire que je m’en suis rendu compte quand j’avais 14 ans mais c’est faux, c’est seulement à cet âge que je l’ai vraiment formulé. C’est sûr, ça fait cliché mais j’ai toujours aimé les trucs de filles, les Barbies, j’ai toujours été gêné dans les vestiaires, j’étais sensible… Et dans un sens, je l’ai toujours su, que j’aime les garçons sauf que je ne savais pas que c’était ça, être gay.

C’est le fait que je sois gay qui me fait tenir debout
Et puis j’ai douté, j’ai eu honte, je me suis caché, on a voulu me détruire, me faire mal. Mais maintenant je m’en fiche, c’est comme ça. Quoiqu’on dise, quoique je dise, que je fasse où qu’on me fasse ça ne changera rien. C’est même ce que j’aime le plus chez moi, que ça dérange. Et je comprend que certains souffre au lycée ou au collège, parce que c’est dur, les autres sont si avides de trouver ce qui vous fera tomber et ça, l’homosexualité, c’est du pain béni pour eux.

Mais pour moi, c’est le fait que je sois gay qui me fait tenir debout, parce que personne ne peut me l’enlever. Si on m’attaque là dessus je trouve ça tellement ridicule parce que c’est comme si on se moquait de moi du fait que j’ai deux bras. Je suis né comme ça (comme dirait une certaine Lady Gaga). Ne perdez pas votre temps à vous sentir mal! Vivez! A n’importe quel âge! J’ai 17 ans et je compte bien être heureux aussi longtemps que possible. J’aurai été hétéro ça n’aurait rien changé. C’est ma vie et je la mène comme je le veux!”

Tristan, 17 ans